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Comment la banque d’affaires N+1 veut s’imposer en France

Photo de Christine Lejoux

Christine Lejoux

Publié le 12 novembre 2015 à 05:59 - Mis à jour le 16 novembre 2015 à 14:28

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En conseillant Pierre Hermé Paris sur l’ouverture de son capital, la banque d’affaires espagnole N+1 signe sa troisième opération en France, depuis l’ouverture de son bureau parisien au mois de février. Elle entend capitaliser sur sa dimension internationale pour s’imposer auprès de la clientèle des PME et des ETI.

Et de trois ! Après le rachat de DSO Interactive, spécialiste du recouvrement d'impayés, par le fonds de capital-investissement Montefiore Investment, puis la cession de la société de conseil en efficacité énergétique Quelle Energie à CertiNergy, la banque d'affaires N+1 vient de finaliser la recomposition du capital de Pierre Hermé Paris.

En conseillant le célèbre pâtissier sur l'accueil d'un nouvel actionnaire, en l'espèce le fonds d'investissement de la société L'Occitane, N+1 a bouclé sa troisième opération en France, depuis l'ouverture de ses bureaux à Paris, en février dernier.

Cette dernière transaction est emblématique à plus d'un égard de la stratégie que la banque espagnole - numéro six du conseil en fusions-acquisitions en Europe avec 57 opérations sur la période janvier 2014 - juin 2015, selon Mergermarket - entend déployer en France. D'abord, avec une cinquantaine de points de vente dans le monde et un chiffre d'affaires de 50 millions d'euros, Pierre Hermé Paris fait partie de cette clientèle de belles PME et ETI (entreprises de taille intermédiaire) sur laquelle N+1 s'est positionnée.

En effet, si la banque ne dédaigne évidemment pas les transactions de l'ordre du milliard d'euros, son cœur de cible, c'est le « mid-market », c'est-à-dire les opérations d'une valeur d'entreprise située entre 30 millions et 500 millions d'euros.

Une dimension internationale

Un segment déjà très encombré en France, surtout depuis que la crise économique, avec pour corollaire la raréfaction des méga-fusions, a fait redécouvrir aux grandes banques les charmes du conseil aux PME. Certes, Rothschild et Lazard travaillent sur des transactions plus importantes, mais quid de la concurrence des Transaction R, DC Advisory et autre Natixis Partners ? Comme l'illustre l'opération Pierre Hermé Paris, qui vise notamment à permettre à la maison de haute pâtisserie d'accélérer son développement à l'étranger, N+1 est très focalisée sur l'internationalisation des entreprises.

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« La plupart des ETI ont besoin de faire de la croissance externe à l'international. Or, nous sommes un acteur global, présent dans sept pays européens et bientôt aux Etats-Unis. L'Europe et les Etats-Unis représentent en effet 80% des flux mondiaux de M&A »,

explique Franck Portais, « managing partner » de N+1 France, qui était auparavant à la tête de la branche française de Goetzpartners Corporate Finance. Présente en Espagne, en Allemagne, en Italie, en Turquie, au Royaume-Uni, en Suisse, en France et bientôt au pays de l'Oncle Sam, où elle s'apprête à racheter une banque d'affaires, N+1 entend faire valoir auprès de ses clients et prospects cette dimension internationale, qui lui permet de conseiller aussi bien les PME françaises sur leurs problématiques d'expansion internationale que les entreprises étrangères en quête de cibles dans l'Hexagone. Une particularité partagée par la banque d'affaires Lincoln International, faisant de cette dernière le seul véritable comparable de N+1 France.

Des « associés-entrepreneurs »

Autre spécificité de cette nouvelle venue sur le marché français du conseil en fusions-acquisitions, « les quatre associés de N+1 en France détiennent une part significative du capital de cette structure. Ce modèle de partnership vaut pour chacun des pays où N+1 est implantée. Cela permet de fidéliser, d'impliquer encore davantage les associés. Ces derniers, qui investissent leurs fonds propres dans la banque, sont en réalité des entrepreneurs, qui conseillent des entrepreneurs », explicite Franck Portais.

Entrepreneur, le patron de N+1 en France l'est d'ailleurs dans une certaine mesure, puisqu'il aurait très bien pu se contenter de rester à la tête de Goetzpartners France où il travaillait depuis plus de dix ans, au lieu de choisir de repartir de zéro en acceptant de lancer l'activité de N+1 en France.

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Il faut dire que monter un business à partir de rien, Franck Portais connaît : en 2002, il n'a pas 30 ans lorsque l'Allemand Goetzpartners lui propose de créer sa filiale française, ce qu'il fera, avec un stagiaire pour seule aide et le rachat d'Editis par Wendel pour premier fait d'armes. Une expérience qui, couplée à celles des trois autres associés - Olivier Guignon, Oriane Durvye et Franck Noat -, permet à N+1 France et à ses 15 collaborateurs d'afficher d'ores et déjà une vingtaine de mandats, tant à l'achat qu'à la vente. L'objectif de la banque étant de se hisser rapidement dans le haut des classements des banques-conseil sur le "mid-market" en France.

Christine Lejoux

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