Le prix du pétrole met le plan de sauvetage d'Air France sous tension
Fabrice Gliszczynski
Fabrice Gliszczynski
Lancé mi-janvier, le plan de restructuration d'Air France-KLM Transform 2015, qui vise à stabiliser la dette de 6,5 milliards d'euros cette année puis de la diminuer de deux milliards d'ici à 2015, est-il déjà obsolète avec la cherté du prix du kérosène ? Même s'il a baissé de quelques dollars mercredi, plusieurs observateurs l'affirment. Car selon nos informations, ce plan à trois ans a été calé sur un prix moyen du baril de brent de 98 dollars (le budget aussi), alors qu'il flirte avec les 120 dollars depuis le début de l'année.
Et que certains analystes tablent sur un prix du baril qui restera élevé au cours des prochains mois, autour de 115 dollars fin 2012 et 110 dollars fin 2013. De quoi entraîner une dérive importante de la facture carburant d'Air France-KLM qui doit bondir de plus de 1 milliard d'euros en 2012 par rapport aux 6,4 milliards dépensés en 2011 (soit plus de 30% des coûts d'exploitation), et compliquer la réalisation des objectifs du groupe. Et ce, même si les recettes unitaires sont en hausse par rapport à l'an dernier et, surtout, supérieures à celles budgétées par la direction grâce à un contexte économique en Europe moins dégradé que prévu.
Pour autant, il n'y a aucune remise en cause du processus du plan Tranform 2015 , lequel est composé à la fois de mesures immédiates d'économies (gel des salaires, réduction des investissements...) et structurelles (hausse de la productivité et de la flexibilité du personnel.. .) qui seront, elles, annoncées cet été. L'objectif principal est de compenser la hausse du prix du carburant par une augmentation des recettes. Une hausse du prix du billet par le biais d'une nouvelle surcharge est d'ailleurs à l'étude. Mais il faudra probablement jouer aussi sur les coûts.
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Pour un analyste, des économies supplémentaires sont inévitables. Elles étaient d'ailleurs écrites entre les lignes de l'énoncé des objectifs du Plan Transform annoncé en janvier. « Pourquoi la direction n'a pas donné d'objectif d'économies mais des objectifs de réduction de la dette ? Car la baisse de la dette doit être réalisée par une génération de cash flow de deux milliards (après investissements) au cours des trois prochaines années. Aussi, quand le baril augmente, la réalisation des objectifs de génération de cash flow ne peut passer que par de nouvelles économies ou (et) une hausse des recettes ».
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Ce jeudi à la Bourse de Paris, le cours d'Air France-KLM a perdu 2,43% à 3,495 euros.
Fabrice Gliszczynski
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