Affaire Karachi : sept personnes, dont deux anciens ministres, renvoyées en correctionnelle

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L'une des hypothèses envisagées est que la fin du versement des commissions est à l'origine de l'attentat de Karachi qui a coûté la vie en 2002 à 15 personnes dont 11 ouvriers français de la Direction des Constructions Navales.
L'une des hypothèses envisagées est que la fin du versement des commissions est à l'origine de l'attentat de Karachi qui a coûté la vie en 2002 à 15 personnes dont 11 ouvriers français de la Direction des Constructions Navales. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2010. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Le parquet général de Lyon a requis la confirmation de l'ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel de sept personnes, dont deux anciens ministres, Renaud Donnedieu de Vabres et François Léotard, ainsi que l'homme d'affaires sulfureux Ziad Takieddine, dans le volet financier de l'affaire Karachi.

Le parquet général de Lyon a requis vendredi la confirmation de l'ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel de sept personnes, dont deux anciens ministres, Renaud Donnedieu de Vabres et François Léotard, ainsi que l'homme d'affaires sulfureux Ziad Takieddine, dans le volet financier de l'affaire Karachi, a-t-on appris auprès du ministère. Cette affaire d'abus de biens sociaux présumés porte sur des faits liés à des contrats d'armement et à la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995.

Le parquet général a demandé que soient jugés Renaud Donnedieu de Vabres, conseiller spécial au cabinet du ministre de la Défense d'Edouard Balladur, François Léotard, entre 1993 et 1995, deux proches d'Edouard Balladur, Nicolas Bazire et Thierry Gaubert, Dominique Castellan, ancien PDG de la Direction des Constructions Navales, Ziad Takieddine et un autre intermédiaire en armement. Leurs avocats ont demandé un non-lieu.

Financement de la campagne de Balladur?

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Lyon indiquera la date de son délibéré en début de semaine prochaine. Au terme de leur enquête sur le volet financier de l'affaire, les juges d'instruction parisiens avaient décidé, en juin 2014, de renvoyer ces six personnes en correctionnelle. Mais la Cour de cassation a ordonné, le 10 février 2016, un réexamen de cette affaire par la cour d'appel de Lyon, d'où ces nouvelles réquisitions.

Les juges semblent convaincus qu'une partie des commissions perçues par l'intermédiaire en armement Ziad Takieddine à la faveur de contrats signés avec l'Arabie saoudite et le Pakistan ont servi à financer la campagne d'Edouard Balladur via un système de rétrocommissions. L'une des hypothèses envisagées est que la fin du versement des commissions est à l'origine de l'attentat de Karachi qui a coûté la vie à 15 personnes dont 11 ouvriers français de la Direction des Constructions Navales, en 2002.

La Cour de justice de la République (CJR), seule habilitée à juger des ministres pour des délits commis dans l'exercice de leur fonction, enquête de son côté sur le rôle présumé joué par l'ancien Premier ministre UMP Edouard Balladur et son ancien ministre de la Défense François Léotard.

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Commentaires
a écrit le 07/11/2016 à 13:36 :
"pour éviter que le temps ne gâche les vacances"

Sur deux semaines de vacances réservées deux semaines avant, ce qui est franchement court déjà, ça m'étonnerait qu'ils puissent être précis.
a écrit le 06/11/2016 à 11:06 :
Merci pour cet article même si un résumé de l'affaire Karachi n'aurait pas été de trop.
a écrit le 05/11/2016 à 18:03 :
Et Balladur dans tout ça ,il sera jugé après sa mort et par la Haute Cour de Justice qui ne sert à rien .A quand une justice identique pour tous?
a écrit le 05/11/2016 à 18:02 :
On doit faire rire beaucoup de monde, plus de vingt ans pour élucider cette affaire, on croit réver. et que dire des autres (affaires) on comprend pourquoi les politiques ne donnent pas de moyens à la justice. effarant. (et on se moquer de Coluche disant cela)!!!!!!!
Réponse de le 05/11/2016 à 21:20 :
Cette affaire n'est d'ailleurs pas élucidée. Les liens entre l'affaire de rétrocommissons et l'attentat ne sont pas prouvés, et pour cause, il aurait fallu enquêter au Pakistan et identifier les auteurs et instigateurs de l'attentat. Comme "preuves" on n'a que des déclarations comme "c'est plausible"... On voit mal ce qui pourrait ressortir de tout ça sinon une relaxe générale, ou encore plus probablement une constatation que tout ça est prescrit si aucune preuve du lien entre les deux affaires n'est donnée.
a écrit le 05/11/2016 à 17:59 :
Si l'attentat est lié comme beaucoup semblent le penser à l'arrêt des versements de commissions, n'est-ce pas dire que le coupable est celui qui a ordonné cet arrêt des versements ? Parce qu'il faudrait le juger lui aussi, et en priorité, donc...Juste pour établir s'il a ordonné l'arrêt des versements par inadvertance, parce que sa conscience juridique le lui commandait, parce que la loi l'imposait ou pour nuire à quelqu'un, par exemple ...
Réponse de le 05/11/2016 à 21:25 :
Chirac, à l'instigation de Villepin, pour assécher les balladuriens... Mais même s'il était prouvé que cet arrêt a déclenché un processus qui a provoqué l'attentat, le fait en soi d'arrêter le versement de commissions (commissions qui quoi que légales à l'époque n'en étaient pas moins de la corruption de décideurs étrangers) n'est pas en soi répréhensible ni donc passible d'un jugement.
Réponse de le 06/11/2016 à 11:43 :
@bruno_bd : Mise en danger de la vie d'autrui ? Détournement de pouvoir ? Je parie que si on cherche, on trouvera : il y a tout de même 15 morts, qui ont une famille, des enfants, des parents...bref, des gens qui avaient une vie...
a écrit le 05/11/2016 à 17:56 :
Oui cette affaire est longue mais je remercie la justice car comment ne pas imaginer les entraves politiques pour que les enquêteurs soient ralentis comment ne pas imaginer tous les mensonges de nos politiciens et les entourages amis et véreux pour se protéger. Je pense que nous n'aurons jamais la totale vérité de cette affaire mais peut-être démontrera t elle que les politiques, même devant la mort nos concitoyens, des familles brisées, ont un comportement abjecte. Le sujet est tellement grave que si leur implication est avérée alors la condamnation est la perpétuité peu importe leur âge, un jugement juste autant pour avoir entrainé la mort d'hommes mais également en tant que politique dont nous connaissons déjà la corruption, le mensonge, l'improbe en fait tout ce qui est loin des mots qui n'ont pas de sens en politique, éthique, morale, vertu.
Réponse de le 05/11/2016 à 21:35 :
Allons détendez-vous ce n'est que douze sans dents.
Depuis quand les problèmes du commun des mortels comptent pour nos politiques?
Regardez leur dernier débat. quel est le sujet? Pas le chomage, le commerce extérieur, mais que faire de Francois Bayrou.
Alors maintenant la justice n'a qu'à faire en sorte de bien juger entre le sans dent et le brillat politique sorti de la cuisse de Jupiter
a écrit le 05/11/2016 à 17:13 :
Cette affaire est de nature strictement délictuelle,et aucun lien n'a pu être prouvé entre la possible affaire de rétrocommissions de 1994-95 et l'attentat de 2002.Il me semble qu'en matière correctionnelle le délai de prescription est de 3 ans, je suis donc très curieux d'entendre les arguments de la justice pour justifier la tenue d'un procès 21 ans après les faits allégués. Et de l'entendre expliquer pourquoi Léotard, qui était ministre à l'époque , ne serait pas jugé par la cour de justice de la république.
Réponse de le 06/11/2016 à 9:18 :
Allez donc visiter le code pénal et le code de procédure. Vous vous rendrez compte que la prescription est suspendue dès lors qu'un acte judiciaire interruptif est engagé dans les délais, et hop celà repart. Il faut bien celà face à tous les stratagèmes innovés par des délinquants fuyards. La même chanson pour les emplois fictifs de la ville de Paris. Celà tend à prouver que la justice ne s'en laisse pas conter. Il faut seulement déplorer la faiblesse des condamnations lorsque l'histoire arrive au bout.
a écrit le 05/11/2016 à 15:32 :
Et pourquoi pas Edouard Balladur?... et Nicolas $arkozy de Nagy Bocsa partie prenante de la campagne de celui-ci, au même titre que Bazire dont en plus "Il est depuis 1993 un proche de Nicolas Sarkozy et un de ses conseillers personnels. Il a été son témoin lors de son mariage avec Carla Bruni le 2 février 2008".
A mon avis, lorsque $arkozy de Nagy Bocsa aura été désigné le poulain des LR, les grandes manoeuvres politico-financières vont recommencer. A moins que son camp ne prenne les devants et le "dézingue" avant devant une telle perspective...
a écrit le 05/11/2016 à 14:25 :
Tiens, curieux, Sarkozy n'est pas dedans !!??!!
Réponse de le 05/11/2016 à 17:05 :
Il ne vous aura pas échappé qu'il a été mis hors de cause de cette affaire-là depuis déjà un bon bout de temps...
a écrit le 05/11/2016 à 13:23 :
Près d'un quart de siècle après les fait, on appréciera la sage lenteur que la magistrature a adopté, et qui n'a surement rien à voir avec la couleur politique des majorités en place entre 1995 et 2014.

Et puis la tribune omet de mentionner le rôle en arrière plan du ministre du budget de l'époque qui avait avalisé les contrats en dépit de l'opposition de sa direction et avait fait ouvrir un compte étonnant au Luxembourg dans le cadre de ces contrats.

Passons, la loi n'y a rien trouvé à redire semble t'il mais c'est étonnant qu'on retrouve cet individu un peu partout en ombre chinoise.

Et puis une dernière remarque.
1995: financement occulte de la campagne de Balladur
2002: les comptes de campagne de Chirac sont tellement troubles que le CC est à deux doigts de les invalider. Pour sauver le soldat Chirac, M Dumas est invité à voter en sa faveur.
2007: forts soupçons de financement libyens de la campagne de M Sarkozy. L'affaire est toujours en cours d'enquête et loin d'être close.
2012: La leçon de 2007 n'a pas porté, Un premier dépassement de 300 000 euros est sanctionné, mais selon les élements de l'affaire bygmalion, il pourrait dépasser 26 millions d'euros..

D’où ma question?
Quand pour la dernière fois la droite a t'elle mené une campagne "propre"?
Réponse de le 05/11/2016 à 14:30 :
Curieux, la contribution est beaucoup moins factuelle sur la campagne de Rocard financée par le compte en Suisse de Cahuzac ???
Réponse de le 05/11/2016 à 15:06 :
Que voulez vous le régime mis en place par Roland Dumas en 1995 a prouvé que l'on pouvais rester entre soit et éliminer les opposants (Ex Cheminade) alors pourquoi se priver? Il est même étonnant que la justice soit encore autorisée à travailler.
Réponse de le 05/11/2016 à 18:59 :
Ah bon? Rocard a été candidat à une campagne présidentielle?

C'est vrai, en 1969... Cahuzac avait 17 ans.
Réponse de le 05/11/2016 à 21:32 :
"2002: les comptes de campagne de Chirac sont tellement troubles que le CC est à deux doigts de les invalider. Pour sauver le soldat Chirac, M Dumas est invité à voter en sa faveur." Intéressant... Dumas aurait voté la validation des comptes de campagne Chirac 2002 alors qu'il n'était plus ni membre ni président du Conseil Constitutionnel depuis le 29 février 2000. Qui veut trop prouver...
Réponse de le 06/11/2016 à 9:01 :
Ouppps... campagne de 95, le temps passe si vite.

Donc la droite arriverait a faire 1 campagne sur 4 sans frauder?...wouaaah !
a écrit le 05/11/2016 à 13:08 :
C'est tout de même extraordinaire de continuer à lier l'attentat de 2002 à de possibles représailles à un arrêt de versement de commissions 7 ans plus tôt, alors que rien dans les investigations (qui n'ont d'ailleurs pas été menées au Pakistan) ne permet d'étayer cette hypothèse. Il est quand même abracadabrantesque de continuer à lier ces deux faits, alors que 95% des commissions avaient été versées, et même en totalité aux intermédiaires pakistanais, que l'attentat a eu lieu plus de 6 ans après, et dans un contexte où les attentats anti-occidentaux étaient fréquents au Pakistan (3 mois après l'assassinat de Daniel Pearl par Al Qaida dans cette même ville). S'il ne s'agit pas d'un attentat islamiste anti-occidental (favorisé d'ailleurs par des trous dans la protection des employés de la DCNS à Karachi, comme le non-changement quotidien de l'itinéraire de leur autocar), son facteur déclenchant est sans doute autre, peut-être la vente de sous-marins à l'Inde peu de temps avant l'attentat, en violation de l'engagement verbal donné semble-t-il au Pakistan.
Réponse de le 05/11/2016 à 19:39 :
Il ne vous aura pas échappé que les prévenus sont renvoyés devant la justice pour "abus de bien social" et non terrorisme.
Et s'ils en sont là aujourd’hui c'est que les enquêteurs ont pu, malgré toutes les embûches que leur ont tendus les gouvernements successifs, remonter les filières.

Il y aurait un moyen très simple pour Balladur et consort de démontrer leur innocence. Il leur suffirait d'indiquer laprovenance de leur financement de campagne...et autrement qu'avec des ventes de tee-shirt.

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