Alors que la dégradation de plusieurs indicateurs économiques de la quatrième ville d’Eure-et-Loir a provoqué son placement en avril dernier sous surveillance des services de l’Etat, le maire sans étiquette de Châteaudun, Fabien Verdier, affiche sa sérénité. Il dénonce une opération montée de toute pièce par l’opposition municipale qui a alerté fin septembre sur la situation financière de la ville.
Châteaudun fera-t-il partie à moyen terme des rares villes françaises à se retrouver en défaut de paiement ? Christophe Seigneuret, chef de l'opposition municipale, a tiré la sonnette d'alarme le 29 septembre dernier. Selon lui, la dette de la ville de 13.000 habitants, qui était de 22 millions d'euros en 2020, au début du mandat du maire actuel, atteindrait en fin d'année 24 millions d'euros.
Plus préoccupant encore, au lieu de régresser grâce à un plan d'apurement, sa trajectoire se situerait entre 27 et 28 millions d'euros à la fin du mandat de Fabrice Verdier en 2026.
73 ans pour rembourser la dette casteldunoise ?
« Alors que l'endettement moyen par habitant des communes de taille comparable se situe à 800 euros, il est de 1.700 euros environ à Châteaudun, assure Christophe Seigneuret. En cause, des dépenses de fonctionnement qui continuent à augmenter alors que les recettes provenant des entreprises sont en berne, faute d'attractivité de la ville. Au rythme actuel, il faudrait 73 ans pour rembourser la dette ». La baisse de la fiscalité des particuliers, qui était une promesse de campagne du maire, limiterait également les marges de manœuvre financières de la ville, toujours d'après l'opposant.
Face à ce tir groupé, Fabien Verdier récuse les accusations de situation économique délétère de sa ville. « Nous avons hérité d'une situation financière très difficile, marquée par une dette de 23 millions d'euros, aggravée par la crise sanitaire et la hausse importante des coûts énergétiques, argue le premier édile. Malgré cela, nous avançons avec une direction précise pour l'apurer, et le budget 2024 est à l'équilibre ».
Au plan de l'attractivité économique, Fabien Verdier souligne par ailleurs que Châteaudun a réussi à attirer de grandes enseignes commerciales comme Burger King, Aldi, Boulangerie Ange et Mondial Pare-Brise.
Face aux arguments du maire de Châteaudun, la préfecture d'Eure-et-Loir, qui a placé en avril dernier la ville sous surveillance avec l'appui de la Cour régionale des comptes, adapte un silence prudent. Elle n'a souhaité faire aucun commentaire auprès de La Tribune.
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