Fintech : la messagerie sécurisée Symphony lève 165 millions de dollars

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(Crédits : DR)
La startup fondée par le Français David Gurlé, dont la messagerie sécurisée s'impose en alternative à Bloomberg, revendique plus de 430.000 utilisateurs dans 60 pays. De grandes banques sont actionnaires comme BNP Paribas et Standard Chartered qui ont participé à ce tour de table la valorisant 1,4 milliard de dollars.

On l'a surnommée le « Slack de la finance » : la messagerie financière sécurisée de la startup américaine Symphony, fondée il y a quatre ans par le Français David Gurlé, tisse sa toile dans le secteur, face à son puissant rival installé Bloomberg. La jeune pousse de Palo Alto, qui a implanté un centre de R&D à Sophia Antipolis, a annoncé ce mercredi 12 juin une levée de fonds de 165 millions de dollars, à peine plus d'un an après sa série D de 67 millions de dollars. Ce tour de table valorise la licorne 1,4 milliard de dollars (contre 1 milliard un an plus tôt) et est mené par la banque britannique Standard Chartered et la japonaise Mitsubishi UFG, aux côtés d'actionnaires historiques dont BNP Paribas, Goldman Sachs, JP Morgan. D'autres acteurs du gratin de la finance, tels que Bpifrance, Barclays, HSBC, mais aussi Google, sont au capital de cette startup qui a levé en tout 460 millions de dollars.

Symphony, qui entend devenir « un outil indispensable au service de la transformation digitale des services financiers », revendique une communauté de plus de 430.000 utilisateurs dans une soixantaine de pays, ce qui constitue « le plus important écosystème numérique du secteur financier mondial ». C'est plus que le dernier chiffre officiel de Bloomberg (325.000 en 2016), dont l'offre est facturée 24.000 dollars par an contre 240 dollars chez son jeune rival.

Le prix et les chatbots

Chez BNP Paribas, qui a participé à ce tour de table, Yann Gérardin, le directeur général adjoint en charge du pôle Corporate & Investment Banking (banque de financement et d'investissement) a déclaré que le groupe français était « fier de soutenir cette nouvelle phase de croissance et de favoriser l'adoption de Symphony par [ses] clients et au sein de [l']entreprise ».

« Symphony a réalisé un travail remarquable et suscité l'intérêt du secteur par sa capacité à révolutionner la communication sécurisée et la façon dont les analystes financiers (qu'ils soient du côté des vendeurs ou des acheteurs) travaillent sur tous les marchés, aussi bien pour le traitement et la conservation des données que pour une variété d'opérations tout au long d'une transaction », a-t-il souligné, dans le communiqué.

Le responsable de la stratégie numérique et Fintech dans la banque de financement et d'investissement de JP Morgan, a déclaré que « cette application unique, entièrement sécurisée et conforme aux réglementations, qu'a réussi à mettre au point Symphony transforme en profondeur nos pratiques et celles de nos clients ».

Outre le prix compétitif, l'un des avantages de Symphony est la possibilité de connecter des interfaces (API, non autorisées chez Bloomberg) ou d'intégrer des chatbots. La jeune entreprise indique ainsi que « plus de 1.000 bots et applications » ont été développés par ses clients et partenaires en un an au sein de l'appli. Elle souhaite s'imposer comme une plateforme collaborative de partage de contenu, aidant à l'automatisation des tâches les plus basiques. Symphony va utiliser cet argent pour poursuivre le développement de nouvelles solutions, notamment pour les activités de marché, et étendre son empreinte mondiale.

L'entreprise, qui emploie environ 300 personnes et prévoit une centaine de collaborateurs à Sophia Antipolis fin 2020, est contrôlée par une trentaine d'actionnaires dont aucun n'aurait d'influence prépondérante, a confié David Gurlé à l'AFP.

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