Une métaphore nautique pour décrire le projet de rapatrier de l'autre côté de la Manche les traders et les actifs de la Deutsche Bank, de Londres vers Francfort : "Bowline", ou nœud de chaise en français, ce nœud de boucle non coulant facile à défaire, est le nom du projet secret de la plus grande banque allemande pour adapter son organisation en prévision du Brexit, selon l'agence Bloomberg.
La banque dirigée par le britannique John Cryan envisagerait de transférer environ 300 milliards d'euros d'actifs, soit un cinquième de son bilan, de sa filiale au Royaume-Uni vers son siège dans la ville du land de Hesse. L'opération se ferait en deux étapes : d'abord le transfert de l'activité de courtage en septembre 2018 puis celui des actifs gérés en mars 2019.
Selon Bloomberg, la banque allemande commencera à informer dès septembre les clients que leurs contrats seront transférés de Londres à Francfort. Deutsche Bank a d'importantes activités de marchés dans la capitale birtannique: elle emploie près de 9.000 personnes outre-Manche, dont 7.000 à Londres, et pourrait en transférer plusieurs milliers, 4.000 selon une estimation indiquée par la directrice de la conformité et du contrôle interne de Deutsche Bank, la Française Sylvie Matherat, en avril dernier.
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Dans une vidéo interne datée du 20 juillet, John Cryan a indiqué aux salariés que le géant bancaire se préparait à un scénario de "hard Brexit", impliquant la perte du "passeport européen" donnant accès au marché unique depuis le Royaume-Uni après la sortie de ce dernier de l'Union européenne. Estimant que le Brexit aurait « un impact important » sur Deutsche Bank, il a insisté sur la nécessité de ne « pas attendre la dernière minute » et expliqué les changements envisagés :
Il n'a pas précisé le nombre d'emplois concernés. John Cryan s'est voulu rassurant, à court terme.
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