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Entreprises & FinanceBanque

Pourquoi les plus gros porteurs de dette française ne s'affolent pas... encore

Laura Fort

Publié le 17 janvier 2012 à 05:37 - Mis à jour le 17 janvier 2012 à 05:37

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Si la dégradation de la note française peut faire baisser la qualité de leurs actifs, la plupart des assureurs avaient investi en connaissance de cause.

Les assureurs sont les plus gros détenteurs de dette française (voir tableau). À fin 2010, leurs investissements ont été placés à hauteur de 33,1 % dans les obligations d'État pour un montant total de 557,3 mil liards d'euros. Comme la note de la France a été dégradée, la valeur du portefeuille des assureurs peut s'en trouver diminuée. Certains pourraient même devoir augmenter leurs fonds propres, car des taux de provisionnement sont liés au rating des actifs. « Tout dépend si l'assureur est suffisamment diversifié et s'il a suffisamment de marges. Mais ce sont normalement des calculs que les assureurs ont dû faire avant d'investir sur la France, dont la dégradation était prévue », explique Thierry Million, responsable de la gestion taux chez Allianz GI France.

Il n'y a donc pas lieu de s'inquiéter outre mesure. « La perte du triple A n'occasionne pas de moins-values supplémentaires pour l'instant. Il n'y a pas de lien de cause à effet direct dans cette catégorie-là de rating », affirme Thierry Million. Pour Axa, « les conséquences directes de cette décision devraient être minimes pour l'activité et les clients. » Les assureurs étant des investisseurs de long terme, ils conservent les obligations qu'ils détiennent jusqu'à leur terme, sauf risque de crédit ou de défaut du pays émetteur, et ne vont donc pas revendre demain toutes leurs obligations d'État françaises.

En revanche, suite à la dégradation de la note française, les assureurs dont la notation est directement liée à celle de l'État vont être mécaniquement dégradés. C'est le cas de CNP Assurances (aujourd'hui AA-) ou de la Caisse Centrale de Réassurance (AAA). S&P, qui maintient 15 assureurs européens sous surveillance négative depuis décembre, dont Allianz, Aviva, Axa ou Generali, étudie actuellement leur éventuelle dégradation. Certains pourraient alors souffrir dans leur business d'un rating inférieur. « En fonction du résultat de notre examen des notes des pays membres de la zone euro, les notes à long terme de ces assureurs pourraient être abaissées d'un ou deux crans et les notes à court terme de certains d'entre eux pourraient être abaissées d'un cran », expliquait il y a peu S&P.

Laura Fort

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