L’envol du CAC 40 au-dessus des 7.000 points promet une fin d’année fastueuse

L’indice de la place de Paris a largement cassé son précédent record historique de septembre 2000. Il clôture ainsi à 7.040,79 points, en hausse de 0,76%. Les nuages se sont rapidement dissipés face à la solidité des résultats des entreprises, la vigueur de la reprise, notamment en France, et le soutien toujours présent des banques centrales.

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Le CAC s'est installé vendredi bien au-dessus des 7.000 points.
Le CAC s'est installé vendredi bien au-dessus des 7.000 points. (Crédits : CHARLES PLATIAU)

Record battu. Le CAC 40, indice de référence de la place de Paris, a clôturé vendredi soir au-dessus des 7.000 points, un seuil symbolique d'ailleurs aisément franchi en matinée. Et maintenant ? « Je ne vois pas très bien ce qui pourrait faire chuter les marchés actions », nous confie un gérant action, très optimiste pour cette fin d'année.

La question des valorisations, plus élevées que la moyenne historique sur la zone euro, est vite balayée par la bonne tenue des résultats trimestriels des entreprises - le quatrième trimestre devrait même profiter d'un effet de base encore plus favorable - et par le discours toujours accommodant de la Fed et de la Banque centrale européenne, qui écartent toujours tout scénario de hausse des taux directeurs en 2022. Seul bémol, fin septembre, la prévision médiane des directeurs de la Fed (FOMC) prévoyait des taux d'intérêt à 0,3 % fin 2022 (contre 0% à 0,25% actuellement).

Même si la Fed engage son programme de réduction de ses achats à partir de novembre, le ton reste donc dovish (plus favorable à la croissance qu'à la lutte contre l'inflation) et le resserrement monétaire, pourtant anticipé par les marchés qui intègrent une hausse des taux dès l'année prochaine, ne semble toujours pas à l'ordre du jour.

Les nuages se dissipent

Bien sûr, les marchés aiment à se faire peur. L'inflation ? Toujours temporaire, répondent les banques centrales, même si le temporaire dure plus longtemps que prévu. Même la Banque d'Angleterre a renoncé, à la surprise du marché, à augmenter ses taux jeudi dernier. Il faudra certes garder un œil sur les salaires, qui commencent à s'emballer aux États-Unis.

Les pénuries ? Également temporaires si l'on en croit la normalisation de la consommation aux États-Unis en faveur des services, et moins sur les biens manufacturés. De fait, l'essentiel de la reprise de la consommation, alimentée par les excédents d'épargne s'était davantage porté jusqu'ici sur l'iPhone que sur le restaurant ou le séjour touristique.

Éclatement d'une bulle ? Certes, les investisseurs sont bullish (ils parient sur un marché haussier) et 2021 sera sans doute une année record pour les flux entrants sur les fonds actions. C'est pourquoi, depuis l'été, chaque consolidation du marché est vite mise à profit par les investisseurs pour reprendre du risque sur les actions à meilleur marché, ce qui fait repartir à la hausse les indices. Seul le spectre d'une récession pourrait provoquer un mouvement de panique. Mais aucun signe macroéconomique ne plaide en faveur d'un brusque arrêt de la machine.

Le scénario est bien celui d'une croissance plus modérée en 2022, mais une croissance suffisamment forte pour séduire les actions. Enfin, la prime de risque est actuellement sur sa moyenne historique, autour de 6% en zone euro, ce qui ne traduit aucune euphorie excessive, à l'image des années 2000 avant l'éclatement de la bulle internet. Et puis il y a les taux, toujours très bas (contrairement à l'an 2000), qui valorise mécaniquement les valeurs de croissance par le simple jeu de l'actualisation. Ils peuvent monter mais ils resteront bourso-compatible car aucune banque centrale prendra le risque de mettre les États en difficulté face à un endettement abyssal.

Un CAC dividendes réinvesti qui a doublé depuis 2000

Enfin, comparaison n'est pas toujours raison. Rapprocher les 7.000 points de l'an 2.000 avec celui d'aujourd'hui pour prédire un retournement violent n'a guère de sens tant les environnements sont différents. La mondialisation est passée par là et les entreprises, notamment les géants du numériques, dégagent du profit, beaucoup de profits.

Il y a bien longtemps d'ailleurs que le CAC 40, dividendes réinvestis, pulvérise ses propres records ! Il dépasse même ce vendredi les 20.000 points - son précédent record - ce qui représente un doublement de cet indice depuis septembre 2000. Sur les dix dernières années, cet indice (dont personne ne se sert) a été multiplié par 3, soit une performance annuelle de près de 12%.

2021 s'annonce donc une année boursière exceptionnelle. La fin d'année devrait même être tirée par le relèvement du consensus sur les objectifs 2021. Reste que les allocations de portefeuilles demeurent globalement neutres (c'est-à-dire prudentes) sur les actions, compte tenu des valorisations, ce qui devrait permettre d'éviter tout emballement. Surtout que les gérants auront à cœur de sanctuariser leurs performances de l'année (et leur bonus) et de passer de bonnes fêtes de fin d'année.

L'année 2022 s'annonce plus compliquée avec une croissance qui doit ralentir et un effet de base qui sera beaucoup moins favorable. Mais, pour l'heure, c'est une autre histoire que personne n'a envie d'entendre.

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Commentaires 8
à écrit le 05/12/2021 à 9:33
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Je ne vois pas très bien ce qui pourrait faire chuter les marchés actions », nous confie un gérant action, très optimiste pour cette fin d'année !!!!!!! Bah le variant Omicron

à écrit le 05/12/2021 à 9:33
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Je ne vois pas très bien ce qui pourrait faire chuter les marchés actions », nous confie un gérant action, très optimiste pour cette fin d'année !!!!!!! Bah le variant Omicron

à écrit le 07/11/2021 à 11:06
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Les parents du jeune modérateur qui s'amuse sur le fil sont demandés à l'accueil: "https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/inflation-les-gouvernements-pris-a-leur-propre-piege-895724.html"

à écrit le 07/11/2021 à 9:08
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Cela devrait être une bonne nouvelle mais entre le dumping fiscal et le dumping social qu'ils ont institutionnalisés cela ne l'est pas du tout et de moins en moins. Nietzsche nous avait prévenu, plus on possède et plus on est possédé. C'est rare d'en...

à écrit le 06/11/2021 à 9:58
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Dont acte. À suivre.

à écrit le 06/11/2021 à 6:20
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Que du bonheur boursicoteur depuis 40 ans la bourse pour qui sait se se tenir sans panique est un placement plus que juteux

à écrit le 06/11/2021 à 2:03
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Il est urgent de se calmer vu les déficits publiques du pays

à écrit le 05/11/2021 à 19:42
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