Espagne : la recapitalisation directe des banques se précise

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Le ministre espagnol des Finances Luis de Guindos, a déclaré vendredi 22 juin que l'option de recapitaliser directement les banques espagnoles directement par des mécanismes européens, sans passer par l'Etat, est sur la table.

L'option de recapitaliser directement les banques espagnoles, sans passer par l'Etat, est sur la table, a indiqué vendredi le ministre espagnol des Finances Luis de Guindos, quelques heures après un appel en ce sens lancé par la directrice du FMI, Christine Lagarde. "C'est une option ouverte en ce qui concerne l'Espagne", a affirmé M. De Guindos à son arrivée à une réunion avec ses homologues européens à Luxembourg.

L'idée de recapitaliser directement les banques espagnoles en passant par le FESF, le fonds de sauvetage de la zone euro,  puis son successeur, le Mécanisme européen de stabilité (MES), bute notamment sur les réticences de Berlin. Le gouvernement allemand s'y oppose et ne manque pas de rappeler que le mécanisme en vigueur prévoit que les banques en manque de capital s'adressent d'abord à leurs actionnaires, puis au gouvernement de leur pays, et que celui-ci, en dernière instance, se tourne vers le FESF ou le MES.

L'Europe a promis une aide de 100 milliards maximum

La zone euro a promis à Madrid un plan de sauvetage pouvant aller jusqu'à 100 milliards d'euros pour ses banques, et sans plan d'austérité en échange. Mais un recours de l'état espagnol au FESF ou au MES pour aider ses établissements de crédit en difficulté alourdirait la dette du pays, ce que Madrid cherche à éviter. Selon deux rapports d'audit rendus publics jeudi soir, les banques espagnoles auront besoin d'un maximum de 62 milliards d'euros, soit moins que l'enveloppe de 100 mds EUR proposée par l'union monétaire.


La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a exhorté jeudi soir la zone euro à aider ses banques les plus fragiles via une recapitalisation directe.
"Cela aiderait à mettre fin à la contagion entre crise bancaire et crise souveraine", a-t-elle estimé. A court terme également, la directrice du FMI a plaidé pour une politique monétaire "plus inventive" et "plus créative" de la Banque centrale européenne. "Si nécessaire, il faut avoir recours à des mesures non conventionnelles", a-t-elle avancé, citant notamment le programme de rachats d'obligations d'Etat en difficulté de la BCE (en sommeil depuis mi-mars) ou de nouvelles opérations de prêts illimités aux banques.

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Commentaires
a écrit le 23/06/2012 à 13:16 :
C'est bien. le gouvernement s'est rendu compte de son erreur signalée ici par mes soins. L'Espagne se tirait une balle dans le pied par son mécanisme complexe et stupide. Elle devra vendre de nombreuses grandes entreprises mais nous ne souhaitons pas les acheter en bloc et, selon le principe de concentration valable aussi dans ce pays, nous ne voulons absolument pas en acheter certaines qui n'ont aucun avenir. Le principe de financement extérieur permet donc de cadencer les achats alors que la faillite théorique de l'état outre le plus mauvais effet ajouté à l'obligation d'accepter un refinancement aurait l'inconvénient de faire tomber d'un seul coup les actifs disponibles. La France parmi les pays prédateurs obteient donc ce qu'elle veut. L'Espagne y gagne un répit et certainement la réélection du type qui a permis cette manoeuvre. Un intelligent, à sa manière.
Réponse de le 23/06/2012 à 13:46 :
je comprends rien Corso de ton commentaire.
a écrit le 23/06/2012 à 12:15 :
De Guindos, Lagarde et les amerlocs (ou leur ombre alias les anglais) peuvent aller, semble t il, se faire voir chez les grecs, en effet si on veut déconnecter le lien entre dettes souveraines et banques, que les banques espagnoles commencent par ne plus racheter de dette souveraine espagnole (elles en ont plein la gueule) d'après des premiers calculs au moins 200 à 250 milliards à rapporter au montant de l'aide espagnole envisagée de 60 à 100 milliards. Les procédés de De Guindos, sauf erreur, ancien banquier de Lehman Brothers sont scandaleux, ils ont pour vocation à tordre le bras d'Angela Merkel, lamentable. On peut légitimement se demander si l'aide aux banques que De Guindos et Rajoy veulent directe (à partir du FESF) sans passer donc par le FROB et la signature de l'Etat espagnol n'est pas un moyen pour justement permettre aux banques renflouées d'acheter encore plus de dette souveraine espagnole (outre le fait que ça ne viendrait pas se rajouter à la dette souveraine espagnole qui est en train de grimper à la verticale). Dans ce cas ça veut dire qu'on prend les allemands pour des imbéciles. En fait quand on voit, sauf erreur ou mal informé, ce qui se passe à la BCE (LTRO, modifications des critères de collateral pour admettre sans abattement des titres souverains mal notés...) on s'aperçoit qu'une grande opération de contournement des règles de la BCE est à l'oeuvre.

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