Amende de 5 millions d'euros contre Bloomberg pour avoir relayé une fausse information sur Vinci

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(Crédits : PHILIPPE WOJAZER)
L'agence américaine avait été bernée un communiqué de presse frauduleux, qui annonçait de prétendues irrégularités dans les comptes du groupe de BTP.

Le régulateur boursier français a requis vendredi une amende de 5 millions d'euros contre l'agence américaine Bloomberg pour diffusion d'une fausse information qui avait fait chuter le titre Vinci il y a trois ans, une sanction jugée "disproportionnée" par le média, qui souligne avoir été "une victime" dans cette affaire.

Le représentant du collège de l'Autorité des marchés financiers a réclamé une sanction de "cinq millions d'euros contre Bloomberg L.P", qui a comparu devant la commission des sanctions du régulateur boursier vendredi, a indiqué l'AMF.

L'affaire remonte à trois ans, en novembre 2016, quand l'agence financière Bloomberg avait diffusé une fausse information sur la base d'un communiqué de presse frauduleux qui avait annoncé de prétendues irrégularités dans les comptes du groupe de BTP Vinci ayant entraîné prétendument le licenciement de son directeur financier.

Dans la foulée, l'action Vinci s'était effondrée de plus de 18%. Le groupe avait alors rapidement démenti puis déposé plainte "contre X" au parquet national financier pour actes de "diffusion de fausses informations de nature à agir sur les cours", "escroquerie en bande organisée" et "contrefaçon d'oeuvre de l'esprit".

Le gendarme de la Bourse avait annoncé dès le lendemain du couac médiatique mener une enquête afin de "déterminer toutes les responsabilités" après ce "grave dysfonctionnement du marché".

Plusieurs médias avaient relayé cette fausse information d'origine inconnue diffusée par les agences de presse Bloomberg et Dow Jones.

Le communiqué frauduleux avait été reçu également par l'AFP, qui n'avait pas donné suite après s'être aperçue que ce document avait été mis en ligne sur un site internet miroir, très similaire du vrai site mais avec une adresse distincte (vinci.group et non vinci.com). Ce communiqué avait même été signé du nom du véritable responsable des relations presse de Vinci, tout en renvoyant à un faux numéro de téléphone portable.

Vendredi soir, l'agence Bloomberg a jugé que "la sanction proposée aujourd'hui par le Collège de l'AMF est sans précédent et disproportionnée", dans une réaction transmise à l'AFP.

"Nous sommes fermement convaincus que Bloomberg News n'a manqué à aucune disposition légale régissant les marchés financiers", affirme-t-elle.

"Dans l'affaire Vinci, le 'hoax' (fausse information propagée par messagerie électronique, ndlr) extrêmement sophistiqué a momentanément trompé un certain nombre de journalistes, dont certains chez Bloomberg News. Seulement quelques minutes après la publication du faux communiqué par différents organes de presse financiers, Bloomberg News a été le premier à publier un rectificatif", indique l'agence.

Elle estime avoir été, "comme l'entreprise qui était visée et les autres organes de presse impliqués, une victime de ce hoax".

"Bloomberg News a toujours pris très au sérieux la cybercriminalité et dispose de procédures internes robustes et complètes afin de lutter contre cette menace sans cesse grandissante. L'impartialité et l'exactitude sont cruciales pour le journalisme et nous nous efforcerons toujours d'offrir à nos lecteurs un contenu de la plus haute qualité", conclut l'agence.

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Commentaires
a écrit le 18/11/2019 à 9:47 :
La recette de la matinée et encore...
a écrit le 17/11/2019 à 11:38 :
Bloomberg est coutumié de ce genre de boulette, surtout ne pas lui faire de cadeau !
a écrit le 17/11/2019 à 10:40 :
Le coup des comptes frauduleux a été refait à de nombreuses reprises depuis avec entre autre Casino, Solutions 30, Wirecard, Altran...les vendeurs à découvert font de juteux profits.
a écrit le 16/11/2019 à 19:40 :
Ne pas oublier non plus que Bloomberg a relayé toutes les allégations du vendeur à découvert Carson Block de Muddy Waters contre le Groupe Casino( Monoprix,Go Sport ) et Rallye n 2015 et plus tard.
De ce fait le Groupe Caisno a été le groupe européen le plus attaqué en Bourse entre 2015 et 2018.
Je me demande si certains journalistes de la presse financière anglo-saxonne ne sont pas directement "intéressés" à ce que des titres flambent ou s'effondrent .
Réponse de le 16/11/2019 à 23:25 :
Quand on voit les résultats du groupe aujourd’hui...Pas betes les mecs
a écrit le 16/11/2019 à 10:02 :
disproportionne?
ils publient n'importe quoi au nom de la ' liberte de presse', et les consequences sont disproportionnees???????????
et c'est quoi les consequences quand la presse publie des conneries sur les entreprises ou sur les gens?

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