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"EnterNext doit être le trait d'union entre les PME innovantes et les investisseurs"

Photo de Christine Lejoux

Propos recueillis par Christine Lejoux

Publié le 08 décembre 2015 à 12:30 - Mis à jour le 08 décembre 2015 à 14:13

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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EnterNext, la filiale de la Bourse paneuropéenne Euronext dédiée aux PME et aux ETI, organise ce mardi 8 décembre la deuxième édition de sa conférence sur le financement des sociétés high-tech. Eric Forest, PDG d'EnterNext, dresse un premier bilan des initiatives lancées ces derniers mois pour inciter les sociétés technologiques françaises à recourir davantage aux marchés financiers.

LA TRIBUNE - La deuxième édition de votre conférence "EnterNext Tech" se déroule ce mardi 8 décembre. Quel bilan tirez-vous de la première, qui avait eu lieu il y a un an ?

ERIC FOREST - L'objectif de cette conférence était de sensibiliser les sociétés technologiques au financement par la Bourse. Or, pour les amener à recourir davantage aux marchés, il est nécessaire d'améliorer leur visibilité auprès des investisseurs. Le rôle d'EnterNext est précisément d'être le trait d'union entre les entreprises technologiques et les investisseurs. Dans cette perspective, nous avions annoncé plusieurs initiatives il y a un an, que nous avons toutes mises en place. A commencer par le partenariat avec Morningstar, effectif depuis le mois d'avril, et qui fournit aux investisseurs des analyses financières quantitatives gratuites sur les 330 valeurs technologiques cotées sur les quatre marchés d'EnterNext (Paris, Bruxelles, Amsterdam, Lisbonne).

Toujours pour favoriser les rencontres entre startups et investisseurs, nous avons lancé début mai le label Tech 40, qui regroupe 40 sociétés sélectionnées par un comité d'experts indépendants, lesquelles bénéficient durant un an d'un dispositif de promotion spécifique, notamment via des "road shows" auprès des investisseurs. D'ailleurs, dans le cadre de notre deuxième conférence EnterNext Tech, qui se déroule aujourd'hui, 20 sociétés du label Tech 40 auront l'opportunité de rencontrer des investisseurs, 130 rendez-vous étant programmés cet après-midi. Quant à TechShare, notre programme de formation aux marchés financiers destiné à 30 dirigeants de startups non cotées, et lancé en septembre, il affiche un taux de présence des entrepreneurs de l'ordre de 100% à ses différentes sessions techniques et de coaching.

Il y a un an, vous aviez également annoncé la création d'un site Internet dédié aux entreprises technologiques. Où en est ce projet ?

Nous le lançons justement aujourd'hui. Dénommé "Enter the Next stage", ce site a lui aussi pour objectif de renforcer la visibilité des entreprises technologiques auprès des investisseurs. Il comprendra un fil d'informations sur les sociétés et les secteurs technologiques, la liste des 330 valeurs technologiques cotées sur nos marchés avec les analyses de Morningstar. S'y ajoutera "Next factory", un ensemble d'études sur les secteurs technologiques, leurs tendances de marché, qui seront fournies par nos partenaires. Enfin, "Enter the Next stage" rappellera nos propres initiatives en faveur des entreprises technologiques, comme le programme TechShare.

Les sociétés technologiques opérant par nature sur des métiers relativement nouveaux, qui évoluent très rapidement, il faut effectuer un travail de pédagogie important auprès des investisseurs. C'est également dans cette optique que nous avons lancé en avril les "Pitch Tech Days", qui auront lieu deux à trois fois par an, et au cours desquels six ou sept sociétés d'un même secteur technologique -les objets connectés, par exemple- présenteront aux analystes et aux investisseurs non pas leurs objectifs financiers mais leurs produits et leur stratégie de développement.

Quel bilan dressez-vous des déclinaisons de la conférence EnterNext Tech en régions ?

Au cours des douze derniers mois, nous avons décliné cette conférence à Bordeaux, Lille, Lyon, Montpellier, Nantes et Toulouse. Ces événements ont réuni quelque 2.000 participants au total, dont une belle proportion d'entrepreneurs venus s'informer sur les possibilités de financement par la Bourse, ce qui montre bien l'intérêt du sujet. Nous avons d'ailleurs décliné la conférence EnterNext Tech sur nos marchés étrangers, au Benelux et au Portugal.

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Dans le sillage de ces initiatives, combien de sociétés technologiques se sont cotées sur EnterNext, cette année ?

Depuis le 1er janvier, 27 entreprises technologiques se sont cotées sur nos quatre marchés, en levant un total de 924 millions d'euros. Il s'agit là d'une très belle progression, puisque nous avions accueilli l'an dernier 27 sociétés technologiques également, mais pour un total de 555 millions d'euros levés. Plus largement, si l'on ajoute les augmentations de capital et les émissions obligataires des sociétés existantes, les entreprises technologiques ont levé 1,8 milliard d'euros depuis le début de l'année, un montant très significatif. Sur l'ensemble de l'année, les fonds levés devraient ainsi excéder les 2,2 milliards d'euros de l'an dernier. La société française Parrot, spécialisée dans les produits technologiques sans fils, a par exemple annoncé un projet d'augmentation de capital de l'ordre de 300 millions d'euros, un montant jusqu'alors jamais atteint pour financer le développement d'une entreprise technologique par les marchés.

Comment analysez-vous les reports des introductions en Bourse de Deezer et d'Oberthur ? Faut-il y voir encore une frilosité des investisseurs européens face aux valeurs technologiques ?

Les reports de ces opérations ont certes été une déception, mais ils traduisent une sélectivité très importante de la part des investisseurs, qui analysent chaque entreprise au cas par cas. Cette sélectivité est saine car elle doit permettre d'éviter les effets de bulle, qui, au passage, n'existent pas sur nos marchés européens. Par ailleurs, parallèlement à ces reports, la société Showroomprivé, elle, est allée jusqu'au bout de son processus d'introduction en Bourse, en levant 230 millions d'euros, ce qui prouve que les fonds de capital-risque peuvent espérer de belles sorties pas seulement sur les marchés américains, mais également sur les marchés européens. C'est important, quand on sait que 100% des sociétés technologiques innovantes ont au moins un fonds de capital-risque dans leur capital.

Plus largement, quel bilan faites-vous d'EnterNext, depuis son lancement en mai 2013, qui visait à replacer la Bourse comme outil de financement des PME et des ETI ?

Il s'agit d'un travail de longue haleine, nous avons énormément avancé en moins de trois ans. Tous secteurs d'activité confondus, nous avons accueilli 30 nouvelles sociétés sur nos marchés depuis le début de l'année 2015, pour un total de 1,130 milliard d'euros levés, contre 740 millions en 2014. Le seul marché parisien a enregistré cette année 23 introductions en Bourse, pour 660 millions d'euros levés, contre 530 millions en 2014. Nous éprouvons donc, sinon un sentiment de fierté, du moins une véritable satisfaction.

Quelle sera votre stratégie pour 2016 ?

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Nous resterons très axés sur le financement des sociétés innovantes mais nous déploierons également des initiatives particulières en faveur des entreprises familiales, qui sont des candidates pertinentes au financement par les marchés financiers. En témoigne la récente introduction en Bourse de la société alsacienne Poulaillon, spécialisée dans la boulangerie et la restauration, qui a levé 6 millions d'euros, et qui est dirigée par son fondateur et ses enfants.

Propos recueillis par Christine Lejoux

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