Climat : les banques françaises passeront des stress tests l'an prochain

Photo d'illustration
Handout .

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Après les stress tests financiers, les tests de résistance climatiques. La Banque de France va procéder à une première évaluation de la capacité des grandes banques françaises et des assureurs à supporter les risques climatiques en 2020. Le gouverneur, François Villeroy de Galhau, l'a annoncé vendredi 29 novembre lors de la cinquième édition du Climate Finance Day, une conférence sur la finance et le climat, organisée au Palais Brongniart, à Paris.
es résultats des tests de résistance suggèrent que les pertes subies par les institutions financières en cas de transition énergétique perturbatrice pourraient être considérables, mais également gérables.
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[Impact sur les actifs des institutions financières néerlandaises dans les quatre scénarios de chocs liés au climat. Crédit : DNB]
Le gouverneur a rappelé que le Réseau des banques centrales et superviseurs pour le verdissement du système financier (Network for Greening the Financial System, NGFS) avait conclu dans un rapport en avril dernier que « très clairement, les risques climatiques font partie des risques financiers » et à ce titre relèvent du mandat des superviseurs qui veillent à la résistance du système financier.
Au début du mois, le gouverneur avait déjà évoqué cette perspective, lors des Journées de l'économie (Jeco) à Lyon.
Dans une note publiée le 25 octobre, l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR, adossée à la Banque de France) avait estimé que « le changement climatique est encore intégré de façon partielle et hétérogène dans le processus de gestion des risques des établissements financiers ». Elle avait déploré des informations « insuffisamment détaillées pour évaluer pleinement le risque physique » tout en constatant « des progrès plus notables dans l'analyse du risque de transition », cependant « ces méthodes ne permettent pas encore de quantifier l'impact de scénarios de transition énergétique sur les bilans bancaires ».
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Les ONG Oxfam France et Les Amis de la Terre ont publié jeudi une étude qui a fait polémique sur « l'empreinte carbone colossale des banques françaises », incluant celle de tous leurs financements aux secteurs des énergies fossiles, au total plus de 2 milliards de tonnes de CO2 en 2018, soit 4,5 fois les émissions de gaz à effet de serre de la France entière. Une méthodologie contestée, notamment par Société Générale. Le cabinet spécialisé Carbon4 Finance a indiqué dans un billet de blog qu'il avait « développé une méthodologie pour prendre en compte ces émissions "financées" et identifier ainsi le risque de transition associé pour l'établissement bancaire », qui n'est pas concentrée sur les seules énergies fossiles, mais qui conclut à des « intensités carbone des banques françaises [...] du même ordre de grandeur » que celles du rapport des ONG, soit près de 500 tCO2/M€ de financements (500 gCO2/euro).
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L'ACPR avait lancé en amont des travaux avec les acteurs de la place, les établissements bancaires d'une part et les assureurs d'autre part, afin d'élaborer des scénarios de crise. De son côté, l'Autorité bancaire européenne (EBA en anglais) doit présenter d'ici à juin 2021 des propositions visant à inclure les risques liés au changement climatique dans les tests de résistance, afin de s'assurer que les fonds propres détenus par les banques sont suffisants pour couvrir les risques associés.