Deeptech. Spectronite passe à l’échelle industrielle pour accélérer le déploiement de la 5G
Gaëlle Cloarec
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Le petit poucet Spectronite a tout d'un futur grand. D'ailleurs, dès la fin de l'année 2024, la deeptech basée à Sophia Antipolis prévoit d'aller titiller les géants des équipements télécoms sur le sujet de la 5G avec une technologie de rupture déployable. Et déployée. Il faut dire que l'entreprise s'attaque à une problématique de taille, celle des liaisons sans fil point-à-point, ou faisceaux hertziens : ces liens radio qui permettent de connecter les antennes-relais entre elles et forment ainsi la colonne vertébrale des réseaux mobiles. "Contrairement à ce que beaucoup croient, ce sont ces liens radio, et non la fibre, qui constituent la très grande majorité de l'infrastructure des opérateurs mobiles, les trois-quarts précisément", explique son dirigeant, Jean-Philippe Fournier. Des équipements hardware traditionnels que le déploiement de la 5G et l'explosion du volume de données transportées vont mettre ou mettent déjà à mal. Et que l'alternative fibrée ne peut supplanter, notamment dans les zones péri-urbaines et rurales, faute de faisabilité technique pour certaines, de modèle économique pour beaucoup.
C'est là que se place Spectronique. Née en 2020, la jeune pousse a développé une solution hybride, à la fois logicielle et hardware, qui vient multiplier par 10 le débit des liaisons radio, permettant "aux opérateurs mobiles de basculer plus rapidement vers la 5G sans tout changer", indique le dirigeant. Autre avantage, et non des moindres, la technologie permet également de "réduire de 80% la consommation électrique du réseau". Ces résultats, jusqu'alors démontrés en laboratoire, vont être testés grandeur nature au cours du premier trimestre 2024. Déjà deux opérateurs mobiles sont sur les rangs, Orange en France, et Telefonica en Allemagne. "Nous sommes dans un Momentum, celui de notre passage à l'échelle industrielle", relève Jean-Philippe Fournier.
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