La décision de quitter le marché russe a été finalement prise très vite. Restait à trouver un repreneur acceptable, en l’occurrence l’ancien actionnaire de la banque, l’oligarque Vladimir Potanin, un des hommes les plus riches de Russie, qui ne fait pas l’actuellement l’objet de sanctions européennes ou américaines. La valeur comptable des actifs russes est pratiquement ramenée à zéro, après une dépréciation comptable de deux milliards d’euros. Une charge exceptionnelle de 1,1 milliard est également prévue au titre de la dépréciation du rouble. Cette cession met ainsi un terme à l’aventure...
... se de Société Générale, débutée dès les années 70 et renforcée lors de l’entrée au capital de Rosbank en 2006.
La pression aura été trop forte. Les massacres en Ukraine, le déploiement de l'armée russe dans le Donbass en vue d'une offensive majeure, une montée crescendo des sanctions à l'encontre de Poutine, voire le récent placement de la Russie en défaut sélectif par l'agence de notation S&P.... Société Générale a finalement décidé de tirer un trait sur ses activités bancaires russes.
Dans un communiqué diffusé ce matin, la banque annonce un accord en vue de céder la totalité de sa participation dans sa filiale bancaire Rosbank et ses filiales russes d'assurance, à Interros Capital, le précédent actionnaire de Rosbank, filiale d'Interros, principal actionnaire de Norilsk Nickel, le plus grand producteur de nickel au monde.
Ancien (bref) vice-premier ministre de Boris Elstine, en charge des privatisations, le propriétaire d'Interros, Vladimir Potanin, l'un des hommes les plus riches de Russie, fait partie de ses oligarques qui échappent encore aux sanctions, tant européennes qu'américaines. « Cet accord respecte à la lettre les sanctions européennes et américaines », précise bien une source de la banque.
Une option de sortie envisagée dès le départ
Cet accord de Société Générale est « le fruit de plusieurs semaines de travail intensif », précise le communiqué, laissant entendre que la banque française avait pris sa décision stratégique de quitter la Russie aux premières heures de la guerre en Ukraine. Elle avait d'ailleurs été la première banque française à communiquer sur l'impact financier d'une éventuelle « expropriation » le 3 mars dernier.
Entre-temps, la banque s'est montrée très prudente dans sa communication, mettant en avant sa responsabilité vis-à-vis de ses salariés et clients en Russie. Jusqu'à susciter, ici ou là, des critiques sur sa réserve. Mais le choix avait été fait. Restait à le mettre en musique et trouver un repreneur « acceptable ».
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