Plateforme d’interconnexion des réseaux de transport collectif via le cloud, la PME française, membre du French Tech 120, vient d’accueillir le fonds d’investissement Antin Infrastructure Partners à son capital. Une prise de participation majoritaire qui constitue un réel virage, l’objectif étant d’asseoir désormais sa place sur un marché mondial très disputé.Généralement, toute prise de participation majoritaire au capital d'une entreprise joue un effet accélération sur son développement. L'arrivée d'Antin au capital de Matawan est de cet ordre. Le fonds d'investissement a en effet fait savoir son intérêt pour l'entreprise française estimant « que nous pouvons être la plateforme de mobilité de demain », indique Jérôme Trédan, son directeur général. Née en 2012, basée à Sophia-Antipolis, Mâcon et Paris, Matawan s'est structurée pour devenir une plateforme d'interconnexion des réseaux de transport collectif, dématérialisant la billettique via le cloud. « Avant, il existait des systèmes cartes centriques, où l'information de voyage était stockée sur le support. Si vous perdiez votre carte, vous perdiez aussi vos droits au voyage », explique le directeur général de Matawan.
La différenciation du cloud native
Un choix stratégique qui a permis à celle qui est également membre du French Tech 120 de prendre une place sur le marché hexagonal de la mobilité intelligente.
Car des acteurs de la mobilité ayant aussi fait le choix du cloud sont peu nombreux, seulement « cinq ou six dans le monde », indique Jérôme Trédan. C'est le cas d'AEP (Italie) ou de Ridingo (Estonie).
«Notre force réside dans notre technologie cloud native, qui nous permet d'offrir une interopérabilité totale et une expérience fluide pour l'usager».
Antin, via son véhicule NextGen Infrastructure I doté de 1,2 milliards d'euros, dont l'un des senior partner est l'ancienne ministre de l'Ecologie, du Développement durable et des Transports, Nathalie Kosciusko-Morizet, a déjà effectué quelques investissements, moins d'une dizaine, dans des sociétés innovantes, mais dont le besoin en capital en conséquent pour changer d'échelle.
Laurence Bottero et Amandine Ibled