Stress tests : les banques européennes encaissent le choc

 |   |  847  mots
L'autorité bancaire européenne a publié ce vendredi les résultats très attendus des tests de résistance des banques de l'UE.
L'autorité bancaire européenne a publié ce vendredi les résultats très attendus des tests de résistance des banques de l'UE. (Crédits : EBA)
L'Autorité bancaire européenne et la BCE se sont dites satisfaites vendredi des résultats des banques de l'UE aux tests de résistance qui mesurent leur capacité à encaisser une sévère récession. Les banques britanniques, notamment Barclays, ont obtenu les moins bons résultats. Les banques françaises s'en sortent mieux, mais Société Générale est en bas de classement.

[Article mis à jour le 3/01 à 13h]

L'Autorité bancaire européenne (ABE) a rendu public ce vendredi 2 novembre le résultat des tests de résistance menés sur 48 banques de l'Union européenne, dont six françaises : BNP Paribas, Crédit Mutuel, BPCE, Crédit Agricole, La Banque Postale et Société Générale. L'ABE a souligné que les banques européennes ont des bilans nettement plus solides qu'il y a quelques années, du fait d'un certain nombre de mesures imposées par les régulateurs pour les obliger à renforcer leurs fonds propres.

« Le résultat des tests de résistance montre que les efforts des banques pour solidifier leur base capitalistique ces dernières années ont renforcé leur capacité à résister à des chocs importants », a commenté Mario Quagliariello, le directeur des analyses et statistiques économiques à l'ABE.

Sur les 48 banques de l'UE, aucune n'est tombée sous le ratio plancher de fonds propres durs (Common Equity Tier 1 ou CET1) de 5,5% dans le scénario testé d'une sévère récession, accompagnée de turbulences sur les marchés. Le ratio agrégé de CET1 de toutes les banques ressort à 10,1% en 2020 en cas de scénario extrême, grâce aux très bons scores des banques scandinaves notamment.

La Banque centrale européenne (BCE) s'est également félicitée de ces résultats, concernant les 33 banques de la zone euro, qui représentent 70% des actifs bancaires de la zone.

« Les 33 plus grandes banques directement supervisées par la BCE ont amélioré leur capacité de résistance aux chocs financiers ces deux dernières années. En dépit d'un scénario adverse plus sévère que lors de l'exercice 2016, le ratio CET1 moyen de ces trente-trois banques, au terme d'une période de trois ans de tensions, s'élève à 9,9 %, un niveau supérieur au chiffre de 8,8 % obtenu il y a deux ans », a souligné la BCE dans un communiqué.

Elle a rappelé qu'elle avait déjà testé, plus tôt cette année, les quatre banques grecques qu'elle supervise directement, avant la fin du programme d'aide à la Grèce.

Résultats satisfaisants des banques françaises

Du côté des banques françaises, ce sont les mutualistes qui ont les meilleurs résultats : le groupe Crédit Agricole a un ratio de 10,21% dans le scénario extrême en 2020, le groupe BPCE (Banques Populaires Caisses d'Épargne) de 10,68%, le Crédit Mutuel remporte la palme à 13,18%.

Le Crédit Mutuel a estimé que les résultats « confirment la solidité financière, la pertinence du modèle de développement et la bonne santé générale du groupe. »

Certains sont cependant bien en dessous de la moyenne européenne. BNP Paribas ressort avec un ratio de 8,64%, La Banque Postale de 8,22%.

Les résultats des stress tests de l'ABE « confirment la solidité du bilan du groupe et la qualité de sa politique de risque », s'est toutefois félicité BNP Paribas dans un communiqué.

La Société Générale est la dernière des françaises, un cran en dessous, à 7,61%, clairement dans le bas du classement.

--

stress tests banques françaises ABE

[Le ratio de fonds propres CET1 ("fully loaded", autrement dit non phasé, sans transition) des banques françaises en cas de scénario adverse. Crédits : ABE]

--

Barclays lanterne rouge

Cependant, les moins bonnes performances sont signées par des banques britanniques et allemandes. Ainsi Barclays affiche un ratio CET1 de 6,37% dans le cas du scénario extrême en 2020, Lloyds Banking de 6,8%. Royal Bank of Scotland s'en sort mieux à 9,92%. HSBC, la plus grande banque européenne par les actifs et la capitalisation boursière, qui tire les trois quarts de ses profits d'Asie, est légèrement en dessous, à 9,18%.

La banque régionale allemande Norddeutsche Landesbank voit son ratio de capitaux propres tomber à 7,07% : c'est l'une des pires performances. En revanche, Deutsche Bank, qui suscitait des craintes après trois pertes annuelles consécutives, ne s'en sort pas si mal avec un ratio de 8,14%. Commerzbank fait encore mieux à 9,93%.

Seules les plus grandes banques italiennes étaient soumises à ce test, comme Intesa (10,40%) et UniCredit (9,34%). Les plus petites, qui ploient encore sous une montagne de créances douteuses, comme Monte dei Paschi, qui avait obtenu les plus mauvais résultats lors de la précédente vague en 2016, n'étaient pas concernées. La Banco BPM ressort avec un ratio assez médiocre de 6,67%.

Un examen plus « dur » que le précédent

Le test précédent avait été publié en 2016. L'exercice de cette année, qui se veut plus sévère, a vu l'arrivée d'une nouvelle règle comptable dite IFRS 9, obligeant les banques à intégrer plus vite à leur bilan des pertes probables sur des crédits ou autres actifs financiers à risque. Elle doit contraindre les banques à détenir davantage de fonds propres,

L'Autorité bancaire a souhaité appliquer des règles plus strictes sur les créances douteuses, les amendes et les turbulences de marchés comme chocs à encaisser par les établissements de l'Union, en raison des événements récents dans le secteur.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 04/11/2018 à 9:07 :
J'ai bien ri, en lisant cet article.
Les europeennes c'est quand ?
a écrit le 03/11/2018 à 19:35 :
Sans blagues ?
Il parait que la deutsche bank c'est un iceberg posé à l'envers sur une usine de porcelaine de limoges.
a écrit le 03/11/2018 à 9:18 :
mais pourquoi je ne me sens pas apaisée en lisant cet article ?
a écrit le 02/11/2018 à 23:02 :
Qu'il est doux d'annoncer que "des banques de l'UE" peuvent résister à "des chocs", "une sévère récession", à quelques mois d'une élection cruciale où se jouera la continuation ou la fin programée de l'UE.

Et si le prochain écroulement était endogène, s'il venait précisément des actions de ces "autorités" et de ces "banques de l'UE" qui se satisfassent aujourd'hui des résultats de ces "tests", nous autoriseront-elles à retirer tout notre argent pour mettre à l'abri nos familles du besoin ?
a écrit le 02/11/2018 à 21:11 :
Nous sommes en Novembre ...non !? un peu tôt pour les blagues carambar du 1° Avril ...les banques passent un énième stress tests dont les règles sont édictées par ....les banques elles mêmes !!... dans la même veine, je vous en rappelle une autre , un nain sautillant fan de Disney World , la main sur le cœur, annonçait au français en 2008 , qu'il avait mis en place un système de garantie des dépôts bancaires en cas de crise, en déposant ...la gargantuesque somme de.... 2 milliards . A 100K€ de couverture par personne morale et par banque ..je vous laisse faire la division pour connaitre le nombre de comptes couverts en cas de crise en France . Depuis, l’Europe , les banques , les politiques ont soigneusement votés , tous bords confondus ( la plupart du temps en Août ) des lois permettant au législateur de faire en définitif ce qu'ils veulent de vos actifs en cas de crise bancaire et ce , malgré la ribambelle de stress tests censés rassurer...mais au fait , si tout va bien dans le monde merveilleux que nous vivons.... pourquoi légiférer au juste, quand rien a été fait pour réglementer la finance depuis 2008 ?? ...une idée ? non ? ....parce que bonnes gens, la question n'est pas de savoir si il y aura une crise financière d'une ampleur bien plus considérable que 2008 ( en ça il ne faut pas être très futé pour le deviner ) ...mais de savoir quand celle-ci éclatera , stress tests bidons ou non ...le système bancaire n'a tenu , ne tient, que, et uniquement que , grâce au déversement de dizaines de milliers de milliards des banques centrales depuis 2009 , rien de plus , pour le reste le SAV est assuré par nos experts en politique .....à bon entendeur ....
Réponse de le 03/11/2018 à 9:15 :
Je ne sais pas où vous avez vu que la politique de la BCE visant à ouvrir largement le crédit aux banques, et à maintenir artificiellement les taux bas est favorable aux banques. Je note qu'elle est surtout favorable aux emprunteurs publics, les états, et que le durcissement de la régulation, plus prononcée en Europe qu'aux USA, met nos banques européennes en deuxième division, avec des profits très amoindris, ce qui limite tout de même leurs résistances en cas de crise..Il est évidemment des banques qui profitent de cette situation de taux bas (celles qui ont justement des créances douteuses élevées - en Italie par exemple-), mais les allemandes, et françaises ne sont pas dans cette situation.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :