La BCE abaisse ses prévisions d'inflation, mais affiche un optimisme

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Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a livré un discours ce jeudi 8 juin, plutôt optimiste sur la conjoncture de la zone euro.
Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a livré un discours ce jeudi 8 juin, plutôt optimiste sur la conjoncture de la zone euro. (Crédits : Ralph Orlowski)
Pour le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi, les risques pesant sur la croissance en zone euro ont diminué. Si la croissance économique semble accélérer dans cette région, l'inflation n'a toujours pas atteint l'objectif de la BCE d'une hausse des prix inférieur à 2%.

La traditionnelle conférence de presse de Mario Draghi, président de la BCE, sur la politique monétaire, a été marquée par un relèvement des prévisions de croissance en zone euro et un optimisme sur la conjoncture :

"Nous estimons que les risques sur les perspectives de croissance sont désormais globalement équilibrés."

Une formulation qui marque un infléchissement par rapport aux "risques de dégradation" évoqués ces derniers mois, et un signal supplémentaire vers un possible virage de la politique monétaire.

Quelques heures avant l'annonce de Mario Draghi, Eurostat annonçait avoir enregistré, au premier trimestre, une croissance plus soutenue qu'initialement estimée: la plus forte depuis deux ans.

L'inflation, loin de l'objectif de la BCE

La BCE prévoit désormais 1,5% d'inflation cette année, soit 0,2 point de moins qu'en mars. L'indicateur est redescendu à 0,9% dans la zone euro, en mai après 1,2% en avril tandis que l'inflation globale a reculé à 1,4% contre 1,9%. Ceci reste loin de l'objectif d'une inflation légèrement inférieure à 2% sur un an, considérée par l'instance européenne comme un signe de bonne santé pour l'économie.

Le président de la BCE a également fait un point sur l'emploi : s'il a beau repartir en zone euro, bon nombre de ces créations de postes sont de "faible qualité", avec des salaires modestes qui pèsent sur l'inflation, a déploré Mario Draghi. Et d'ajouter que la nature de ces créations d'emplois "pourrait bien être ce qui ralentit la progression des salaires nominaux", soit le principal facteur qui détermine l'inflation sous-jacente (hors énergie et prix de l'alimentation).

"Nous devons être patients"

Pour autant, Mario Draghi n'a pas remis en cause les "réformes structurelles" préconisées par son institution, notamment pour flexibiliser le marché du travail.

"Les réformes structurelles déjà mises en place sont sans aucun doute favorables à la croissance et à long terme, favorisent également l'emploi", même si elles "tendent à provoquer une faible croissance des salaires nominaux".

"Nous devons être patients", [...] à terme "la qualité des emplois va s'améliorer et la productivité va croître".

Suite à cette réunion monétaire de la BCE, les Bourses européennes ont terminé dans le désordre. Sur le marché des changes, l'euro recule de 0,34% face au billet vert, autour de 1,1217 dollar, un mouvement qui s'est accentué après la révision à la baisse par la BCE de ses prévisions d'inflation, qui était attendue mais se révèle plus forte que prévu.

(avec agences)

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