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Entreprises & FinanceBanque

Pourquoi le pétrole ne devrait pas descendre sous les 100 dollars le baril

Pascale Besses-Boumard

Publié le 25 avril 2012 à 13:52 - Mis à jour le 25 avril 2012 à 14:06

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Réunis à Lausanne le week-end dernier, les traders pétroliers ont estimé que tous les éléments actuels militaient en faveur d'un pétrole cher. Mais pas au delà de 125/130 dollars le baril de Brent. Sous peine de mettre en péril l'économie mondiale, les producteurs et... les responsables politiques.

Les prix du pétrole vont-ils encore monter ? Les niveaux actuels sont-ils tenables pour l'économie mondiale ? C'est bien la question que se posent aujourd'hui tous les économistes et les professionnels du secteur. A commencer par les responsables des cinq plus grosses maisons internationales de trading sur pétrole réunis ce week-end à Lausanne dans le cadre d'un sommet international sur les matières premières. Un problème d'autant plus d'actualité que le Brent a enregistré ce mois un nouveau record : pour la première fois, il s'est négocié au dessus de la barre des 100 dollars plus de 200 jours d'affilés.

En 2008, lorsque l'or noir avait atteint son pic historique à 147 dollars, il n'avait tenu au dessus des 100 dollars « que » 147 jours consécutifs. Et si l'on en croit, les spécialistes, le Brent pourrait bel et bien rester au-delà de cette barre symbolique encore un bon moment. « A court terme, il semble impossible de disposer d'une offre conséquente supplémentaire, offre qui pourrait avoir un impact à la baisse sur les prix », indique Ian Taylor, directeur général de Vitol, la plus grande institution de trading pétrolier au monde, selon les propos rapportés par le Financial Times. Quant à Alex Beard de chez Glencore, il ne voit pas le baril descendre en deça de la barre des 95/100 dollars d'ici à très longtemps.

Un demande importante venant des pays émergents
L'évolution des prix de l'or noir est effectivement primordiale pour l'économie mondiale, une inflation trop importante pouvant provoquer une récession. Tendance que regarde d'ailleurs de très près Obama, lui aussi très dépendant des soubresauts de cette matière première en cette période électorale. Si les traders sont assez unanimes pour anticiper une orientation à la hausse des prix de l'or noir c'est essentiellement parce qu'ils prévoient tous une demande toujours plus soutenue. Et ce, en dépit des signes plus que fragiles d'une reprise économique.

Pour eux, ce mouvement de fond provient d'un effet de ciseau très net : d'un côté, une demande toujours importante de la part des pays émergents et plus particulièrement de la Chine et de l'autre une production en baisse que ce soit en mer du Nord, au Yémen, en Syrie, au nord Soudan ou en Argentine. Serpent qui se mord la queue : ces difficultés croissantes à trouver du pétrole accroissent les coûts d'extraction, eux même répercutés dans les prix finaux.

L'OPEP estime raisonnable un cours de 90/100 dollars le baril

En même temps, les problèmes politiques connus au Moyen-Orient jouent aussi un rôle crucial. La production iranienne est à un point bas de dix ans et pourrait retrouver les niveaux de la guerre irano-irakienne de 1980. Les volontés individuelle et collective des membres de l'OPEP sont aussi déterminantes. « Or ceux-ci semblent trouver raisonnable un prix moyen de 90/100 dollars le baril », estime David Fyfe de l'Agence Internationale de l'Energie. Raison pour laquelle, les prix sont récemment revenus d'un plus haut de 125 dollars à 118,75 dollars aujourd'hui.

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Les traders réunis à Lausanne sont d'ailleurs convaincus que le baril peut aller jusqu'à 130 dollars mais qu'il ne pourra très certainement pas le dépasser, compte tenu des risques économiques encourus. « A 125 dollars le baril, le prix du pétrole est trop élevé tant pour nos économies que pour les producteurs et les politiciens », convient Pierre Barbé, à la tête des activités de trading chez Total, tout en reconnaissant qu'il n'entrevoit pas pour autant une forte baisse à court terme. Reste l'alternative du gaz naturel. Les cours de cette énergie sont à des plus bas de dix ans, les écarts de prix avec le pétrole n'ayant jamais été aussi importants. Un gap qui pourrait se combler dans les prochaines semaines. Soit par une hausse des prix du gaz, soit par une baisse de ceux du pétrole.

Pascale Besses-Boumard

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