Comment Ezus veut contribuer à la numérisation des agences de voyage
Gaëlle Cloarec
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Bien calée dans les starting-blocks, Ezus se tient prête à enclencher la vitesse supérieure sur un marché du tourisme certes chahuté mais dont la résilience n'est plus à démontrer. "Avec la crise de la Covid-19, le marché vit des périodes d'accordéon. Les vannes s'ouvrent très rapidement puis se contractent à nouveau, on le voit aujourd'hui avec le variant Delta. Cela nous oblige à toujours être proactifs pour anticiper les phases de reprise. Jusqu'à présent, cela nous a plutôt bien servi puisqu'en un an nous sommes passés de 4 à une quinzaine de personnes", relève Charles Gombert, son fondateur.
Il faut dire que la start-up cannoise, accélérée par l'Open Tourisme Lab et accompagnée par le Réseau Entreprendre Côte d'Azur, se positionne sur un créneau porteur : la numérisation des agences de voyages, émettrices comme réceptives, à travers un outil logiciel permettant d'automatiser et de personnaliser les documents liés aux séjours. Entendez, les devis, propositions commerciales, carnets de commande, voucher (ou bon d'échange), documents financiers, voire mini-site web permettant aux voyageurs finaux d'y retrouver tous les détails de leur séjour.
"L'une des problématiques de l'industrie touristique, c'est la standardisation des documents, et ce dans un contexte où le sur-mesure et la personnalisation des séjours s'imposent de plus en plus dans le monde du voyage. Il y a là une incohérence qui détériore la valeur ajoutée de ces professionnels, véritables artisans du voyage, et pèse sur leur taux de conversion des devis", explique le dirigeant. L'autre enjeu auquel entend répondre Ezus tient à l'équipement et à la conversion "d'un secteur au trois-quarts non digitalisés alors que les agences de voyage physiques sont en perte de vitesse, la faillite en 2019 de Thomas Cook en est la plus grande illustration".
Lancée en 2020, la solution Ezus a permis de générer, selon Charles Gombert, plus de 30 000 documents de voyages personnalisés, dont 12 000 depuis le 1er mai 2021. Signe d'une accélération certaine de l'activité des 200 agences à ce jour équipées du logiciel. Des agences physiques comme pure-players. A cet égard, "un boulevard s'ouvre à nous", reprend le dirigeant. Et c'est assez paradoxal. "On peut estimer entre 20 et 30% le nombre d'agences qui ont ou vont fermer dans les semaines et les mois à venir, une fois les aides levées. Dans le même temps, de nouveaux entrants se positionnent et cherchent à s'outiller. C'est une nouvelle génération d'agences auprès desquelles nous connaissons un fort succès".
Gaëlle Cloarec