Inquiétude des agences de notation sur l'exposition des banques européennes

 |   |  667  mots
Les agences de notation Moody's et Standard & Poor's soulignent dans des études le risque spécifique que constitue la récession dans les pays émergents.

La journée du mardi 17 février a été noire en Bourse pour la plupart des banques européennes: Société Générale a perdu 9,6%, BNP Paribas a lâché 7,5%, le bancassureur belge KBC 12,9% et la banque autrichienne Raiffeisen a reculé de 13,5%. Erste, numéro trois du crédit en Europe de l'Est, qui avait déjà chuté de 12% lundi, tombe à son plus bas historique avec une chute de 18,1%. Ailleurs, l'italien UniCredit a abandonné 7,35% et Swedbank 8,4%.

Cette chute de la plupart des grands titres des banques est liée à la la publication par l'agence de notation Moody's d'une étude soulignant le risque spécifique que constitue la récession dans les pays émergents. Sa concurrente Standard & Poor's a également lancé un avertissement similaire, ce qui n'a fait qu'aggraver leurs pertes.

Dans une analyse publiée ce mardi, Moody's estime que la "conjonction d'importantes provisions pour créances douteuses, de la hausse des coûts de financement des banques et de la dépréciation de certaines devises va peser sur la rentabilité des banques exposées aux pays émergents européens et éroder leur base de capital". Cette présence forte dans la zone a nourri pendant plusieurs années la croissance des banques d'Europe de l'Ouest concernées et leur a permis de résister à la tentation des crédits structurés, mais elle est en train de devenir un risque spécifique.

"La détérioration de la solidité financière des filiales est-européennes a des conséquences défavorables pour leurs maisons mères ouest-européennes", juge ainsi Moody's dans sa note. "La détérioration généralisée de la santé économique des principaux marchés d'Europe de l'Est exerce une pression défavorable négative sur les filiales et elle pourrait à terme conduire à une détérioration des notations des maisons mères", ajoute l'agence. Pour enfoncer le clou, Moody's n'hésite pas à indiquer: "La modernisation relativement récente des banques de la région pourrait conduire à des mouvements de panique et des ruées aux guichets plus rapidement qu'en Occident, alors même que leurs portefeuilles de prêts n'ont jamais été mis à l'épreuve d'une crise économique grave".

Autre point souligné par Moody's: les banques occidentales présentes dans la région pourraient se montrer plus sélectives en matière de financement de leurs filiales, ce qui accroîtrait les risques pour les pays les plus en difficulté.  L'agence estime toutefois que certains facteurs peuvent justifier une poursuite du financement des filiales: un désengagement de la maison mère d'un pays spécifique pourrait saper la confiance des clients dans un autre pays, et donc être contre-productif en terme de risques.

Standard&Poor's guère plus optimiste

Les difficultés croissantes des banques occidentales à alimenter leurs filiales dans les pays émergents européens pourraient provoquer une révision générale des ratings pour les banques de la région, a déclaré de son côté Standard & Poor's (S&P). "Il se peut que nous devions réviser les ratings de certaines banques dans la mesure où la situation s'assombrit... Les banques d'Europe occidentale souffrent de la crise, qui réduit leur capacité à assurer le financement et autre soutien financier de leurs filiales dans l'Europe émergente", a déclaré à Reuters John Gibling, spécialiste des ratings d'établissements financiers chez S&P.

"L'incapacité des banques à obtenir un financement du marché et le ralentissement subséquent de la distribution de crédits ont un impact sur la qualité des actifs de certains pays", ajoute-t-il. John Gibling remarque en particulier qu'une forte croissance du crédit durant les années fastes a mis les systèmes bancaires en état de surchauffe en Bulgarie et en Roumanie. "Le système bancaire ukrainien subit de graves tensions", remarque-t-il en outre. S&P publiera dans les semaines à venir un rapport sur l'impact du ralentissement économique mondiale sur les banques de la région.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
J'avais cru comrendre que nos clowns politiques ne voulaient plus entendre parler d'agence de notation qui gère leur information "au café du commerce" non rien ne changera même les actionnaires y croyent la cupidité a l'avantge de montrer l'imbécilité.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :