C'est un signal fluorescent très faible émis par les plantes lors de la photosynthèse. Invisible à l'œil nu, il varie en fonction des conditions environnementales et de santé du végétal. « Si la plante ré-émet beaucoup de lumière, c'est que la photosynthèse n'est pas très efficace et qu'il y a quelque chose qui ne va pas. La plante est sous stress », explique Thierry Huiban, responsable de la mission Flex (pour Fluorescence Explorer) dont le constructeur de satellites européen Thales Alenia Space est le maître d'œuvre.
Cette mission vise donc à détecter et à mesurer cette faible lueur depuis l'espace grâce à un spectromètre imageur par fluorescence afin de mieux comprendre la santé et la productivité des plantes au niveau mondial, bousculées par l'intensité du réchauffement climatique et des événements météorologiques. Les enjeux, à cet égard, sont colossaux, et concernent à la fois les modèles climatiques, l'agriculture et la surveillance de la biodiversité que les données recueillies devraient contribuer à optimiser.
Lancé en 2019, ce programme exploratoire de 150 millions d'euros porté par l'Agence spatiale européenne (ESA) a pris ses quartiers à Cannes cet été pour entamer une phase de tests environnementaux, mécaniques et fonctionnels qui s'achèveront en avril prochain. Le prélude au lancement à 814 km d'altitude de ce satellite de 450 kg, pressenti en septembre 2026 depuis la base de Kourou en Guyane. Et ce, en tandem avec le satellite d'observation de la température et de la couleur des surfaces terrestres et océaniques Sentinel-3C qui viendra remplacer celui lancé en 2016. L'objectif étant d'assurer la continuité de la mission Sentinel-3, l'une des pierres angulaires du programme européen de surveillance de l'environnement Copernicus.