L'évolution du Bitcoin et des ICO surveillée de près par le Conseil de stabilité financière

Cryptomonnaies capitalisation volatilité FSB
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Cryptomonnaies capitalisation volatilité FSB
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A la veille du G20 Finances, qui se tient samedi 21 et dimanche 22 juillet à Buenos Aires, le Bitcoin, les cryptomonnaies ou crypto-actifs reviennent à l'ordre du jour des grands financiers de la planète. Le Conseil de stabilité financière (Financial Stability Board, FSB), instance internationale qui coordonne les régulateurs financiers au sein du G20, a dévoilé ce lundi 16 juillet son cadre de "surveillance attentive" des risques liés aux cryto-actifs en général, les monnaies virtuelles comme le Bitcoin et autres "tokens" ou jetons numériques émis dans le cadre de levées de fonds (Initial Coin Offerings ou ICO).
Les ministres et gouverneurs de banques centrales du G20 lui avaient demandé en mars dernier de présenter ses travaux sur le sujet d'ici à juillet. Le FSB ne se montre pas alarmiste, mais il insiste sur la nécessité de surveiller de près l'évolution des crypto-actifs, en particulier pour prévenir les risques de contagion.
L'objectif de ce cadre est "d'identifier à temps toute préoccupation émergente concernant la stabilité financière" et les potentiels canaux de transmission des marchés de "crypto" au reste du système financier.
La capitalisation cumulée des crypto-monnaies approche actuellement des 270 milliards de dollars, dont 113 milliards pour le seul Bitcoin, selon les données de Coinmarketcap, En janvier dernier, elle avait grimpé à plus de 800 milliards de dollars. Des encours certes "très faibles au regard de la taille des systèmes financiers mondiaux : 1,5% seulement de la capitalisation de marché de l'indice S&P 500 et 5,5% de la valeur totale du marché de l'or" soulignait récemment le rapport de Jean-Pierre Landau.
La volatilité des cours des cryptomonnaies dépasse de très loin celle de tous les autres actifs. Si les marchés des monnaies virtuelles et les marchés boursiers ne sont pas directement liés, on a observé ces derniers mois des formes de corrélation troublantes, le pic du Bitcoin a précédé de peu celui du Dow Jones, en février le mini-krach a touché aussi bien les actions que les "crypto"; lorsque l'indice dit "de la peur", le VIX, augmente, le Bitcoin a tendance à chuter. Les investisseurs ont-ils tendance à se délester de leurs crypto-actifs (plus risqués, ou sur lesquels ils sont en plus-value) lorsque les actifs plus tangibles baissent ? Les effets de panique seraient démultipliés sur les marchés crypto moins liquides ?
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Le FSB n'apporte pas de réponse sur ces éventuels effets de richesse, à la hausse ou à la baisse. Mais il souligne que les données de marchés sur les crypto-monnaies, prix, volumes d'échange et volatilité, peuvent faire l'objet de manipulations par le biais de pratiques pourtant prohibées comme le "wash trading" (achat et vente simultanés du même actif pour créer une activité de marché trompeuse), le "spoofing" (placement d'ordres révoqués juste avant leur exécution) ou le "pump and dump" (achats coordonnés pour faire gonfler artificiellement la valeur d'un alt coin et revendre avant la baisse).
Le Conseil de stabilité financière va aussi surveiller de près les liens directs entre acteurs établis du système et le monde des "crypto", qui se mélangent assez peu : les startups de l'univers de la Blockchain en France se plaignent d'ailleurs de rencontrer des difficultés à ouvrir simplement un compte en banque.
Les banques se sont montrées très frileuses jusqu'ici à l'égard des crypto-monnaies, certaines refusant même les paiements de leurs clients en carte bancaire sur les plateformes d'échanges. Toutefois, Goldman Sanchs a ouvert un desk de trading sur les crypto-monnaies, dans un premier temps pour les contrats "futures", les dérivés. Le FSB va donc surveiller aussi les indicateurs sur les dérivés. Il va également essayer de mesurer les "effets de confiance" liés à la volatilité ou à des cas de fraude sur les crypto-actifs.
L'autre sujet de vigilance pour le Conseil de stabilité financière concerne les plateformes d'échanges.
Problème : jusqu'ici, il n'y a pas de définition uniforme des crypto-actifs (des valeurs mobilières, des matières premières, d'autres instruments financiers) dans le monde, ni du statut de ces plateformes, qui peuvent être considérées comme des infrastructures de paiement, des bourses au comptant, un autre type d'intermédiaire financier.
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En France, le rapport Landau a justement préconisé de mettre en place une "BitLicense", un agrément unique pour ces plateformes, au niveau national puis européen, sur le modèle de ce qui existe à New York.
Le G20 ne devrait cependant sans doute pas trancher d'ores et déjà sur une direction à prendre en matière de crypto-actifs, si ce n'est de maintenir une vigilance certaine.
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