Les mauvais résultats du premier trimestre de Credit Suisse souligne l’ampleur de la tâche qui attend UBS pour cette fusion imposée par les autorités suisses. Toutes les activités de la banque sont déficitaires, à l’exception de la banque de détail.
C'est donc par un simple communiqué que Credit Suisse - peut-être pour la dernière fois - vient de publier ses résultats au premier trimestre. Et quels résultats ! La deuxième banque suisse, sauvé d'un « bank run » le 19 mars dernier par son rachat par UBS, publie en effet un résultat avant impôts de 12,8 milliards de francs suisses (13,08 milliards d'euros), et même un ratio de solvabilité CET1 de 20,3%. Des chiffres qui ne correspondent guère à ceux d'une banque en faillite !
Ces résultats sont cependant en trompe-l'œil. Ils reflètent en effet la dépréciation à zéro de 15 milliards de francs suisses sur la dette subordonnée AT1, décidée par le régulateur suisse dans le cadre de la fusion prévue entre Credit Suisse et UBS, une décision contestée en justice par un groupe d'investisseurs. Cette dépréciation de la dette AT1 a mécaniquement permis de renforcer le ratio de solvabilité.
Perte substantielle en 2023
Le résultat a également été impacté par une plus-value de 700 millions de francs suisses provenant de la vente partielle de la filiale SPG au fonds d'investissement Apollo. En revanche, la banque a déprécié de 1,3 milliard de francs suisses « la survaleur » de sa branche de gestion de fortune et 300 millions de frais de restructuration. Hors l'annulation de la dette AT1, la perte avant impôts s'élève donc à 1,3 milliard de francs suisses au premier trimestre, après une perte de 7,3 milliards en 2022. Toutes les activités opérationnelles sont déficitaires, à l'exception de la banque de détail en Suisse.
Quant aux conséquences de la fusion et de l'abandon de certaines activités, la banque s'attend à une perte avant impôts « substantielle » au second trimestre et en 2O23, prévient le communiqué.
La publication de ces résultats montre avant tout une situation critique pour la banque, et légitime a posteriori le plan de sauvetage de la banque par les autorités suisses, très critiquée par la presse et l'opinion publique. « La situation de Credit Suisse s'est encore détériorée », résume une note du courtier Jefferies.
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