Le Slack des banques, la messagerie Symphony installe sa R&D en France

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David Gurlé, le fondateur et directeur général de Symphony, sera reçu ce vendredi par Bruno Le Maire pour annoncer l'installation d'un centre de R&D à Sophia-Antipolis.
David Gurlé, le fondateur et directeur général de Symphony, sera reçu ce vendredi par Bruno Le Maire pour annoncer l'installation d'un centre de R&D à Sophia-Antipolis. (Crédits : DR)
Fondée par un ingénieur français dans la Silicon Valley, la startup à succès, qui a levé plus de 230 millions de dollars auprès de grandes banques dont BNP Paribas, mais aussi Google, ouvre un centre de R&D à Sophia-Antipolis. Bruno Le Maire reçoit le directeur général David Gurlé afin d'illustrer l’attractivité retrouvée du pays.

Il pourrait être le porte-drapeau de l'initiative "Reviens Léon" (rebaptisée WonderLeon), lancée par Fred Mazzella de BlaBlaCar et des entrepreneurs français pour faire revenir les expatriés dans l'Hexagone : David Gurlé est un de ces Frenchies qui ont réussi à l'étranger, dans la Silicon Valley, et il a décidé de revenir (en partie) sur ses terres natales. Originaire de la région de Cannes, l'ingénieur de 50 ans, diplômé de l'Esigetel, passé par Microsoft, Thomson Reuters et Skype, aura les honneurs de Bercy ce vendredi après-midi où il sera reçu par le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, devant la presse, afin d'annoncer son implantation en France.

Sa startup à succès, Symphony, dont le siège est à Palo Alto, et qui commercialise une messagerie sécurisée utilisée dans les milieux de la finance surnommée "le Slack des banques", va ouvrir un centre de R&D, à Sophia-Antipolis, ville retenue sur une liste de 19 sites en Europe.

« L'ouverture de ce centre de recherche et développement en France résulte d'une double volonté : d'une part, ma volonté personnelle de miser sur mon pays d'origine pour accélérer le développement de mon entreprise et, d'autre part, une volonté stratégique liée à la densité de l'écosystème de l'innovation et de l'entrepreneuriat en France avec le dynamisme de la French Tech », commente David Gurlé, dans un communiqué envoyé par Bercy.

Lire aussi : Slack, la plateforme pour mieux collaborer en entreprise

Attractivité retrouvée avec l'effet Macron

Devenue une sérieuse rivale de la messagerie du fournisseur d'informations financières Bloomberg intégrée aux terminaux loués aux salles de marchés, Symphony, créée en 2014, a été soutenue par de nombreuses grandes banques de la planète, des fonds de capital-risque et Google. L'entreprise a levé au total 234 millions de dollars, dont 63 millions en mai dernier lors d'un tour de table mené par BNP Paribas, sur la base d'une valorisation dépassant le milliard de dollars, faisant d'elle une « licorne ». Société Générale et Natixis sont aussi actionnaires, aux côtés entre autres de HSBC, JP Morgan et Goldman Sachs, la première banque à lui avoir fait confiance. Symphony s'est alliée en juin dernier à Thomson Reuters pour mieux concurrencer encore Bloomberg.

L'entreprise emploie 250 personnes, et en recrute  actuellement une trentaine, dont trois ingénieurs à Sophia et un commercial à Paris pour le moment, l'objectif est d'embaucher en France "30 développeurs informatiques cette année" a-t-il confié au Monde, à un coût avantageux par rapport à la Silicon Valley, notamment grâce au dispositif français du crédit d'impôt recherche.

Aux yeux du gouvernement français, cette implantation a valeur de symbole, celui de l'attractivité retrouvée de la France auprès des talents et des entrepreneurs, notamment les expatriés. David Gurlé avait confié au journal Le Monde en mai dernier que "l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron a été un facteur déterminant de notre choix pour garder la France dans la liste étroite."

Symphony, qui facture son service 20 dollars par mois par utilisateur, compte plus de 250 clients dans les secteurs de la banque, de l'assurance, de la santé, et des cabinets d'avocats. La messagerie collaborative basée sur le cloud veut partir à l'assaut de Skype, Teams de Microsoft et Slack en se développant dans d'autres secteurs "pour lesquels la transmission d'information, la collaboration et la sécurité des échanges sont fondamentaux, comme la justice ou la défense", souligne Bercy.

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Commentaires
a écrit le 12/01/2018 à 10:17 :
titre en trompe l'oeil!
personne n'a jamais doute de la qualite des ingenieurs francais! d'ailleurs ils vont dans la sillicon valley!
pour le reste on a tous note qu'il ne s'agit nullement d'un centre decisionnel, mais d'un centre qui evite de deplacer des ingenieurs qui ne veulent pas, d'autant que le credit impot recherche est maintenu.......
un centre de r&d n'etant ni un centre de profit, ni un centre de production, ca peut eventuellement aller, et les ingenieurs n'y seront pas plus cher ' tout compris' qu'en californie!
les centres de decisions, par contre il est hors de question de les mettre a portee de main du politburo de la petite coree du nord europeenne.........
Réponse de le 12/01/2018 à 12:04 :
un inge francais est bien moins cher qu un californien. meme avec les charges sociale, il doit facilement y avoir un facteur 2 (aka le francais est 50 % moins cher). et en plus comme l economie francaise est deprimee, il aura pas trop la tentation d aller ailleurs (surtout si l ailleurs c est d aller travailler en SSII (dit marchand de viande dans le milieu))

Enfin, c est quand meme une bonne nouvelle, meme si ca en concerne que 30 postes ... (c est dire si on est mal, on pousse un cocorico pour 30 postes)
Réponse de le 13/01/2018 à 6:08 :
Que ces commentaires sont mal informés. La zone de Sophia-Antipolis est dans le domaine du Numerique en situation de surchauffe. il se crée sur Sophia 2000 emplois net par an. Il se limite a 30 emplois ? peut il trouver plus d'ingénieurs ?
Nous ferons au quotidien la pénurie

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