Comment Mailoop fait « parler » les boîtes mails (qui disent tout du fonctionnement interne des entreprises)
Maëva Gardet-Pizzo
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Petit déjà, Arthur Vinson était un curieux. Du genre touche-à-tout, qui apprend en manipulant. En faisant du bricolage, de la mécanique, puis en pianotant sur les touches d'un ordinateur, explorant avec fascination les premiers sites internet.
Quelques années plus tard, ce sont des matériaux de construction qu'il ausculte.
Après une formation d'ingénieur, ce jeune parisien entre chez Lafarge. « C'était la période du Ductal, un béton hyper innovant que tous les architectes voulaient ». Nous sommes à la fin des années 2000 et le cimentier veut entamer sa transition vers une construction plus durable. Consacrant pour cela d'importants moyens à l'innovation. « On essayait d'inventer de nouveaux matériaux, y compris biosourcés. C'était grisant ». Mais lorsque sonne l'heure de la fusion avec le géant Holcim, l'enthousiasme d'Arthur Vinson retombe. « J'ai vu à quel point d'aussi grosses entités peuvent broyer les hommes. Je n'ai pas cru à cette fusion. Cela n'a pas de sens de vouloir être toujours plus gros ». Surtout, l'innovation est passée au second plan. L'ingénieur s'en va. Avec sous le bras une envie d'entreprendre qui l'accompagne depuis quelques temps déjà.
Après une année de voyages, il finit par s'y pencher sérieusement. Il triture les besoins du marché, décortique ses envies. Et griffonne sur un cahier les idées qui traversent son esprit, ses observations... Sans savoir que l'une d'entre elles germera et transformera sa vie.
« En entrant dans le monde du travail, je me suis rendu compte que les mails cristallisent toute la vie d'une entreprise. Tout tourne autour d'eux : les discussions devant la machine à café, les disputes, les incompréhensions... Dans les mails, on se dit parfois des choses très dures, qui laissent des marques ». Sans parler des enjeux liés à la déconnexion.
Pourtant, personne n'y est préparé. « Au cours de mon parcours scolaire, j'ai dû avoir au moins dix formations de prise de parole en public alors que cela ne représente qu'une part infime de ma vie professionnelle. A l'inverse, j'ai passé la moitié, voire deux tiers de ma vie professionnelle à consulter et rédiger des mails, et je n'ai jamais reçu aucune formation théorique sur cela ». L'apprentissage se fait alors par imitation, disséminant forcément quelques mauvaises habitudes.
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Maëva Gardet-Pizzo