Trump se joint au concert anti Bitcoin et sermonne Facebook avec son Libra

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(Crédits : Twitter)
Le président américain a livré son opinion sur les cryptomonnaies et prévenu Facebook qu'il devrait demander une licence s'il veut devenir une banque. La communauté des crypto-enthousiastes n'a pas tardé à réagir.

Entre deux tweets sur les "fakenews", Donald Trump a livré son opinion sur le Bitcoin, les cryptomonnaies en général et le futur Libra de Facebook, jeudi 11 juillet en soirée, dans une salve de posts sur son compte Twitter. Le président américain a repris la ligne des régulateurs, y compris celle du patron de la Fed, Jerome Powell, qu'il ne manque pas d'attaquer par ailleurs sur sa politique monétaire pas assez accommodante à son goût.

« Je ne suis pas un fan de Bitcoin et des autres cryptomonnaies, qui ne sont pas de l'argent, et dont la valeur est très volatile et fondée sur rien. Les crypto-actifs non réglementés peuvent faciliter les comportements illégaux, y compris le commerce de la drogue et d'autres activités illicites ...», a-t-il commencé.

Quelques heures après l'audition au Congrès du président de la Fed, cuisiné notamment sur la future cryptomonnaie mondiale Libra dévoilée par Facebook début juin sur laquelle il a exprimé de nombreuses réserves, le président américain y est allé de son propre commentaire :

« De même, la "monnaie virtuelle" Libra de Facebook aura peu de valeur ou de fiabilité. Si Facebook et d'autres entreprises veulent devenir une banque, elles doivent demander une nouvelle licence bancaire et être soumises à toutes les réglementations bancaires, tout comme d'autres banques, tant nationales qu'internationales » a-t-il poursuivi.

Le roi dollar

Ne manquant pas une occasion de célébrer la grandeur de l'Amérique, Donald Trump a enfoncé le clou sur le roi dollar.

« Nous n'avons qu'une seule vraie monnaie aux États-Unis, et elle est plus forte que jamais, à la fois sure et fiable. C'est de loin la monnaie la plus dominante au monde, et il en sera toujours ainsi. C'est ce qu'on appelle le dollar américain ! »

La communauté des crypto-enthousiastes, très active sur Twitter, a été prompte à réagir. Un premier lui objecte que la valeur du dollar aussi n'est fondée sur rien depuis la fin de l'étalon-or (les Etats-Unis ont renoncé à la convertibilité or (en 1971), un autre l'invite à un déjeuner pédagogique, Bitcoin Magazine relève que « l'argent physique, non traçable, est le meilleur outil facilitant les trafics de drogue et les activités illégales, et non un registre public qui enregistre l'historique de toute transaction effectuée. »

Le prestigieux fonds de capital-risque californien Andreessen Horowitz, qui a lancé un véhicule d'investissement spécifique consacré aux crypto de 350 millions de dollars l'an dernier, lui a répondu avec un simple lien vers une vidéo maison sur les « 3 mythes courants » sur les crypto-actifs. L'investisseur Charlie Bilello, directeur de recherche chez Pension Partners, lui a dressé la liste des rendements de divers actifs depuis son arrivée à la Maison Blanche, notant notamment que l'indice du dollar US avait reculé de 4% pendant que le Bitcoin avait bondi de 1.186% !

La journaliste conservatrice Kassy Dillon lui a fait remarquer que « c'est ainsi que l'on perd (le vote) des libertariens... s'il vous en restait encore... » Le compte de Gemini, le "stablecoin" des frères Winkelvoss (qui avaient attaqué Zuckerberg sr la paternité du concept de Facebook) a rétorqué avec sa propre citation : « le Bitcoin c'est la liberté. C'est très américain. »

Etrangement, l'économiste Nouriel Roubini, le plus virulent détracteur du Bitcoin et très actif sur Twitter, ne s'est pas joint à cette tempête de tweets. Il faut dire que "Dr Catastrophe" (qui avait prédit la crise financière de 2008) n'est pas non plus très fan de Trump, qu'il a qualifié de « Dr Folamour des marchés financiers, flirtant avec la destruction économique mutuelle » avec sa politique protectionniste.

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