Euronext affiche des résultats solides dans un contexte social tendu

L’opérateur boursier paneuropéen, qui prévoit la suppression de 65 emplois nets à Paris, a vu son bénéfice opérationnel bondir de 21,5%, au deuxième trimestre.
Christine Lejoux
Porté par la bonne dynamique des introductions en Bourse, Euronext a réalisé un chiffre d'affaires de 130,1 millions d'euros au deuxième trimestre.
Porté par la bonne dynamique des introductions en Bourse, Euronext a réalisé un chiffre d'affaires de 130,1 millions d'euros au deuxième trimestre. (Crédits : CHARLES PLATIAU)

Les résultats trimestriels publiés ce jeudi 30 juillet par Euronext vont apporter de l'eau au moulin des organisations syndicales, vent debout contre le plan social annoncé à Paris mi-avril. L'opération boursier paneuropéen, qui gère les places de Paris, Bruxelles, Amsterdam et Lisbonne, a dégagé une marge d'Ebitda (excédent brut d'exploitation) de 53,9%, au deuxième trimestre. Un niveau qui représente non seulement une hausse de 7,6 points par rapport à la même période de l'an dernier, mais qui correspond en outre à l'objectif qu'Euronext s'était fixé pour la fin 2016.

« En dépit des tensions politiques, l'environnement a été favorable aux levées de capitaux et aux fusions-acquisitions au sein de la zone euro », a expliqué lors d'une conférence téléphonique Jos Dijsselhof, patron par intérim du groupe depuis le départ surprise de Dominique Cerutti, le 22 avril, pour la présidence de la société de conseil en technologie Altran. Ainsi porté par son activité de négociation au comptant et par la bonne dynamique des introductions en Bourse, Euronext a réalisé un chiffre d'affaires de 130,1 millions d'euros au deuxième trimestre, en progression de 11,9%.

Une charge de 22,1 millions d'euros, au titre du plan social en France

Parallèlement, l'accent mis sur les réductions de coûts place l'opérateur boursier en avance sur le calendrier de son plan d'économies. Celles-ci s'élevaient déjà à plus de 60 millions d'euros à la fin du mois de juin, alors que ce chiffre n'était initialement attendu que pour la fin 2016. Une année qui s'achèvera donc sur un objectif plus ambitieux de 80 millions d'euros d'économies, a confirmé Euronext.

Couplée à la hausse de l'activité, cette chasse aux coûts a débouché sur un bond de 21,5% du résultat opérationnel au deuxième trimestre, à 65,6 millions d'euros. En revanche, le bénéfice net a stagné, à 28,7 millions d'euros. La conséquence de 24,6 millions d'euros de charges exceptionnelles, dont 22,1 millions au titre du plan social qui touche les équipes en France.

Le nouveau patron désigné cet été

Dévoilé le 13 avril, ce plan prévoit la suppression de 65 postes (nets des embauches) au sein de la branche informatique (Euronext Technologies) et de l'activité Bourse (Euronext Paris). L'opérateur boursier, qui compte quelque 360 collaborateurs à Paris et 760 au total, « souhaite se doter de la taille et de l'organisation appropriées à son nouveau positionnement. » A savoir le financement de l'économie européenne, une mission qu'Euronext avait un peu perdu de vue du temps de son mariage avec l'Américain Nyse.

Un argument qui ne convainc nullement les syndicats : dans un communiqué de presse commun publié le 2 juillet, la CDFT, la CFE-CGC et la CGT estiment qu'au regard de la marge d'Euronext, « sa compétitivité n'est nullement menacée et ne peut justifier un quelconque plan de licenciements. » C'est dire si le nouveau patron de l'opérateur boursier arrivera en terrain miné. Afin de trouver le successeur de Dominique Cerutti, « nous étudions des candidatures internes et externes », a indiqué Jos Dijsselhof, se bornant à préciser que le nouveau dirigeant devrait être désigné « au cours de l'été. »

Christine Lejoux

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