Start-up agro-industrielles recherchent capitaux désespérément

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Les industries liées à la production et à la transformation de la biomasse ont souffert d'un manque d'investissement dans l'innovation, ces dernières années. REUTERS.
Les industries liées à la production et à la transformation de la biomasse ont souffert d'un manque d'investissement dans l'innovation, ces dernières années. REUTERS. (Crédits : Cédric Helsly)
Lancé par les industriels Sofiprotéol et Tereos, alliés à Bpifrance, le fonds de capital-risque CapAgro Innovation investira dans de jeunes pousses de la filière agricole, jusqu’alors délaissée par les financiers.

Si les start-up françaises de l'industrie numérique parviennent aujourd'hui à se financer sans trop de peine, en partie grâce aux efforts des pouvoirs publics, trouver des capitaux demeure en revanche un parcours du combattant pour nombre de jeunes pousses issues d'autres secteurs. C'est notamment le cas de la filière agricole. "En dehors de la high-tech, de la santé et des cleantech, il existe très peu d'argent pour les jeunes entreprises qui ont besoin de 1 à 10 millions d'euros afin de financer leurs innovations", témoigne Jérôme Samson, directeur général de la société de gestion CapAgro SAS.

 C'est ce constat d'une "absence quasi-complète d'investisseurs en capital-innovation" dans le secteur agro-industriel qui a conduit Sofiprotéol, fabricant de l'huile Lesieur, le groupe sucrier Tereos, Bpifrance (la banque publique d'investissement), Crédit Agricole Capital-Investissement & Finance (Cacif) et l'assureur AG2R-La Mondiale à lancer, le 9 septembre, le fonds de capital-risque CapAgro Innovation, géré par CapAgro SAS. Les deux industriels et Bpifrance ont apporté chacun 10 millions d'euros à CapAgro Innovation, Cacif et AG2R investissant respectivement 5 millions et 2 millions d'euros.

 Une force de frappe de 60 millions d'euros à terme

Ainsi doté de 37 millions d'euros, CapAgro Innovation espère porter ce montant à 60 millions d'ici au 15 avril 2015, date à laquelle s'achèvera la période de souscription du fonds. D'autres investisseurs, notamment des groupes d'agroalimentaire et de chimie, ainsi que des family offices (gestionnaires de fortunes familiales), pourraient en effet venir grossir les rangs des souscripteurs de CapAgro, précise le fonds. Ce dernier, qui aura une durée de vie de dix ans, investira des montants unitaires compris entre 1 et 5 millions d'euros dans une quinzaine de start-up, au total.

 CapAgro Innovation ciblera principalement des jeunes pousses européennes, et plus particulièrement françaises, en phase de pré-commercialisation de produits et de services liés au recyclage des matières organiques, à la chimie du végétal et aux protéines végétales ou bien encore à la valorisation des richesses marines, trois des sept ambitions identifiées en 2013 par la Commission Innovation 2030, présidée par Anne Lauvergeon, ancienne patronne d'Areva.

 Un premier investissement dans la start-up picarde LineaZen

 "Les industries liées à la production et à la transformation de la biomasse [matière organique d'origine végétale ou animale ; Ndlr] ont souffert d'un manque d'investissement dans l'innovation, ces dernières années. Pourtant, porteuses de développement durable, en général non délocalisables et fortement contra-cycliques, ces industries sont d'une importance stratégique, en France et en Europe",

insiste Jean-Baptiste Cuisinier,  président de CapAgro SAS.

 Preuve que ce besoin de capitaux pour financer l'innovation dans la filière agro-industrielle est bien réel, le fonds a d'ores et déjà reçu quelque 90 dossiers de start-up depuis son premier "closing" de 37 millions d'euros, le 15 avril dernier. Et, en juillet, il a procédé à un premier investissement, de 1,5 million d'euros, dans LineaZen, en association avec le fonds Emertec, dans le cadre d'un tour de table de 2,4 millions d'euros au total. Basée à Amiens (Picardie), cette jeune pousse créée en 2010 est spécialisée dans le développement de systèmes en bois destinés à la construction d'immeubles, une activité qui valorise notamment le hêtre produit dans l'Est de la France. Deux ou trois autres investissements devraient suivre d'ici à la fin de l'année, Jérôme Samson confiant avoir "plusieurs fers au feu, dont certains sont très chauds."

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Commentaires
a écrit le 11/09/2014 à 10:32 :
Je suis satisfait des action de BPI France, j'avais proposé cette idée sur le site de Ségolène Royale lors de la présidentielle de 2007 ..... Enfin un bon outil de politique industrielle Français : Les capitaux ne font pas défaut en France il faut juste qu'ils soient bien investis ... c'était là mon idée !!! J'espère qu'elle continuera à être gérée ...
a écrit le 10/09/2014 à 23:06 :
La fiscalité sur le capital est trop importante. C'est difficile pour des socialistes purs produits de l'administration de comprendre le fonctionnement d'une entreprise et de son financement !
a écrit le 10/09/2014 à 19:22 :
La fiscalité incite à placer son épargne dans l'immobilier et notamment dans sa résidence principale dont la revente avec plus-value est totalement exonérée d'impôts et de cotisations sociales, quel que soit le montant de cette plus-value, tandis que le loyer virtuel économisé n'est pas fiscalisé non plus. Il n'y a donc guère de raison d'investir dans des PME innovantes plutôt que dans sa résidence principale, puisque là d'éventuels dividendes comme une éventuelle plus-value seront fortement fiscalisées nonobstant les abattements pour durée de détention qui ne s'appliquent pas aux prélèvements sociaux.
a écrit le 10/09/2014 à 18:36 :
Pourquoi plutôt que 10 unités créé vu que la cause est agri ne pas faire une plateforme unique avec une mutualisation des actifs car il dois malgré tous avoir du matériel chère commun (pour but: agri) qui ne peu être économiquement viable que par la forme de grosse scructure ...un mec sans diplôme et sans tune et c'est bien dommage un les génies....
a écrit le 10/09/2014 à 18:29 :
Pourquoi plutôt que dix

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