ETS Rigotti transforme les roseaux varois en anches d’instruments de musiques… et en pailles
Maëva Gardet-Pizzo
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C'est un petit détail qui fait toute la différence. L'instrument peut être exceptionnel. Le musicien des plus talentueux. Mais pour que la magie opère, il faut une anche de qualité.
La anche, c'est cette languette de bois, de métal ou de roseau dont les vibrations sont à l'origine de sons dans certains instruments à vent tels que le saxophone ou le hautbois. La anche, c'est aussi le cœur de métier de l'entreprise varoise ETS Rigotti.
Un métier exigeant. « Car la fabrication de anches est très aléatoire. On les achète par boite de dix et le plus souvent, seules quelques uns conviennent au musicien », explique Daniel Rigotti, le patron de l'entreprise. « Pour les fabriquer, on transforme des cannes de roseaux que l'on trie en fonction de leur calibre. Chaque calibre correspond à un certain type d'instrument ». L'entreprise - labellisée du patrimoine vivant (EPV) - s'intéresse à quatre instruments : le saxophone, le hautbois, la clarinette et le basson. Selon l'instrument et le type de sonorités visées (plutôt jazz ou classique), le travail du roseau n'est pas le même.
Ce travail, une vingtaine de salariés s'y attellent, assistés de machines. Ils parviennent ainsi à produire une moyenne de 5000 anches par jour. « On est un peu dans une course à la vitesse. Autrefois, mon père n'en fabriquait que 200 et il gagnait plus d'argent ».
Le père de Daniel Rigotti a appris le métier en Italie. A Trento. « Il travaillait dans une entreprise qui fabriquait des accessoires pour instruments à vent, dont des anches ». Anches produites, déjà, à partir de roseaux varois. « L'entreprise de mon père fabriquait aussi des rouleaux de canisses pour fait les faux plafonds dans de grandes villes comme Nice ou Paris. Cela ne se fait plus aujourd'hui ».
Un jour, en 1965, le patron italien décide d'installer un atelier dans le Var pour être au plus près de sa source approvisionnements. Le père de Daniel Rigotti suit le mouvement. Rejoignant la France avec son épouse, elle aussi italienne. Quelques années plus tard, le patron décide de cesser son activité. Et c'est le père de Daniel Rigotti qui rachète l'entreprise.
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