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Entreprises & FinanceIndustrie financière

Groupama se donne trois mois pour vendre sa filiale Gan Eurocourtage

Laura Fort

Publié le 13 janvier 2012 à 06:08 - Mis à jour le 13 janvier 2012 à 06:11

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En pleines négociations sur une nouvelle aide des créanciers privés à la Grèce, la direction a réuni le comité central d'entreprise pour annoncer la mise en vente de Gan Eurocourtage et de Groupama Insurances, son activité au Royaume-Uni.

La conjonction des événements est trop flagrante pour n'être qu'une coïncidence. La direction générale de Groupama a convoqué une réunion extraordinaire du comité central d'entreprise (CCE) mercredi soir pour annoncer la mise en vente, ensemble ou séparément, de ses filiales Gan Eurocourtage et Groupama Insurances, son activité de courtage au Royaume-Uni. Soit la veille des négociations qui ont eu lieu à Athènes pour une nouvelle participation des créanciers privés au sauvetage du pays (lire ci-dessus). Or une décote supplémentaire sur les obligations grecques (la précédente ayant coûté à l'assureur 1,5 milliard d'euros) et une nouvelle dégradation de Groupama entraînerait l'assureur au fond du gouffre. Aujourd'hui noté BBB- par Standard and Poor's, il entrerait alors dans la catégorie dite spéculative.

D'où le "timing" serré évoqué par la direction, qui souhaite que l'affaire soit conclue sous... trois mois. Sachant que, sans l'aide des créanciers privés à la Grèce, celle-ci serait en situation de défaut dans... trois mois. Un analyste évoque le même délai : "il faut trouver une solution de place rapidement pour Groupama. La situation n'est pas tenable. Cela ne peut pas attendre un an, cela doit être fait dans les trois mois".

L'assureur cherche aussi à vendre sa pépite tant qu'il en est encore temps. "Il y a urgence par rapport à Gan Eurocourtage, qui est aujourd'hui pénalisé dans son business à cause de la notation de Groupama", déclare Martial Le Pennec, délégué central CFDT. Malgré une marge de solvabilité de 350%, Gan Eurocourtage souffre d'avoir la même notation que sa maison mère : ses dossiers peuvent être recalés lors d'appels d'offres ou il peut être exclu de certains régimes de co-assurance (lire La Tribune du 9 janvier).

A ce jour, c'est l'activité d'assurance de dommages de Gan Eurocourtage qui est mise en vente, la partie vie étant étudiée à part. La vente de Groupama Transport, dont la fusion avec Gan Eurocourtage est effective depuis le 1er janvier 2012, n'est, quant à elle, pas actée. Car le repreneur pourrait racheter Gan Eurocourtage dans son organisation au 1er janvier 2011.

A fin 2010, Gan Eurocourtage avait atteint un chiffre d'affaires de 819 millions d'euros (381 millions pour le dommages, 402 millions pour les professionnels et particuliers, et 36 millions pour les assurances collectives), Groupama Insurances de 549 millions d'euros.

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300 millions promis par la CDC

Les repreneurs ne sont pas encore connus. Selon les représentants syndicaux, Covéa et Axa seraient hors jeu. La piste la plus sérieusement évoquée par la direction serait un acteur étranger. Le nom d'Allianz aurait été cité pendant le comité.

De plus, dans le cadre de cette cession, quid des 300 millions d'euros que la Caisse des dépôts (CDC) est censée injecter dans Gan Eurocourtage ? Si celle-ci est toujours résolue à les investir, ils ne sont pour l'instant pas débloqués. "Je m'interroge en tant que syndicaliste, mais aussi en tant que citoyen", déclare Philippe Goret, porte-parole de la CGT. Car la CDC va dépenser ses deniers pour soutenir une entreprise française, laquelle pourrait bien être rachetée par une société étrangère... "La CDC sera probablement très vite remboursée. Elle n'a plus aucune raison de rester dans l'aventure", affirme Martial Le Pennec.

Le volet social n'a pas encore été abordé. Pour la CFDT, un repreneur français conserverait moins de salariés qu'un repreneur étranger, du fait de la possibilité de réaliser des synergies. Sachant que la direction générale a pris des engagements vis-à-vis de représentants de l'Etat, qu'elle a rencontrés récemment, pour qu'il y ait le moins de dégâts possibles au niveau social. Selon la CGT, 2.500 à 3.000 salariés seraient concernés par l'opération, soit 5% à 7% de la masse salariale totale de Groupama. Un CCE doit de nouveau se réunir le 20 janvier.

Laura Fort

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