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Entreprises & FinanceAéronautique & Défense

Aéronautique : la croissance ralentit

Photo de Michel Cabirol

Michel Cabirol

Publié le 09 avril 2015 à 15:08 - Mis à jour le 10 avril 2015 à 14:01

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En dépit de quelques nuages menaçants, la filière aéronautique française reste en pleine forme même si la croissance du secteur a ralenti en 2014. Elle recrute également de moins en moins.

Quoi de neuf sous le soleil du GIFAS (Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales) ? En 2014, la filière aéronautique française a confirmé - ce n'est pas une surprise - sa pleine forme du moment. Le président du GIFAS, Marwan Lahoud, a d'ailleurs qualifié l'année 2014 "d'année solide" pour la filière avec des carnets de commandes qui représentent en moyenne "5 à 6 ans de production". "Une fois de plus, l'industrie a montré qu'elle est un pôle d'excellence technologique et économique", a-t-il rappelé. Il a souligné que "l'activité est portée par l'export", qui a généré 33,1 milliards de chiffre d'affaires (+ 6% par rapport à 2013). La filière a contribué à hauteur de 23,6 milliards d'euros à la balance commerciale de la France.

Le secteur "profite pleinement de la croissance du trafic aérien" au niveau mondial, s'est-il réjoui. Les résultats parlent d'eux-mêmes : un chiffre d'affaires en hausse de 2,9%, à 50,7 milliards d'euros (47,9 milliards en 2013) et des prises de commandes en croissance à de très hauts niveaux, 73 milliards d'euros, soit le record pratiquement égalé de l'année dernière (73,1 milliards). Pour autant, la croissance de la filière ralentit. Les progressions de chiffre d'affaires et de prises de commandes ont nettement décéléré par rapport à 2013, qui avait vu respectivement des hausses de 9% et 49%.

"La supply chain" ne décroche pas

Au-delà des grands maîtres d'œuvre, la "supply chain" ne s'essouffle pas et suit le rythme d'enfer imprimé par les donneurs d'ordres. Les sous-traitants (ETI et PME) ont réalisé un chiffre d'affaires de 16,5 milliards, en hausse de 6%, à 16,5 milliards d'euros (15,1 milliards en 2013), et des prises de commandes en croissance de 5,2%, à 16,8 milliards (13,3 milliards en 2013).

Le président du GEAD (Groupe des équipements aéronautiques et de défense), Emmanuel Viellard, a estimé que la "supply chain" allait "poursuivre sa forte croissance", notamment avec "une dynamique très significative pour les PME". Entre 2007 et 2013, le chiffre d'affaire des PME dans l'aéronautique a fait un bond de plus de 41%. "Nous avons réussi le ramp up (montée en cadence)", a-t-il expliqué.

La défense gâche la fête

En dépit de cette santé insolente, quelques nuages menaçants viennent perturber la ligne de vol des entreprises de la filière aéronautique, qui sont souvent duales. Marwan Lahoud s'est fait l'écho de l'inquiétude générée par l'exécution de la loi de programmation militaire (LPM),"bâtie au niveau juste suffisant", notamment l'exercice 2015. "La LPM est en danger", a-t-il assuré. "A ce jour, il y a un trou de 3 milliards d'euros pour la seule année 2015 et un report de charges de 2,4 milliards d'euros dus à l'industrie", a-t-il expliqué.

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Pourquoi 3 milliards d'euros? 2,4 milliards de recettes exceptionnelles, dont 2,2 milliards encore incertaines générées par les futures sociétés de projet ou, pourquoi pas, par le fameux plan B de Bercy jamais dévoilé. Le GIFAS ajoute le surcoût de l'opération Sentinelle dans le cadre de Vigipirate, estimée selon nos informations entre 240 et 250 millions d'euros, le surcoût des opérations extérieures (OPEX), qui va dépasser le milliard et qui sera financé en interministériel, dont le ministère de la Défense, et, enfin, la moindre déflation des effectifs annoncée par le président de la République. Soit une estimation de 3 milliards d'euros à laquelle il faut toutefois déduire notamment la moindre livraison des Rafale à l'armée de l'air française (8 au lieu de 11).

Stabilisation des effectifs en 2015

Finie l'envolée des embauches. La filière va mettre les aéro-freins en 2015. "Les arbres ne montent pas au ciel", a prévenu Marwan Lahoud, qui prévoit une stabilisation des effectifs. Du coup, en termes d'emplois, cela va se traduire par une poursuite des embauches en 2015, avec une prévision de 8.000 recrutements, principalement des techniciens et opérateurs qualifiés. Ce qui  correspond principalement à des remplacements de départs à la retraite. Soit effectivement une stabilisation des embauches après des années fastes.i

L'année 2014 a été marquée par une décélération significative. Car 2013 avait été une année record en matière d'emplois, avec 177.000 personnes travaillant dans la profession (170.000 en 2012), 13.000 recrutements et 6 000 emplois net créés. Au 31 décembre 2014, la filière représentait 180.000 personnes, avec 10.000 recrutements effectués en 2014 et 2.000 emplois net créés et 1.000 emplois supplémentaires générés par les nouveaux adhérents.

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Enfin, la filière peine à recruter à certains postes. Du coup, une grosse entreprises du secteur a dû faire venir de la main d'oeuvre étrangère venue de Pologne et de Tunisie en France pour accompagner la montée en cadence de la production. Marwan Lahoud a regretté "le peu d'engouement des jeunes en France pour certaines catégories de métiers".  Notamment des soudeurs, des ajusteurs, des monteurs, des chaudronniers.

Michel Cabirol

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