Les banques américaines passent haut la main les stress tests

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(Crédits : Fed)
La Fed a passé au crible les 35 plus grandes banques du pays, y compris BNP Paribas USA : même en cas de récession mondiale sévère, elles tiendraient le choc grâce à de solides fonds propres.

Rassurée. La Réserve fédérale américaine, banque centrale et superviseur des institutions financières, a fait subir ses tests de résistance aux 35 plus grands établissements du pays, dont les géants de Wall Street JPMorgan Chase, Citigroup, Bank of America, Goldman Sachs, mais aussi plusieurs filiales de banques étrangères, comme Barclays, BBVA, Deutsche Bank, HSBC, Santander ou encore BNP Paribas USA. Et toutes ont montré qu'elles sont "fortement capitalisées". La Fed avait encore noirci le scénario de "stress" : une récession mondiale sévère se traduisant par un taux de chômage grimpant de 6 points à 10% aux Etats-Unis et une accentuation de la pente de la courbe des taux américains.

Les 35 banques passées au crible, qui représentent 80% des actifs bancaires américains, essuieraient en tout des pertes sur prêts de 578 milliards de dollars, mais leurs fonds propres "durs" (Common Equity Tier 1) resteraient bien au-dessus des niveaux requis, à 7,9% en moyenne, contre 12,3% à fin 2017.

"En dépit d'un scénario très difficile et d'autres facteurs pris en compte dans le test cette année, les niveaux de fonds propres des firmes après une hypothétique récession mondiale sévère sont supérieurs à ceux des années précédant la plus récente récession", a déclaré Randal Quarles, le vice-président de la Fed en charge de la régulation bancaire, dans un communiqué.

Coussin de sécurité

Depuis 2009, les 35 banques testées ont augmenté de 800 milliards de dollars leurs fonds propres. C'est la huitième édition de tests de résistance menés depuis la crise.

Même la Deutsche Bank, dont les autorités financières américaines se sont récemment inquiété de la "fragilité", a réussi les tests.

"Le capital est crucial pour les organisations bancaires, le système financier et l'économie, car il agit comme un coussin pour absorber les pertes et permet de s'assurer que ces pertes sont supportées par les actionnaires [et non les contribuables, ndlr]" insiste la Fed dans son communiqué.

Stress Tests Fed banques us

[Extrait des résultats des stress tests des 35 principales banques américaines. Crédit : Fed]

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Commentaires
a écrit le 24/06/2018 à 10:16 :
Il faut surtout avoir peur de leur ombre.

A vrai dire je n’ai pas eu la patience de lire le « Dodd-Frank Act Stress Test 2018 ». Comme si ce n’était pas l’essentiel du problème, car si on fait des comparaisons entre avoirs « en jeu », cela parait accessoire. Certes, un peu de préventif et de bonnes intentions, c’est toujours mieux que rien.
Ce n’est même pas la solidité des banques qu’il faut surveiller, ce sont en général des bâtiments biens conçus. Par contre, des Les édifices construits aux alentours, à l’ombre des banques, ne sont parfois que des châteaux de cartes.
Avec le shadow banking, son effet de levier et par ailleurs les institutions non-bancaires, hedge funds, fonds de gestion, crédit leasing, assurances… totalisant 45000 Milliards de Dollars de fonds. Sont ils tous aussi solides ?
Les produits dérivés représenteraient 1 Quadrillion de dollars, probablement partagés en termes de position, mais qui garantit qu’ils ne penchent pas trop du côté où ils peuvent tomber ?
Il parait que les montages spéculatifs en Europe devancent maintenant ceux des Etats-Unis, quand à la Chine c’est le mystère ? ils achètent aussi à crédit, y compris chez nous, à la recherche d’une forme d’équilibre entre Yin et yang ?

Le problème n’est pas dans les placements financiers utiles au financement des entreprises et des Etats, mais dans les déviances spéculatives offertes par le système. Quand on parle de spéculation, ce n’est pas au sens intellectuel ou philosophique de la chose (https://www.littre.org/definition/sp%C3%A9culation), c’est au sens d’une pratique simpliste, quasi binaire. Cela parait inoffensif, voire parfois annoncé comme sécuritaire, mais « l'effet de levier » permet de démultiplier les gains comme les pertes, donc les risques, que c'en devient irrationnel. Les montants « pariés » y sont tels que cela ne rend plus service au fonctionnement de l’économie réelle, mais la parasite et la déstabilise.

Un équilibre à retrouver : tout cela n’est pas nouveau et c’est le rôle des instances des sociétés que d’essayer de toujours mieux organiser et réguler. On peut constater dans l’histoire de la jeune République de Rome il y a 2500 ans, la complexité et l’obligation d’établir un équilibre entre classes sociales, décrit par Gustave Bloch : https://www.roma-quadrata.com/conflits.html. Ce fut un peu tardif et le système était par trop défaillant de l’intérieur "plus cruel que la guerre, le vice s'est abattu sur Rome et venge l'univers vaincu" de Juvénal. S’en suivirent l’écroulement de l’édifice construit par la civilisation greco-romaine et plusieurs siècles de barbarie et de retour au tribalisme. Cela n’a rien à avoir avec une civilisation ou l’autre mais à une généralité de nécessaire maintien d’équilibres. Ce qu’avait soulignée un écrivain sur le même sujet « Il est illusoire de prétendre faire subsister une zone de civilisation entourée d'une périphérie livrée à l'anarchie et à la misère »
Le système financier mondial a besoin de ce genre de régulations et de lois, sinon on court à la perte de l’équilibre et des sociétés.
a écrit le 23/06/2018 à 17:44 :
A quel moment on peut faire confiance à ces stress tests, puisqu'il suffit aux banques de se prêter de l'argent entre elles pour en créer ?
Réponse de le 23/06/2018 à 20:26 :
fin 2007, les ennuis ont commencé quand les banques qui connaissaient leur propres faiblesses respectives, ont refusé de se prêter de l'argent mutuellement, ce qui a déclenché la crise dite des subprimes.

Ce qui fait que dès Septembre 2007 la BCE avait du injecter plus de 200 milliards € de prêts aux banques afin d'en empêcher l'effondrement.

On connaît la suite de l'histoire...
a écrit le 23/06/2018 à 11:01 :
Logique, d'ailleurs quand on voit comme les américains humilient les allemands il est difficile de ne pas penser à la puissance financière américaine face à la minable finance européenne.
a écrit le 23/06/2018 à 10:52 :
Certains pays, notamment Chine et Russie, se débarrassent des obligs US pour acheter d'autres actifs tangibles, euros, yuans ou or. Les banques US : même pas peur !
a écrit le 22/06/2018 à 18:45 :
Le but de ce genre de test est de montrer que tout va bien . Le plus dur est d'élaborer le test. Évidemment quand tout se cassera la figure, on mettra ça sur le dos d'évènement imprévisibles, d'ailleurs on se sera arrangé pour ne pas les prévoir.
Réponse de le 23/06/2018 à 17:32 :
Nous n'avons encore jamais vu des économistes réussir à prédire l'évolution de l'économie ne serait ce qu'à court terme. L'économie n'est pas une science, juste une discipline aussi fiable que le Vaudou et la méthode Coué.
a écrit le 22/06/2018 à 18:14 :
Attendez la crise de la dette US qui ne saurait tarder et on reparlera de la solidité des banques et de la pertinence des tests.

pour l'année fiscale 2019 les USA vont devoir lever près de 1 000 milliards de dollars de crédits afin de financer leur déficit public féderal. La politique fiscale de Trump a creusé le déficit de façon inhabituelle en plus des dépenses d'armement qui sont de plus en plus lourdes.

Les chinois qui détiennent le 1/3 de la dette existante ont déjà commencé à liquider des bonds du trésor et vont utiliser cette arme de destruction massive pour peser sur les négociations avec Trump. Ils sont en position de force et le savent. Ils ne peuvent pas se permettre de laisser s'effondrer la monnaie US mais sont en mesure de la secouer sérieusement à un coût supportable pour eux.

On verra jusqu'à quel point ils sont prêts à secouer le cocotier US mais je doute que les banques encaissent sans dommage une perte de 15% ou 20% de la valeur du dollar.
a écrit le 22/06/2018 à 17:43 :
Haha mon oeil ouais xD

On a dit la même chose du stress test en 2014 2015, juste après la première banque européenne (deutsche bank) s'est totalement crashée en bourse, la seconde banque allemande aussi. 25% des banques ont fait faillite officiellement. Les secteurs bancaires italien, portugais, espagnol, grec sont à genoux en train d'agoniser.
Mais tout va bien oui oui.

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