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Les banques françaises devront aller plus loin dans la réduction des coûts

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Publié le 30 août 2012 à 05:26

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Après la publications des résultats semestriels des grandes banques françaises, le cabinet Roland Berger prédit un durcissement de leurs plans de réduction des coûts en raison de la baisse de leurs revenus plus forte qu'attendue.

L'heure du bilan d'étape a sonné pour les banques françaises. Après la publication des résultats semestriels des grands acteurs, le cabinet Roland Berger fait le point sur la mise en ?uvre des plans d'adaptation auxquels tous les établissements se sont engagés afin de se conformer aux nouvelles exigences prudentielles réglementaires, de réduire leurs dépendance aux financements de marchés, bref de corriger les faiblesse de leurs bilans. Après analyse des situations des cinq grandes banques françaises (BNP Paribas, BPCE, Crédit Mutuel-CIC, Crédit Agricole, Société Générale) et des conséquences sur leurs performances de l'application des plans d'adaptation, Roland Berger fait six observations.

Des bilans qui se renforcent rapidement

La première conclusion de cette analyse est positive : "Toutes les grandes banques françaises sont bien avancées dans leur cure de renforcement de leur bilan", observe le cabinet soulignant que l'excédent de ressources MT (écart entre le montant du passif à plus d'un an et celui de l'actif à plus d'un an) qui a plus que doublé et un ratio crédit/dépôt en amélioration de 7 points à 123%, se rapprochant ainsi de la moyenne européenne.

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Pour Fabrice Asvazadourian, co-responsable mondial du centre de compétence Services Financiers, "les efforts d'optimisation des actifs pondérés cumulés à leur politique de renforcement du capital (par rétention de dividendes et/ou émissions de parts sociales notamment) les placent en bonne position pour atteindre au cours de l'année 2013 le ratio de 9% de "Core capital tier 1" selon Bâle 3 sans faire appel au marché". Il ajoute par ailleurs "que la majorité des banques est en avance sur les objectifs de refinancement 2012, avec un renforcement des émissions sécurisées, des placements privés mais aussi des émissions obligataires dans les réseaux propres".

Mais la performance économique des "activités c?ur" recule

La seconde conclusion de l'analyse de Roland Berger est plus nuancée. Si le renforcement des bilans est positif, il a eu pour conséquences de faire reculer le produit net bancaire des banques françaises au premier semestre. "Sur leurs activités-c?ur, c'est plus de 3 milliards d'euros de revenus en moins par rapport au premier semestre 2011. Comme les plans d'économies nécessitent un temps de latence avant de se traduire dans les comptes, la capacité bénéficiaire des activités-c?ur s'inscrit en net recul (près de 20%), et cela malgré un coût du risque qui reste bas", souligne Fabrice Asvazadourian.

La Banque de financement et d'investissement est fortement touchée

La branche banque de financement et d'investissement a été la plus touchée par ces plans d'adaptation avec des revenus en recul de près de 16% remarque Roland Berger. Au premier semestre, les activités de financement (en baisse de -24% par rapport au premier semestre 2011) ont particulièrement souffert de l'arrêt de certaines activités, de ventes de portefeuilles, ainsi que du coût accru de la liquidité, indique le cabinet.

Plus spécifiquement pour les activités de marchés de capitaux, les BFI françaises comme étrangères, subissent les conséquences de la crise de l'euro sur les marchés d'actions et de taux (-22% pour le Top 15 des BFI mondiales sur les 12 derniers mois). "Les BFIs sont prises en ciseau entre des changements de modèle métier non encore opérant et des actions de réduction de coûts qui commencent juste à produire leurs effets. Au vu des prévisions d'activité, et nonobstant quelques bons développements dans certains pays émergents notamment sur les solutions complexes, les plans d'économies annoncés en fin d'année dernière, qui se traduiront pleinement dans les comptes au deuxième semestre, risquent de ne pas suffire." commente Pierre Reboul, Senior Partner responsable du centre de compétences BFI.

La mauvaise surprise des activités de banque de détail en France

Mais, même en banque de détail en France, le produit net bancaire (PNB) s'affiche en baisse. Ce que Roland Berger qualifie de "demi-surprise du premier semestre". Pour le cabinet, il s'agit d'une première historique avec un PNB en recul de 1,5% par rapport au 1er semestre 2011. L'explication est à chercher du côté de la course aux dépôts (+7 des encours) qui permet d'alimenter la liquidité nécessaire à la croissance des crédits (+4%). "Plus un réseau a été dynamique en collecte de dépôts, plus son PNB s'inscrit en recul", observe Roland Berger en raison de la baisse des commissions sur l'épargne financière qui est le "corollaire" de la hausse des dépôts. " Les seuls réseaux ayant réussi à ne pas voir diminuer leur contribution économique sont ceux qui ont été les plus mesurés sur la collecte de dépôts et qui ont le mieux maîtrisé l'évolution de leur coûts", estime le cabinet.

Le coût du risque menace toujours de repartir à la hausse

Selon Cécile André, Partner chez Roland Berger, "au vu de la tension actuelle sur les délais de paiement et des prévisions économiques pour les 12/18 prochains mois, il va falloir que les banques françaises surveillent l'évolution de leur coût du risque". Les banques frnçaises ont déjà largement commencé à se montrer plus sélectives pour accorder des prêts, à réduire les durées, à demander des garanties. Ce qui pourraient rendre l'obtention de crédit beaucoup plus compliqué pour les entreprises les plus fragiles et les moins bien capitalisées. "Il faut espérer à la fois pour elles et pour leurs banquiers, que la création de la Banque Publique d'Investissement leurs apporte rapidement des solutions en (quasi-) fonds propres pour éviter qu'elles ne soient en grande difficulté", remarque Cécile André.

Réduire davantage les coûts

A coup de suppressions de postes, de fermeture d'implantations ou de cessions, principalement dans les activités de BFI mais aussi de gestion d'actifs ou de banque de détail à l'étranger, les plans de réduction de coûts annoncés ont été menés à bien par la majorité des grandes banques françaises. Mais pour Roland Berger, ce n'est pas suffisant car, "là où des plans de réduction de coûts ont été mis en ?uvre, ils ne sont souvent pas en ligne avec les baisses de revenu constatées dans ces métiers". De plus, selon le cabinet, les réductions de coûts ont été trop ciblées sur certaines branches d'activités. "Rares sont les métiers qui peuvent continuer à s'exonérer de conduire une telle démarche de réduction des coûts", estime-t-il. Pour Roland Berger, il est donc prévisible  que les grandes banques françaises "lancent de nouvelles démarches d'efficacité n'épargnant aucun métier cette fois-ci".

latribune.fr

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