La Deutsche Bank attise les convoitises de banques étrangères

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Avoir un pied à Francfort, un motif important pour JP Morgan et ICBC d'entrer au capital de Deutsche Bank
Avoir un pied à Francfort, un motif important pour JP Morgan et ICBC d'entrer au capital de Deutsche Bank (Crédits : Deutsche Bank)
La première banque allemande, dont le cours de Bourse est à ses plus bas niveaux historiques, aurait suscité l'intérêt de grands établissements internationaux, dont JP Morgan et la chinoise ICBC. La chancelière Angela Merkel en aurait parlé avec le patron d'UBS.

La première banque allemande, lorgnée par des rivales américaines et chinoises ? La Deutsche Bank, en proie à des difficultés persistantes depuis au moins trois ans et qui a vu sa valorisation boursière fondre de 37% depuis le début de l'année, suscite les convoitises de banques étrangères. Le magazine allemand Wirtschaftswoche affirme ce vendredi 6 juillet que la banque américaine JP Morgan et la chinoise ICBC (Industrial and Commercial Bank of China), la plus grande banque du monde en termes d'actifs, seraient intéressées, notamment pour renforcer leur présence à Francfort dans la perspective du Brexit.

"Nous démentons cette histoire, ce n'est pas vrai", a déclaré un porte-parole de JP Morgan à l'agence Reuters.

Selon le magazine, qui cite des sources au gouvernement du Land de Rhénanie du Nord-Westphalie, la chancelière Angela Merkel aurait rencontré le 3 juillet Axel Weber, l'ancien président de la Bundesbank (la banque centrale allemande) et désormais président d'UBS, et lui aurait demandé son avis sur la situation de Deutsche Bank.

"C'est purement spéculatif et ne peut pas être confirmé", a dit Steffen Seibert, porte-parole d'Angela Merkel, lors de sa conférence de presse régulière.

Effet d'aubaine

La réaction n'a pas tardé en Bourse : l'action Deutsche Bank a grimpé de près de 5% à l'ouverture (un peu plus de 2% à deux heures de la clôture). Elle a rebondi de 8% en un mois. Toutefois, elle ne capitalise plus que 20 milliards d'euros.

Cette faible valorisation crée peut-être un effet d'aubaine pour des mastodontes tels que JP Morgan Chase (353 milliards de dollars) et ICBC (280 milliards de dollars).

Deutsche Bank est engagée dans une restructuration qui n'en finit pas. Après trois années consécutives de pertes, le nouveau Pdg Christian Sewing nommé en avril a annoncé un recentrage sur l'Europe et des coupes drastiques des effectifs dans la banque d'investissement (7.000 emplois), en particulier aux États-Unis, où 400 banquiers d'affaires ont été licenciés à New York. La semaine dernière, la filiale américaine a été le seul établissement dont la Fed a refusé le plan de capitalisation.

Ces difficultés persistantes ont aussi fait resurgir début juin la rumeur d'une fusion avec sa compatriote Commerzbank, dont la valeur boursière commençait à se rapprocher de celle de sa grande rivale.

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Commentaires
a écrit le 09/07/2018 à 20:15 :
C'est un peu l'épilogue d'un long naufrage depuis les années Ackerman qui avait fait sa réputation sur la vente années après années des pépites du portefeuille de la banque, pour distribuer de mirifiques bénéfices, hélas non reproductibles, promettant d'en faire une banque de marché hyper-rentable, et une banque de gestion d'actifs. Les deux promesses ont tenu peu de temps, celui des constats des performances médiocres et des erreurs de marché. Dimensionnée pour faire de la banque commerciale de haut niveau, avec une culture de banque d'investissement, la culture court-termiste US insufflée aux forceps ne fit pas bon ménage avec la tradition hanséatique allemande, réflexes différents, approches souvent opposées, timing aux antipodes, clients de fond de portefeuille passés au presse-citron, il n'a pas fallu longtemps pour que ce bijou financier devienne un gouffre à marketing négatif, aux opérations trop risquées pour la structure, les connaissances et les appétits des dirigeants, le reste fut mécanique. De profundis.
a écrit le 09/07/2018 à 13:46 :
Bravo l'allemagne !

Vite un frexit.
a écrit le 08/07/2018 à 11:48 :
Mon cher BH, depuis le temps que nous nous connaissons, je n'en reviens toujours pas que tu n'aies compris que les banques privées, reines de la spéculation, ce soient effondrées en 2008. Sauvées par l'argent public, soit, le notre... Là, la déduction est d'une clarté qui ne souffre d'aucune contradiction : vendons cette "industrie" et au plus vite : la preuve : cela marche TRES bien avec les clubs de foot. Alors..
a écrit le 07/07/2018 à 15:35 :
Je n'en reviens pas voir que ce genre d'annonce suffit à faire remonter le cours de presque 3%,
La DB est une catastrophe à elle toute seule, au bord de la faillite. Pour acheter des titres en ce moment faut être soit très joueur, soit très désireux de perdre son argent
a écrit le 07/07/2018 à 10:55 :
Premiere banque allemande et elle est en difficulté dans une économie des plus prosperes au monde .........!
a écrit le 07/07/2018 à 9:12 :
Il est bon, ce que fait cet article, de rappeler quelques chiffres sur les capitalisations boursières de nos grandes banques, DB à 20 milliards, mais aussi BNPP à 67 milliards. Nos banques sont des nains en comparaison de leurs alter égo(s) d'outre atlantique, et c'est devenu un vrai problème politique. La raison en est certes, dans le cas de DB, à des questions spécifiques, mais aussi à la course à la régulation (un boulet pour nos banques européennes), évidemment compréhensible, mais qui pourrait bien se révéler fatal pour nos économies. Ce n'est pas le seul segment qui est dans cette problématique (pensons à Canal en face des netflix).. il faut réfléchir encore et encore a bien positionner le curseur. Voulons-nous des organismes financiers en Europe dépecés par les américains? Voulons-nous que nos banques sortent définitivement des marchés les plus risqués, mais aussi (évidemment) les plus profitables?
Réponse de le 07/07/2018 à 11:10 :
"fatal pour nos économies" sauf que les banques ne financent plus le développement économique , elles spéculent sur les marchés internationaux .Les journaux économiques publient régulièrement des articles sur la difficultés des entreprises à trouver des financements pour se développer

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