Si les start-up françaises de l'industrie numérique parviennent aujourd'hui à se financer sans trop de peine, en partie grâce aux efforts des pouvoirs publics, trouver des capitaux demeure en revanche un parcours du combattant pour nombre de jeunes pousses issues d'autres secteurs. C'est notamment le cas de la filière agricole. "En dehors de la high-tech, de la santé et des cleantech, il existe très peu d'argent pour les jeunes entreprises qui ont besoin de 1 à 10 millions d'euros afin de financer leurs innovations", témoigne Jérôme Samson, directeur général de la société de gestion CapAgro SAS.
C'est ce constat d'une "absence quasi-complète d'investisseurs en
Ainsi doté de 37 millions d'euros, CapAgro Innovation espère porter ce montant à 60 millions d'ici au 15 avril 2015, date à laquelle s'achèvera la période de souscription du fonds. D'autres investisseurs, notamment des groupes d'agroalimentaire et de chimie, ainsi que des family offices (gestionnaires de fortunes familiales), pourraient en effet venir grossir les rangs des souscripteurs de CapAgro, précise le fonds. Ce dernier, qui aura une durée de vie de dix ans, investira des montants unitaires compris entre 1 et 5 millions d'euros dans une quinzaine de start-up, au total.
CapAgro Innovation ciblera principalement des jeunes pousses européennes, et plus particulièrement françaises, en phase de pré-commercialisation de produits et de services liés au recyclage des matières organiques, à la chimie du végétal et aux protéines végétales ou bien encore à la valorisation des richesses marines, trois des sept ambitions identifiées en 2013 par la Commission Innovation 2030, présidée par Anne Lauvergeon, ancienne patronne d'Areva.
insiste Jean-Baptiste Cuisinier, président de CapAgro SAS.
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Preuve que ce besoin de capitaux pour financer l'innovation dans la filière agro-industrielle est bien réel, le fonds a d'ores et déjà reçu quelque 90 dossiers de start-up depuis son premier "closing" de 37 millions d'euros, le 15 avril dernier. Et, en juillet, il a procédé à un premier investissement, de 1,5 million d'euros, dans LineaZen, en association avec le fonds Emertec, dans le cadre d'un tour de table de 2,4 millions d'euros au total. Basée à Amiens (Picardie), cette jeune pousse créée en 2010 est spécialisée dans le développement de systèmes en bois destinés à la construction d'immeubles, une activité qui valorise notamment le hêtre produit dans l'Est de la France. Deux ou trois autres investissements devraient suivre d'ici à la fin de l'année, Jérôme Samson confiant avoir "plusieurs fers au feu, dont certains sont très chauds."
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