Après s'être désengagé de près d'une dizaine de pays d'Europe de l'Est, le groupe français s'est recentré sur trois marchés où il occupe une position stratégique et affiche une croissance rentable.De vastes open spaces et des murs jonchés de Post-it de toutes les couleurs. Des cuisines ouvertes et des espaces conviviaux en guise de salles de réunion. Un bâtiment économe en énergie et une dizaine de ruches sur le toit. La visite du nouveau siège de la banque Komercni Banka (KB), situé à Stodulky en périphérie de Prague, tranche avec celle de son siège historique, qui abrite un dédale de couloirs, un hall Art déco et même un pater-noster, ces ascenseurs perpétuels très répandus au XIXe siècle faits d'une chaîne de cabines ouvertes dans lesquelles les passagers montent ou descendent sans qu'ils ne s'arrêtent.
Un succès indéniable
Le bâtiment hypermoderne qui accueille chaque jour quelque 2500 employés est le vaisseau amiral de Komercni Banka, la troisième banque de la République tchèque avec près de 350 agences et 7200 collaborateurs, mais dont peu d'habitants savent qu'elle est aux mains d'un grand groupe français. « Société Générale a acquis 60 % du capital de KB en 2001. C'était à l'époque une banque publique. C'était une banque old school. À la suite d'énormes efforts de transformation, elle est devenue un exemple en termes de vélocité et d'agilité. KB est le succès le plus indéniable de notre stratégie de développement à l'international », vante Philippe Heim directeur général délégué de Société Générale, notamment chargé des activités de banque de détail à l'international.
L'acquisition de KB en 2001 est le fruit d'une politique de croissance impulsée par Société Générale au début des années 2000. « Le groupe avait besoin de grossir, nous étions trop petits. C'était le ressenti peu après l'OPA de BNP sur Société Générale en 1999 », raconte Philippe Heim. Commence alors une période d'acquisitions frénétiques pendant laquelle la banque pousse ses pions en Europe de l'Est. Mais cette stratégie de croissance externe se heurte à la crise financière de 2008, empêchant Société Générale d'obtenir une taille critique dans ces marchés.
Juliette Raynal, à Prague