Zone euro : en forme, le crédit devrait poursuivre sur sa lancée

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La Banque centrale européenne (BCE) a publié mardi son enquête trimestrielle sur la distribution du crédit dans la zone euro.
La Banque centrale européenne (BCE) a publié mardi son enquête trimestrielle sur la distribution du crédit dans la zone euro. (Crédits : Ralph Orlowski)
La souplesse des banques et la croissance de la demande, des entreprises comme des ménages, devraient maintenir la dynamique du crédit en zone euro, selon une enquête trimestrielle de la BCE. En France, les banques ont choisi la continuité dans leur politique de crédit.

Le crédit bancaire se porte toujours bien en zone euro et cela devrait continuer. Au second trimestre, les banques se sont montrées moins exigeantes avec leurs clients et la demande continue d'augmenter dans les toutes les catégories de crédits (entreprise, immobilier et consommation), selon l'enquête trimestrielle de la BCE sur la distribution du crédit (BLS)* publiée mardi.

Dans le détail, les banques ont continué d'assouplir leurs critères d'octroi de crédits aux entreprises et de crédits immobiliers aux ménages, principalement en raison de "la pression de la concurrence", ainsi que de "la perception du risque" pour les prêts immobiliers, souligne l'enquête. Concernant les crédits à la consommation pour les ménages, les banques ont laissé leur politique quasiment inchangée. Finalement, les établissements de crédit ont fait preuve de plus de souplesse que ne l'avait anticipé la BCE, et cette dernière s'attend à une poursuite de la tendance au prochain trimestre.

De même, les banques déclarent avoir assoupli leurs conditions générales, en raison cette fois-ci d'un "resserrement des marges sur les prêts moyens" (défini comme l'écart entre les taux de référence du marché, ndlr). A l'exception, une fois encore, des crédits à la consommation qui enregistrent une évolution presque nulle.

Parallèlement, la demande a continué de progresser dans toute les catégories de crédits. Elle devrait augmenter de nouveau au prochain trimestre selon l'enquête, notamment grâce aux taux d'intérêts qui, malgré une légère hausse pour les prêts immobiliers par exemple, restent attractifs.

"Les crédits progressent en France plus de deux fois plus vite que la moyenne de la zone euro"

Parmi les pays européens, la France se distingue par la continuité des politiques de prêts. Depuis au moins trois trimestres consécutifs, les conditions d'octroi n'ont pas changé, et ce quelle que soit la catégorie de crédit. Idem pour le taux de rejet des demandes de prêts, resté stable depuis le début de l'année dans toutes les catégories aussi, alors que la zone euro enregistre des baisses successives sur les 12 derniers mois.

Cette continuité peut s'expliquer par la dynamique du marché du crédit en France. Dans sa lettre introductive du rapport annuel 2016 (publié en juillet 2017) de la Banque de France, le gouverneur François Villeroy de Galhau précise que "les crédits accordés à l'économie sont abondants". Par exemple, les crédits aux entreprises enregistrent de forts taux de croissance (+4,1% en mai, après 4,7% en avril). En clair, la production de crédits semble fonctionner de manière satisfaisante pour n'être ni contrainte, ni encouragée.

En revanche, le gouverneur fait part de sa "vigilance" devant "ce dynamisme""Les crédits progressent en France plus de deux fois plus vite que la moyenne de la zone euro, beaucoup plus vite que le PIB nominal. La dette privée, des ménages et des entreprises, dépasse désormais en France celle de la zone euro. Nous devons veiller [...] à ce que n'apparaissent pas de nouvelles bulles, sur l'immobilier ou sur les acquisitions d'entreprise."

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*L'enquête BLS (Banking loan survey) a été conduite entre le 12 et le 27 juin 2017 et réalisée auprès des responsables des prêts de 142 banques dans l'ensemble des pays de la zone euro et en tenant compte des singularités locales.

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