La banque belge KBC va supprimer 1.400 emplois

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(Crédits : Yves Herman)
Le bancassureur a dévoilé un plan de réorganisation passant par la réduction des effectifs de 1.400 personnes en Belgique sur trois ans, sans licenciement ni plan de départs volontaires. Une partie des activités sera délocalisée "en interne" en République tchèque et en Bulgarie.

« Plus rapide, plus agile », a martelé le directeur général de KBC, Johan Thijs. Le bancassureur belge a annoncé ce mercredi 4 septembre un plan de réorganisation, sobrement appelé une « adaptation de la gouvernance », qui passera par la réduction des effectifs de 1.400 salariés en Belgique et la résiliation des contrats avec 400 sous-traitants externes, d'ici à la fin de 2022. Le groupe né de la fusion de la Kredietbank, d'ABB Insurance et de CERA Bank en 1998, qui emploie 42.000 personnes dont 16.000 en Belgique, insiste sur l'absence de plan de licenciement collectif.

« La réduction du nombre d'ETP [équivalent temps plein] sera entièrement compensée par des départs naturels (retraite, départ naturel, etc.) », indique le groupe dans un communiqué, précisant que ces départs naturels se sont élevés à 500 par an ces dernières années.

KBC ne détaille pas les postes concernés qui seront à la fois au siège social, aux fonctions support et dans le réseau d'agences. Sur les 1.400 postes supprimés, 300 seront en fait délocalisés en interne dans les centres de services partagés en République Tchèque, à Brno et en Bulgarie, à Varna.

« L'adaptation de notre gouvernance à l'échelle du groupe est essentielle et constitue une prochaine étape inévitable pour répondre au nouvel environnement dans lequel les nouveaux venus défient les entreprises établies et dans lequel les clients s'attendent à un service plus convivial, sans tracas et à une prise de décision plus rapide », a justifié le directeur général. « Grâce à cet exercice, notre organisation sera plus agile et plus plate, avec moins de niveaux de décision et une plus grande étendue de contrôle », a-t-il fait valoir.

Directeurs et employés concernés

Le patron de KBC a souligné que le groupe veillerait au « redéploiement » du personnel ou à des solutions « alternatives », tant pour les directeurs que les employés. Le nombre de directeurs généraux est passé de 300 à 281, une vingtaine ont changé de fonction, une quinzaine a quitté l'entreprise, après une première vague de réorganisation annoncée en mai. Une provision de 10 millions d'euros a été comptabilisée pour couvrir les coûts de restructuration.

KBC met en place une plateforme de formation basée sur l'intelligence artificielle pour permettre aux employés de comparer leurs compétences aux besoins futurs du groupe. Voulant accélérer sa transformation numérique, il compte recruter de façon sélective des spécialistes des données et de l'IA ainsi que d'autres profils experts.

En République tchèque aussi, où KBC emploie environ 11.000 personnes et possède la banque CSOB, il a déjà diminué de 400 emplois nets les effectifs ces douze derniers mois et compte en supprimer au moins 250 par an dans les années à venir, en limitant les licenciements, dans le cadre de l'automatisation et la mise en place de processus numériques de bout en bout.

Les annonces de KBC interviennent après celles de BNP Paribas Fortis, qui va lancer un plan de départs volontaires portant sur 800 à 1.000 postes. Le néerlandais ING a également un plan drastique de suppressions d'emplois, dont 3.500 en Belgique entre 2017 et 2021.

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Commentaires
a écrit le 04/09/2019 à 18:16 :
Il va surtout falloir un peu de courage politique pour dire à tout le monde qu'il n'y a plus assez de travail et qu'il faut arrêter de faire des enfants pour limiter la population. Que voulez vous dire aux enfants qui naissent maintenant et qui sont déjà au chômage pour 1 sur 4 d'entre eux quand ils arriveront sur le "marcher" du travail ?
a écrit le 04/09/2019 à 16:16 :
Et certains osent encore proclamer que l'UE c'est la paix... C'est la guerre économique entre nations, au profit des entreprises, avec délocalisations laissant sur le carreau des salariés amers et qui comprennent, de la manière la plus brutale, que l'UE n'est qu'une source de moins-disant social et politique... Je vois la même chose dans mon entreprise, au profit de la Bulgarie des salariés Allemands, Français, Anglais et autres "facteurs de coût" virés. Il est temps de reprendre le contrôle des capitaux pour cesser cette casse ultralibérale qui est le ferment des nationalismes les plus violents... N'avons nous rien appris de l'Histoire ?
a écrit le 04/09/2019 à 15:39 :
Et certains osent encore proclamer que l'UE c'est la paix... C'est la guerre économique entre nations, au profit des entreprises, avec délocalisations laissant sur le carreau des salariés amers et qui comprennent, de la manière la plus brutale, que l'UE n'est qu'une source de moins-disant social et politique... Je vois la même chose dans mon entreprise, au profit de la Bulgarie des salariés Allemands, Français, Anglais et autres "facteurs de coût" virés. Il est temps de reprendre le contrôle des capitaux pour cesser cette casse ultralibérale qui est le ferment des nationalismes les plus violents... N'avons nous rien appris de l'Histoire ?

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