Thales au bord de la crise de nerfs

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Au centre de la politique commerciale du groupe d'électronique, les divisions sont réduites à devenir de simples centres techniques. A leur grand désespoir. Inquiétudes également au sein des filiales pays, qui devront gérer les appels d'offres.

Bien que salué par le marché - il est vrai prompt à s'enthousiasmer au moindre plan d'économies annoncé -, la réorganisation de Thales fait débat. Notamment en interne. Le nouveau PDG Luc Vigneron, selon plusieurs témoignages recueillis par La Tribune, avait plutôt agréablement surpris au début de sa présentation les 400 plus haut cadres du groupe électronique venus vendredi du monde entier, qui s'attendaient à un simple plan d'économies. Il avait évoqué les pistes stratégiques pour l'avenir de Thales et rendu un hommage appuyé au travail de l'ancien patron de Thales International, Jean-Georges Malcor, qui va prendre des responsabilités chez CGG Veritas, un dirigeant historique du groupe très respecté en interne.

En revanche, Luc Vigneron a glacé son assistance, en détaillant la nouvelle organisation du groupe. Du coup, l'inquiétude prévaut dans les rang de Thales aujourd'hui encore plus que hier.

Rejet de la réorganisation

Pourquoi un tel rejet de la réorganisation de la politique commerciale internationale? "Les divisions ne servent plus à rien, elles seront juste en charge de la stratégie, de la politique produit et services ainsi que de la politique industrielle. Elles ne sont plus responsables des offres et des programmes", analyse-t-on en interne. Aujourd'hui, les filiales dans les pays clés de Thales sont responsables des offres et des programmes. Or, "elles en sont pour la plupart incapables", précise-t-on à La Tribune. Faute de moyens notamment, car Luc Vigneron a prévenu vendredi que les filiales n'auraient pas de renfort. Faute de compétences aussi, car elles n'ont pas forcément une vision précise de l'ensemble de l'offre de Thales dans tous les domaines. Même si Luc Vigneron, qui a confirmé vouloir rester dans les quatre grands marchés historiques de l'électronicien (défense, aéronautique, espace et sécurité), a décidé de réduire les lignes de produits de 44 à 33.

Dans ce nouveau cadre, les filiales étrangères, qui auront l'exclusivité de la relation avec les clients, devront détecter le besoin, puis proposer une offre et l'accompagner. Au final, elles seront responsables du compte de résultats, des bénéfices ou des pertes. Les divisions, qui profitaient des structures des filiales sur place pour gérer un programme avec le client, sont désormais réduites à un rôle de simples centres techniques.

De nouvelles procédures

Le nouvel homme fort de Thales a jugé que la décentralisation sera plus efficace pour le client et la simplification des procédures plus compétitive.

Cette nouvelle organisation sera effective dans les faits dès janvier 2010, une fois terminée la consultation des organisations syndicales. Après avoir exposé jeudi dernier au comité central d'entreprise (CCE) son projet de réorganisation, le PDG de Thales le présentera ce mardi au comité européen, puis le 21 aux principales filiales françaises de Thales. En janvier, les syndicats devront donner leur avis lors d'un CCE de consultation.

Le nouveau référentiel de Thales (La Tribune de mardi 8 décembre), dont le nom de code est "Chorus II" sera mis en place dès le 26 janvier 2010, selon nos informations. Pour justifier ce nouveau référentiel des méthodes de travail de Thales, Luc Vigneron a rappelé à ses troupes que de nombreux dérapages dans les programmes avaient été constatés. Il reproche notamment à Thales des procédures (process) ni simples ni pas assez précise ainsi qu'une application pas assez rigoureuse. Enfin, il a constaté que les responsabilités étaient diluées. En conséquence, il a souhaité renforcer l'autorité.

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Commentaires
a écrit le 22/02/2010 à 13:03 :
Luc Vigneron montre son inexpérience technique, managériale et internationale en annonçant des objectifs valables, mais sans aucun réalisme ni méthode efficace.
a écrit le 14/12/2009 à 12:50 :
Ce serait bien de faire quelques efforts pour rendre vos articles compréhensibles :

"Jean-Georges Malcor, qui va prendre des responsabilités chez CGG Veritas, un dirigeant historique du groupe très respecté en interne." => CGG Veritas est un dirigeant historique??


"des procédures (process) ni simples ni pas assez précise" !!!

"En conséquence, il a souhaité renforcer l'autorité."l'autorité de qui??? la sienne???

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