Les micro-ondes d’IDCO valorisent les extractions minérales et végétales
Rémi Baldy
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D'une cuisine à une utilisation industrielle, il n'y a qu'un pas qu'a franchi Frédéric Vandenbussche. « J'étais chez des amis et j'ai essayé de mettre de la boue dans leur micro-onde, l'idée est partie de là », raconte le fondateur d'IDCO. Cette société marseillaise née au début des années 2000 conçoit, fabrique et commercialise donc des micro-ondes pour l'industrie et plus particulièrement pour les carrières. L'idée est alors de valoriser les boues générées par le lavage des granulats et les transformant en petites billes « un peu comme celles utilisées dans le jardinage ».
Voilà pour le concept. La réalisation s'appuie sur un micro-onde bien sûr beaucoup plus massif que ce que l'on peut trouver dans une cuisine. Il mesure en effet près de deux mètres de diamètre et pèse autour de deux tonnes. Dans le détail, la boue est modelée sous forme de billes, séchée, puis cuite à plus de 1.000 degrés avant d'être refroidie et stockée. La technique n'est pas nouvelle en soit, mais IDCO ne la limite plus à l'argile pure. L'entreprise de 9 salariés s'appuie notamment sur un logiciel qui lui permet d'ajuster au mieux sa préparation.
Pour une efficacité maximale, l'installation se trouve directement sur site, que ce soit les carrières pour le minéral ou ailleurs sur les autres activités de l'entreprise. Parmi les clients se trouvent de grands comptes dont Frédéric Vandenbussche préfère ne pas dévoiler les noms. Le dirigeant défend un process qui permet « de réduire de 90 % le CO2 par rapport à un four classique et d'économiser de 15 à 40 % d'énergie ». Il revendique également des prestataires régionaux à l'image de la chaudronnerie Samat à Aubagne.
Aujourd'hui, IDCO comptabilise plus d'une vingtaine de fours installés, « y compris à l'étranger que ce soit en Europe, en Angleterre ou en Inde ». Elle se positionne sur trois secteurs : le minéral, le végétal et le séchage. Les deux premiers représentent 80 % de son activité. Mais pour poursuivre sa croissance, la PME de 1,7 million d'euros de chiffre d'affaires se heurte à « un problème de fonds propres ». Car ses outils industriels sont lourds financièrement et passer commande auprès de ses fournisseurs nécessite des garanties. « Nous ne pouvons prendre que des petites commandes », regrette Frédéric Vandenbussche. « Rien que pour passer une commande nous ne pouvons pas assurer une caution de restitution d'acompte, c'est indispensable de s'appuyer sur cinq ou dix millions d'euros », souligne-t-il. Pour remédier à cette situation, une levée de fonds est en cours.
Rémi Baldy