Hydrogène : Sakowin déploie son pilote à l'international
Gaëlle Cloarec
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Dans le petit monde de l'hydrogène décarboné, il y a ceux qui misent sur l'électrolyse, nombreux, et ceux qui cherchent l'alternative. Moins coûteuse, moins gourmande en énergie et donc capable de produire à plus grand volume. Parmi eux, Sakowin, labellisée deeptech, dont le premier pilote industriel va être installé en Suisse, chez le fabricant d'électroménager haut de gamme V-ZUG. Positionné en bout de chaîne, il transformera à la demande, sur site et sans émission de CO2, le gaz naturel qui alimente son four d'émaillage en hydrogène bas carbone, réduisant ainsi l'empreinte carbone de l'équipement. Une technologie de rupture qui pourrait bien, espère l'entreprise fondée en 2017 à Aix-en-Provence, ouvrir la voie de la décarbonation massive de nombreuses industries.
Car, à la molécule d'eau (H2O) prisé par les électrolyseurs, Sakowin a préféré se pencher sur celle du méthane (CH4), « principal constituant du gaz naturel largement utilisé pour la production de chaleur et d'électricité dans les processus industriels, et dont le procédé de transformation s'avère cinq fois moins énergivore » que sa concurrente, précise Pierre-Arnaud Sarda, directeur développement de la deeptech. Laquelle, après quatre ans de R&D, a donc mis au point un réacteur à plasmalyse de méthane (et biométhane) qui, couplé à un générateur de micro-ondes, est capable de décomposer le gaz entrant, sans oxygène donc sans émissions de CO2, en hydrogène d'une part et en carbone solide de l'autre. Le premier étant directement injecté dans l'équipement industriel, le second récupéré et valorisé sur d'autres marchés comme celui du caoutchouc industriel, des pneus en particulier. « Notre technologie permet ainsi de décarboner deux marchés fortement émetteur de CO2, et ce à coût compétitif puisqu'au carbone valorisable sur des marchés à grand volume, s'ajoute le fait de produire l'hydrogène sur site, permettant de s'affranchir des coûts liés au transport et au stockage. » Quant à sa mise à l'échelle, « il suffit d'augmenter le nombre de réacteurs pour obtenir la quantité nécessaire ».
Gaëlle Cloarec