Société Générale augmente ses bénéfices malgré son exposition russe

Société Générale a annoncé un bénéfice net de janvier à mars en légère hausse, au terme d'un premier trimestre chahuté par le déclenchement de la guerre en Ukraine par la Russie, où la banque officie mais dont elle va se désengager. La banque a également annoncé une augmentation du niveau de ses provisions en raison de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, qui augmente le risque de non remboursement de certains crédits.

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(Crédits : Reuters)

Très présente en Russie avec sa filiale Rosbank dont elle est en train de se désengager, Société Générale a annoncé jeudi avoir réalisé un bénéfice net de 842 millions d'euros au premier trimestre de l'exercice 2022, en hausse de 3,4% par rapport à la même période de l'exercice précédent. Ceci malgré le déclenchement de la guerre en Ukraine par la Russie le 24 février qui a perturbé le trimestre. Le tout pour un produit net bancaire (PNB), équivalent du chiffre d'affaires pour le secteur, de 7,281 milliards d'euros (+16,6%), grâce notamment au dynamisme des activités de marché.

"Ce premier trimestre confirme la solidité et la résilience de notre modèle d'affaires avec une performance soutenue de l'ensemble de nos métiers dans un environnement plus incertain", indique dans un communiqué le directeur général du groupe Frédéric Oudéa.

Doublement du coût du risque

La guerre en Ukraine se fait cependant sentir dans les résultats de la troisième  banque française cotée. Le coût du risque a par exemple doublé "en raison principalement des conséquences de la crise en Ukraine sur les expositions russes, soit 561 millions d'euros", contre 276 millions d'euros au premier trimestre 2021, indique le groupe. Alors que le conflit augmente le risque de non remboursement de certains crédits, le groupe a annoncé une augmentation du niveau de ses provisions

Société Générale a déclaré s'attendre désormais à ce que son coût du risque, qui reflète les provisions pour créances douteuses, atteigne 30 à 35 points de base, soit 1,7 à 1,9 milliard d'euros en 2022, et non moins de 30 points de base comme prévu initialement.

Pour rappel, le groupe a annoncé le mois dernier avoir signé un accord de cession de la totalité de sa participation dans Rosbank au fonds d'investissement Interros Capital, le précédent actionnaire, ce qui se traduira par des charges exceptionnelles d'environ 3,1 milliards d'euros. Un montant qui n'apparaîtra dans le compte de résultats qu'au moment de sa réalisation, attendue "dans les toutes prochaines semaines" par la direction.

Le retrait de la Russie a réduit le coussin de capital de la banque. Son ratio de fonds propres de base (Common Equity Tier One), un indicateur clé de la solidité du capital, était en baisse à 12,9% à la fin du mois de mars.

Lire aussi 8 mnGuerre en Ukraine : Société Générale se résout à céder sa filiale Rosbank à son ancien propriétaire

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Chute des bénéfices pour UniCredit

La deuxième banque italienne UniCredit a vu son bénéfice net chuter de 72,2% au premier trimestre, à 247 millions d'euros, en raison d'importantes dépréciations de créances dues à sa forte exposition à la Russie. Ce résultat, publié jeudi, est inférieur au consensus des analystes fourni par la banque, qui tablait sur un bénéfice net de 413 millions d'euros. Sans la Russie, le bénéfice aurait atteint 1,2 milliard d'euros.

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