Prudential chercherait à réduire le prix d'achat d'AIA

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(Crédits : © 2010 Thomson Reuters)
Le projet de rachat d'AIG Asia ne tient plus qu'à un fil, Prudential ayant dû jeudi démentir des rumeurs selon lesquelles l'opération avait été annulée.

Le britannique Prudential cherche à faire baisser le prix de 35,5 milliards de dollars (28,8 milliards d'euros) qu'il doit payer pour AIA, filiale asiatique de l'assureur américain American International Group (AIG) et espère qu'AIG descendra à 30 milliards de dollars, rapporte le Financial Times. Le quotidien britannique, qui cite des sources proches du dossier, précise que le conseil d'administration d'AIG et le gouvernement américain ne se sont pas encore prononcés sur le sujet d'une baisse de prix. Selon le FT, AIG et le gouvernement américain envisageraient de revenir à leur projet antérieur : une introduction en Bourse d'AIA.

Selon une source citée par le FT, il y aurait "moins de 50% de chance que l'affaire se fasse avec Pru". Prudential et AIG se sont refusés à tout commentaire. Ces informations surviennent alors que le projet de rachat d'AIG Asia ne tient plus qu'à un fil, Prudential ayant dû jeudi démentir des rumeurs selon lesquelles l'opération avait été annulée.

Un porte-parole de l'assureur britannique a jugé "infondées" ces rumeurs. Auparavant, deux sources proches du dossier avaient apporté un premier démenti aux rumeurs d'annulation de l'opération qui ont dopé l'action de l'assureur britannique ainsi que la livre sterling. A la Bourse de Londres, le titre Prudential a gagné jusqu'à 8% dans la matinée sur des rumeurs d'abandon du projet de rachat d'AIA avant de finir en hausse de 6,8%, sous-performant ses pairs britanniques Aviva et Legal & General. AIG a progressé de plus de 7% à 36,46 dollars à Wall Street.

LES INVESTISSEURS PARTAGÉS SUR L'ISSUE DU PROJET

Prudential compte financer le rachat d'AIA, la plus importante acquisition jamais réalisée dans le secteur de l'assurance, par une augmentation de capital de 21 milliards de dollars et doit obtenir pour cela le soutien de 75% de ses actionnaires lors d'un vote prévu le 7 juin. Mais l'issue du vote est loin d'être acquise car certains investisseurs estiment que Prudential propose un prix trop élevé pour le rachat d'AIA et ils s'interrogent sur le potentiel de synergies avec ses propres activités en Asie.

Le Times rapporte ce jeudi que des actionnaires détenant jusqu'à 15% du capital de l'assureur britannique envisagent d'écrire au président de celui-ci pour manifester leur opposition au projet de rachat d'AIA. Les avis des 23 actionnaires et analystes interrogés par Reuters sur le sujet sont d'ailleurs assez partagés. Selon cette enquête, 48% des personnes interrogées estiment que le projet de rachat d'AIA par Prudential finira par se conclure, tandis que 43% pensent qu'il sera rejeté.

En revanche, près de trois investisseurs sur quatre (72%), jugent trop élevé le prix d'American International Assurance. Les analystes et actionnaires qui ont répondu à l'enquête de Reuters restent toutefois divisés lorsqu'il s'agit de se prononcer sur les motivations de Prudential, qui espère stimuler sa croissance en Asie avec cette transaction. Si 46% se montrent confiants dans la réalisation des objectifs ambitieux de l'assureur britannique sur ce rachat en termes de croissance et de synergie des coûts, 54% se déclarent prudents ou peu convaincus.

Si l'affaire ne va pas à son terme, Prudential devra payer à AIG une indemnité de rupture de 153 millions de livres.

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