Le Congrès met Tim Geithner sur la sellette dans l'affaire AIG

 |   |  418  mots
Les autorités américaines font pression sur la Réserve fédérale de New-York pour obtenir des documents qui prouveraient que l'assureur AIG a utilisé de l'argent public pour rembourser des banques dans le cadre de règlements de contrats dérivés. La Fed de New York, alors dirigé par l'actuel Secrétaire au Trésor, aurait ainsi fait de la rétention d'information pour éviter toute polémique.

La Chambre des représentants américaine veut forcer la Réserve fédérale de New York à lui soumettre des documents qui pourraient montrer que la Fed de New York, alors dirigée par l'actuel Secrétaire (ministre) au Trésor, Timothy Geithner, a incité l'assureur AIG à taire certaines informations relatives à des paiements à des banques. Timothy Geithner a dirigé la Fed de New York jusqu'à la fin de l'année 2008 et sa nomination au poste de secrétaire au Trésor par le président Barack Obama.

Edolphus Town, le représentant démocrate de New York qui dirige le Representatives Oversight Committee, un organe de la Chambre, a envoyé une assignation à comparaître à la Fed de New York où il est précisé que cette dernière "fournira à la commission des documents qui devraient apporter des éclaircissements sur comment et pourquoi l'argent des contribuables a été utilisé à leur insu".

La volonté des législateurs d'arriver à leurs fins a été renforcée par le refus de l'inspecteur général supervisant le Tarp (Troubled Asset Relief Program), le programme de soutien au secteur financier, de remettre des documents relatifs aux paiements faits par AIG à des banques au motif que la Réserve fédérale lui avait demandé de ne pas les mettre à disposition du grand public.

"La New York Fed du secrétaire Geithner a délibérement demandé à AIG de créer un sorte de flou et de retenir des informations que les contribuables étaient en droit de connaître en raison de l'utilisation faite des aides publiques pour payer des banques", a déclaré Roy Blunt, représentant républicain du Missouri.

L'assureur, l'une des principales victimes de la crise financière, a reçu un total de 180 milliards de dollars d'aides publiques et est désormais détenu à 80% par l'Etat fédéral américain. En mars 2009, l'assureur a annoncé qu'il avait consacré 62 milliards de dollars d'aides publiques pour rembourser des banques telles que Goldman Sachs, Société générale ainsi que d'autres établissements de premier plan dans le cadre de règlement de contrats dérivés.

A l'époque, cette annonce avait suscité la colère du grand public concernant les modalités du sauvetage de l'assureur. L'échange de courriers électroniques entre la Fed de New York et AIG, rendu public au début du mois, semble suggérer que la banque centrale régionale a fortement incité AIG à en dire le moins possible sur ces remboursements à des banques.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 13/01/2010 à 21:46 :
Effectivement, ce qui était un secret de polichinelle est en train de devenir une affaire d'Etat.
Des journaux sérieux avaient pourtant relaté à l'époque que Chistine Lagarde avait elle-même demandé aux Etats-Unis de sauver AIG car sa faillite aurait mis en péril des banques françaises, contreparties (in the money) sur ces contrats dérivés.
a écrit le 13/01/2010 à 21:23 :
Bien obligé de reconnaitre que tous les organismes d'état tels AIG, les deux GSE Fannie Mae et Freddie Mac, sont tous "nationalisés". Attendons nous au pire. A quand la nationalisation, de l'Or américain comme l'a fait Roosvelt en 1934.?

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :