Armement : les actionnaires (Safran, MBDA) de Roxel ne divorcent plus

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Le spécialiste de la propulsion de missiles tactiques, qui fête ses dix ans d'existence ce vendredi, va rester avec ses deux actionnaires à 50-50, Safran et MBDA En revanche, la direction de Roxel a entamé des discussions préliminaires pour racheter à Safran, ses activités de propulsion tactique. Le PDG de Roxel, David Quancard, espère finaliser l'opération en 2013.

Après avoir vendu fin 2012 ses activités hypersoniques au missilier MBDA, le spécialiste de la propulsion de missiles tactiques Roxel (130 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2012) a entamé des « discussions très, très préliminaires » avec Herakles (groupe Safran) pour lui racheter ses activités de propulsion de missiles tactiques. « Nous avons ce projet de consolidation qui doit aboutir avant la fin de 2013 », annonce le PDG de Roxel, David Quancard. La filiale de Safran conçoit, développe et produit des systèmes propulsifs pour des missiles balistiques (M51) et tactiques (Mistral) ainsi que des systèmes de contrôle de vecteur de poussée pour missiles tactiques (MdcN) et intercepteurs. Ce qui représenterait « une dizaine de millions d'euros de chiffre d'affaires » supplémentaires pour Roxel, précise David Quancard. MBDA a donné son feu vert de principe pour cette opération, dont une des difficultés est de détourer les activités de propulsion de missiles tactiques d'Herakles.

Pendant longtemps, Safran, qui a réussi à finaliser en mai 2012 après plus de douze ans d'efforts la consolidation de la propulsion solide avec la création d'Herakles, a nourri l'ambition de racheter les 50 % de MBDA qu'il détenait dans Roxel. Au sein de cette PME, on était plutôt contre puisque MBDA assure environ 70 % de son chiffre d'affaire. Ce que le missilier ne serait peut-être plus tenu de faire une fois Roxel sorti de son giron. D'autant que MBDA détient 100 % de Bayer Chemie, le concurrent de Roxel. Bref, il semble que Safran se soit rangé aux arguments de la direction de Roxel et ait abandonné son projet de racheter cette PME à 100 %. Enfin, MBDA France avait acheté fin 2012 les activités d'intégration et d'essais de statoréacteurs de Roxel France.

L'activité de Roxel stable

En 2012, Roxel, qui emploie près de 600 salariés (dont moins de 200 en Grande-Bretagne) a enregistré un chiffre d'affaires de 130 millions d'euros (contre 120 millions en 2011) pour un résultat net en forte hausse à 11 millions (contre 5 millions en 2011) en raison d'éléments exceptionnels avec la cession des activités hypersoniques à MBDA. En 2013, David Quancard prévoit un chiffre d'affaires et un résultat net stables, hors éléments exceptionnels. Pour l'heure, le PDG de Roxel est inquiet des incertitudes générées par la rédaction du livre blanc et de ses conséquences financières qui pèsent sur la plupart des programmes de défense, et notamment pour ce qui le concerne le futur missile de combat terrestre MMP et l'antinavire léger ANL. Toutefois, rappelle-t-il, MBDA continue à autofinancer le développement des deux missiles, ce qui limite actuellement l'impact des reports de décision de l'Etat sur Roxel. Et la PME a arrêté la définition préliminaire du moteur du MMP.

70 % des prises de commandes à l'export

En 2013, au niveau des prises de commandes, David Quancard estime que « tout dépendra du niveau des commandes étatiques », notamment s'agissant des programmes MMP et ANL, qui quoi qu'il arrive sera lancé en Grande-Bretagne dans sa version britannique (FASGW-Future anti-surface guided weapon), dont les commandes seront honorées par Roxel UK. Si la France ne lance pas ce programme, c'est « le nombre de missiles qui sera réduit ». Outre, le MMP et l'ANL-FASGW, le patron de Roxel mise beaucoup sur l'export, qui a représenté 70 % des prises de commandes. « Elles ont tendance à augmenter », souligne-t-il.

Il s'attend à une commande venant d'Inde de « quelques dizaines de millions d'euros » avec le programme SRSAM (Short Range Surface to Air Missile, un missile sol-air de nouvelle génération), qui, une fois approuvé par New Delhi sera co-développé et coproduit en Inde avec Bharat Dynamics Limited. Un contrat de l'ordre de 6 milliards de dollars (4,5 milliards d'euros), dont 1,8 milliard reviendrait à MBDA, qui attend depuis des années cette très belle commande. Au Brésil, sous la conduite de MBDA, Roxel a transféré la technologie à Avibras pour développer et fabriquer le moteur de l'Exocet MM40. Roxel a également des espoirs de commandes avec les roquettes GLMRS, en partenariat avec l'américain Lockheed Martin, et la 122 mm Phenix avec le polonais Bumar ainsi que le missile RBS-15 de Saab Bofors Dynamics.

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Commentaires
a écrit le 12/04/2013 à 16:07 :
Votre titre est faux (et d'ailleurs le texte donne la bonne information), l'actionnaire de Roxel aux cotés de Safran est bien MBDA et non pas Thales!
Réponse de le 12/04/2013 à 16:36 :
Je vous prie de m'excuser. Une faute inadmissible. Michel Cabirol
Réponse de le 12/04/2013 à 17:02 :
C'est des choses qui arrivent. Trop de caïpirinha ?
a écrit le 12/04/2013 à 15:51 :
Les actionnaires de ROXEL sont MBDA et SAFRAN, et non THALES et SAFRAN.

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