Thales, une ambiance à couteaux tirés

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Les salariés de Thales n'ont pas le moral. Et l'ambiance serait très mauvaise. Dassault Aviation commencerait à s'en préoccuper.

Pour Luc Vigneron, arrivé à la tête de Thales en mai dernier, tout reste à faire encore pour séduire ses troupes. Car selon plusieurs sources concordantes, il règnerait au sein du groupe une très mauvaise ambiance et les salariés n'auraient pas le moral.

Ce serait notamment le cas les commerciaux. Certains se seraient vu interdire de prendre des contrats en décembre pour les reporter en 2010, l'année du renouveau. Car pour la direction, 2009 doit être une fois pour toute une très mauvaise année pour Thales, qui s'apprête à  passer un niveau de provisions historique. Une ambiance à couteaux tirés qui a fait réagir certains syndicats. Ils se sont émus publiquement de cette situation qu'ils jugent détestables et néfastes pour le groupe lui-même.

Pas de chèque en blanc

Les syndicats, qui n'ont pas non plus été séduits par la présentation de la stratégie du groupe en décembre, ne sont pas prêts à donner un chèque en blanc au nouveau PDG.

A Neuilly, au siège social de Thales, les pots de départs se succèdent. Ce qui renforce auprès de ceux qui restent qu'une page de l'histoire du groupe se tourne. Mais avec quel avenir ? Après le pot de départ mardi dernier de Sylvie Dumaine, l'inamovible directrice de la communication de Thales remerciée par Luc Vigneron pour être beaucoup trop qualifiée pour une fonction qui va perdre pas mal de son intérêt, c'est au tour de celui d'une figure historique et emblématique de Thales de sabrer une dernière fois le champagne au sein du groupe. L'ancien patron de l'international Jean-Paul Perrier, qui connaît le groupe comme sa poche, va fêter son départ ce lundi avec tous ses proches.

D'autres départs

Et ce n'est pas fini puisque certains dirigeants de l'ancienne équipe de Denis Ranque seraient également sur le départ. C'est le cas du patron de la stratégie Jean-Loup Picard en mars, puis un peu plus tard de Jean-Paul Lepeytre, ancien responsable des opérations, et enfin du directeur des ressources humaines Yves Barou à l'été.

En mai lorsqu'il soufflera sa première bougie à la tête de Thales, Luc Vigneron aura changé quasiment tout le comité exécutif du groupe. Un véritable tour de force. Seule pourrait rester Pascale Sourisse à la tête de la plus grande division du groupe Défense et Sécurité. Et encore, explique-t-on dans le groupe, il n'est pas dit qu'elle reste si elle trouve un poste intéressant ailleurs.

Il est loin le temps des propos rassurants en mai 2009 de l'Elysée et de Bercy qui ne disaient ne pas vouloir une épuration des cadres dirigeants de Thales. Cette ambiance délétère au sein de l'électronicien commencerait même à inquiéter chez Dassault Aviation, grand actionnaire du groupe. Bref, 2010 ne sera pas vraiment une partie de plaisir pour " Saint Luc ", comme certains l'avaient surnommé (correction effectuée) chez Nexter.

 

Luc Vigneron a renoncé à ses stock-options

Lors de son show devant 400 cadres dirigeants du groupe venus du monde entier le 11 décembre dernier à Paris, le PDG de Thales, Luc Vigneron, a annoncé avoir renoncé à ses stock-options pour montrer aux Thalesiens, plutôt habitués à vivre selon lui sur un grand pied, l'exemple de la rigueur. Pour autant, Luc Vigneron aurait cumulé, selon des sources concordantes, son salaire de PDG de Nexter jusqu'à l'arrivée de Philippe Burtin fin juillet à la tête du groupe public, avec celui de chez Thales. Il avait été nommé en mai PDG du groupe d'électronique.

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Commentaires
a écrit le 19/02/2010 à 17:20 :
Que dire? B R A V O ?!
Des dizaines de millions d'euros distribués ces derniers mois aux dirigeants quittant le Groupe ; jackpot de Luc Vigneron qui, en arrivant à la tête de notre Groupe, a vu sa rémunération tripler (pour quelles raisons?); des stock-options et autres actions gratuites distribuées aux cadres dirigeants ; 200 M? de dividendes accordés aux actionnaires ». Sans compter la participation aux bénéfices que les en chute libre, passant de 1 000 ? à 600 ?. Et c'est sans compter avec le plan de restructuration mis en place par ce nouveau dirigeant pour rationaliser les couts et les moyens! Mr Vigneron, THALES vivait avant vous et continuera de vivre lorsque vous en partirez. PRenez votre parachute doré et bonne route. Ces mauvais évènements sont dignes d'un mauvais film de série B.
a écrit le 19/02/2010 à 16:39 :
Vigneron c'est Léon dans toute sa mission ! Luc Besson va faire un nouveau film sur la boîte !
a écrit le 27/01/2010 à 8:35 :
nvlle organisation
a écrit le 23/01/2010 à 11:56 :
Oui, désolé que Denis Ranque soit parti et surtout qu'il soit remplacé par un homme comme Luc Vigneron.
Pourquoi Thales a t il récuperé ce dirigeant tandis qu'il y en a de très bons sur le marché?
Messieurs de Dassault et du gouvernement, aidez nous, c'est grave!!!
a écrit le 22/01/2010 à 10:50 :
On ne roule pas, on recule. Tout ce qu'a réussi à faire Ranque en 10 ans, Saint Luc va le détruire en moins d'un an! Sauve qui peut...
a écrit le 19/01/2010 à 13:23 :
Vous roulez pour qui en écrivant des idioties pareilles?
a écrit le 19/01/2010 à 6:06 :
Bonjour,
ne serait-ce pas une contagion du groupe DASSAULT, vous savez...Les décideurs en col blanc!! Un exemple: THALES pour la maintenance du parc de PC à Elancourt... 5 personnes (les mains dans le cambouis), après l'arrivée de DASSAULT et son "organisation de pointe????"... 25 personnes...En col blanc...quand j'suis pas là, tu attends que j'revienne!!! C'est à ce moment là que la dégringolade à commencé dans l'ensemble des services à la tête desquels ont fleuri les fameux...YAKAFOKON appelés également "rouleurs de mécanique", pour reprendre une formule de Jean-Michel Fourgous Député-Maire d'Elancourt je le cite: "Il y a autour de nous les "KIDISES" et les "KIFONS" à choisir, je préfère les seconds.
Bien à vous
Vous l'aurez remarqué...Un ancien de THALES parti à temps!!
a écrit le 18/01/2010 à 21:15 :
Il faudrait qu'IL arrete de prendre les routes à 3 grammes
a écrit le 18/01/2010 à 19:07 :
Thales c'est le pays de wi wi, "ne vous inquiétez pas, ça va bien se passer", c'est ce que l'on entend à longueur de journée. Les RH, qui vont devenir les RI, ressources inhumaines, les yakafokon qui sont légion dans Thalès, la désorganisation permanente, et pour finir la parodie de la galère romaine où dans Thalès il y a 15 mecs qui disent "il faut, il faudra, etc.." bref le verbe falloir à tous les temps grammaticaux possibles pour 1 mec qui bosse, pas étonnant qu'au final ça sente sérieusement le sapin dans cette boite.
a écrit le 18/01/2010 à 15:08 :
Petite rectification concernant les propos de "mfm". Nexter c'est 80% de cadres...et non 80% d'ouvriers.
a écrit le 18/01/2010 à 14:01 :
Commercial chez Thales depuis pres de 15 ans, je ne suis pas surpris par la sage decision de Luc Vigneron de refuser ses stock-options. En effet, ses (mauvaises) decisions ne peuvent que faire plonger le cours de l action.
Quel est l interet de disposer de milliers de stock-options qu il ne pourra jamais exercer puisque le cours de l action ne pourra qu etre en dessous du prix des stock-options.
Quelle dramatique re(des)organisation...
a écrit le 18/01/2010 à 12:55 :
Ancien salarié de Thales.
Denis Ranque et sa Direction, étaient unanimement appréciés par le personnel du groupe..., pour ses ambitions, ses résultats et la dynamique de progrès permettant à tous de progresser au rythme des nouvelles pratiques industrielles et des évolutions stratégiques. Ayant une première fois quitté le groupe, je l'ai retrouvé, quelques années plus tard, transfiguré par une internationalisation importante, et ce malgré une culture très française et des lacunes linguistiques. J'ai eu l'occasion de cotoyer une partie des Directeurs du groupe, je n'ai pas identifié dans les autres groupes français de défense où je suis passé, autant de compétences, de qualités de management, d'honnêteté et d'humilité à ce niveau. Mes anciens collègues me font part d'un immobilisme saisissant...j'espère que le groupe saura retrouver toutres les valeurs d'antan pour lesquelles il faisait bon y travailler tout en recherchant l'excellence. Bon courage aux ex. collègues.
a écrit le 18/01/2010 à 11:45 :
Honnêtement, c'est plus fin que cela.
Effectivement, on a un vendanges tardives de chez Thales.
Mais est-ce que virer les dirigeants qui passaient leur temps à "s'assurer" que le travail est fait (ça c'est le jargon managérial, dans le jargon employé ça signifie souvent "ouvrir le parapluie") est une si mauvaise chose?

En faisant un rapide calcul, à 68000 employés en 2008, des coûts de fonctionnement de 12 GEuros sur la même année, on obtient un ration de coût de fonctionnement consolidé de 15700 euros par mois et par employé.
Ils sont si bien payés que ça chez Thales?...
a écrit le 18/01/2010 à 9:57 :
Si j'étais, ne serait-ce qu'un financier qui ne se préoccupe pas de l'humain, je m'inquiéterais quand même et les actions THALES je les prévoirais sérieusement... à la baisse
a écrit le 18/01/2010 à 9:07 :
Il s'est aussi augmenté de 40% à son arrivée.
a écrit le 18/01/2010 à 8:48 :
Bonjour
la réoganisation à Thomson-csf devenu Thalès est un mal chronique, combien de fois ai-je répété qu'aucune organisation n'a pu arriver à son terme sans voir se pointer à l'horizon des donneurs de leçons incompétents et incapables de s'organiser eux-mêmes.
Cordialement
a écrit le 18/01/2010 à 8:46 :
Quand les politiciens comprendront qu'ils sont incompétents pour choisir les dirigeants d'entreprise (Crédit Lyonnais, France Télécom...), nous ferons un grand pas.
La méthode Nexter avec 80% d'ouvriers n'est pas transposable à Thalès avec 80% de cadres.
Aujourd'hui, c'est l'avenir de notre industrie d'armement qui est en jeu.
Quant au salaire de Vigneron, il devrait appliquer à son salaire la même règle qu'il applique à sa voiture de fonction: le diviser par deux au moins. Il serait cohérent.
a écrit le 17/01/2010 à 23:50 :
..."comme certains l'avait surnommé chez Nexter"... Depuis qu'ils ont viré les correcteurs le niveau est en chute libre à La Tribune
a écrit le 17/01/2010 à 21:24 :
1. Le Groupe THALES est un groupe international qui gagne de l'argent
2. Le Groupe THALES connaît des difficultés sur certains contrats, mais le Groupe THALES produit des systèmes et des équipements complexes pour des marchés dont les besoins ne sont pas toujours matures
3. MAIS le Groupe THALES s'est aussi 65.000 personnes douées d'intelligence et de compétence, et dont peu affiche de la suffisance.

Le Groupe THALES doit optimiser son organisation et mieux manager ses ressources. Pour cela, il a besoin d'un leader charismatique, reconnu à l'international, doué d'écoute, et capable d'accompagner le changement, de conduire des évolutions pas une révolution.

A suivre donc.



a écrit le 17/01/2010 à 19:32 :
Destabilisation totale chez Thales confirmée. Tous ceux qui ont contribué à construire Thales ont été "liquidés"
a écrit le 17/01/2010 à 17:41 :
"Pour autant, Luc Vigneron aurait cumulé, selon des sources concordantes, son salaire de PDG de Nexter jusqu'à l'arrivée de Philippe Burtin fin juillet à la tête du groupe public, avec celui de chez Thales. Il avait été nommé en mai PDG du groupe d'électronique."
Normal, il était toujours PDG de Nexter jusqu'à la npmination officielle de son successeur. Où est le "scandale" ?

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