Levées de fonds en crypto : la France sera « la 1re au monde » à avoir une réglementation sur les ICO

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Michael Wuensch / CC (Pixabay)

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Michael Wuensch / CC (Pixabay)
Le projet de loi Pacte (Plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises) comprendra toute une série de dispositions, dont certaines très attendues des milieux financiers et de la communauté des enthousiastes des crypto-actifs, le terme qui fait désormais consensus pour parler du Bitcoin et de toutes les "monnaies virtuelles" et autres "tokens" (jetons numériques). Un volet traitera des Initial Coin Offerings (ICO), les "offres initiales de jetons", des levées de fonds en crypto-actifs qui ont un succès grandissant mais pas du tout encadrées à ce jour.
Le projet de loi devrait être présenté en conseil des ministres en juin, examiné au Parlement à la rentrée, l'objectif étant un vote avant la fin de l'année, ou juste après.
L'Autorité des marchés financiers (AMF), qui travaille sur le sujet depuis un an et demi, s'attend à une entrée en vigueur des textes « dès le début 2019".
Le phénomène reste modeste en France : s'il y a eu près de 900 ICO dans le monde l'an dernier pour 3,8 milliards de dollars levés, le président de l'AMF Robert Ophèle avait indiqué que près de 40 projets d'ICO avaient été présentés à l'Autorité en tout sur l'année 2017 et au premier trimestre 2018.
Le gouvernement « souhaite que la place de Paris puisse faire preuve d'innovation » ce qui passe par « un cadre souple pour les émissions initiales de jetons » a plaidé le représentant du Trésor.
Les porteurs de projets pourront aller voir l'AMF pour obtenir un « tampon », un visa optionnel, qui leur apportera de la « crédibilité ». Le Wall Street Journal a enquêté sur 1.450 ICO et constaté que près de 20% étaient des arnaques, avec de fausses équipes, des usurpations d'identité, des copiés-collé de documents, etc.
La directrice des affaires juridiques de l'AMF a souligné que la demande d'encadrement est venue des porteurs de projets d'ICO eux-mêmes.
La protection des investisseurs doit d'abord passer par la bonne information. L'AMF garantira donc la qualité du "white paper", sorte de prospectus d'émission, l'existence d'un « mécanisme de sauvegarde des fonds levés », l'équivalent d'un compte de séquestre - qui pourrait utiliser la Blockchain (la technologie sous-jacente du Bitcoin) via des "smart contracts" (contrats intelligents, qui s'exécutent automatiquement) - ainsi que celle de dispositifs de vérification de l'origine des fonds et de lutte contre le blanchiment.
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Si la France est en avance sur le plan réglementaire, elle est en retard en matière de fiscalité sur les crypto-actifs, jugée « confiscatoire » (jusqu'à 70% d'impôt sur la plus-value qu'il faut déclarer en bénéfice non commercial ou bénéfice industriel et commercial).
Il a invité les pouvoirs publics à être « attractifs » notamment sur le traitement fiscal des jetons « utilitaires ».