Après 14 vols réussis, le lanceur européen Vega connait son premier échec

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La retransmission vidéo du lancement de Vega, qui devait mettre en orbite le satellite espion emirati FalconEye 1 (photo), a montré qu'après deux minutes, la trajectoire a commencé à dévier de la normale, puis s'est nettement dégradée, selon le terme d'Arianespace
La retransmission vidéo du lancement de Vega, qui devait mettre en orbite le satellite espion emirati FalconEye 1 (photo), a montré qu'après deux minutes, la trajectoire a commencé à dévier de la normale, puis s'est nettement "dégradée", selon le terme d'Arianespace (Crédits : Airbus)
Le lancement d'un lanceur italien Vega, qui devait mettre en orbite un satellite pour le compte des Émirats arabes unis, a échoué dans la nuit de mercredi à jeudi depuis la Guyane.

Article complété (deuxième paragraphe) le 11 juillet à 18h17

Le lanceur italien Vega a connu son premier échec après quatorze lancements réussis. Environ deux minutes après le décollage du lanceur, peu après l'allumage du deuxième étage (Zefiro 23), une anomalie majeure est apparue sur le lanceur, "entraînant la fin prématurée de la mission", a expliqué Arianespace dans un communiqué publié jeudi. Les analyses de données sont en cours pour préciser les raisons de cet échec. Une commission d'enquête indépendante sera mise en place dans les heures qui viennent, a précisé la société européenne de services de lancements. Il s'agissait du sixième lancement de l'année pour Arianespace.

L'Agence Spatiale Européenne (ESA) et Arianespace ont décidé de mandater une Commission d'Enquête indépendante, a précisé dans un communiqué publié en fin d'après-midi la société de services de lancements. "Elle a pour missions d'analyser les raisons de cet échec et de définir les mesures nécessaires à mettre en œuvre pour un retour en vol de Vega dans toutes les conditions de sécurité requises", a précisé le communiqué. Cette commission d'enquête est co-présidée par l'Inspecteur général de l'ESA et le directeur technique et qualité d'Arianespace.

Une trajectoire dégradée

La retransmission vidéo du lancement a montré qu'après deux minutes, la trajectoire a commencé à dévier de la normale, puis s'est nettement "dégradée", selon le terme d'Arianespace. Le lancement avait été reporté à deux reprises en raison de vents d'altitude au-dessus du Centre spatial guyanais (CSG). Initialement prévu dans la nuit de vendredi à samedi à Kourou, il avait été reprogrammé une première fois à cause du vent puis à nouveau dimanche pour les mêmes raisons. Cet échec intervient dans un moment très difficile pour la filière lanceur européenne, très durement concurrencée par les nouveaux lanceurs réutilisables notamment américains et par d'éventuels nouveaux entrants.

"Cet échec de Vega nous rappelle une fois encore que nous faisons un métier difficile, où la frontière entre le succès et l'échec est extrêmement ténue. Il est d'autant plus inattendu qu'il intervient après 14 succès qui avaient démontré la maturité de ce système de lancement. Nos équipes vont immédiatement se remettre au travail pour analyser, comprendre et corriger les causes de cette défaillance afin que nous puissions repartir en vol dans les meilleurs délais", a expliqué dans un communiqué publié jeudi, le président du CNES, Jean-Yves Le Gall

Le satellite espion émirati FalconEye 1 perdu

Le lanceur Vega devait mettre en orbite un satellite espion FalconEye1 pour le compte des Émirats arabes unis. FalconEye est un programme d'observation de la Terre par satellite optique à très haute performance au profit des Forces Armées des Émirats arabes unis (UAEAF). Le système FalconEye repose sur deux satellites identiques, FalconEye1 et FalconEye2, placés sur une orbite héliosynchrone (SSO). Chaque satellite est équipé d'une charge utile d'observation de la Terre dotée de capacités optiques à très haute résolution. Il est complété par un système sol dédié à la surveillance, à la réception et au traitement des images.

La mission de FalconEye 1 était double : "répondre aux besoins des forces armées des Emirats arabes unis et fournir des images au marché commercial", selon Arianespace. Il pesait environ 1.197 kg au décollage et devait être placé en orbite à 611 kilomètres de la Terre. Ce satellite avait été développé par un consortium mené par Airbus Defence and Space en tant que mandataire et Thales Alenia Space (TAS) en co-maîtrise d'œuvre. Airbus, maître d'œuvre industriel, est responsable du design du satellite, de son intégration et des tests associés ainsi que de la fourniture de la plateforme. De con côté, TAS a fourni la charge utile à haute performance comportant l'instrument optique à très haute résolution et le sous-système de transmission des images.

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a écrit le 12/07/2019 à 1:56 :
On peut lire "L'Agence Spatiale Européenne (ESA) et Arianespace ont décidé de mandater une Commission d'Enquête indépendante (...)"

Et plus loin "Cette commission
d'enquête est co-présidée par l'Inspecteur général de l'ESA et le directeur technique et qualité d'Arianespace."

Quelle belle invention ces "commissions indépendantes" quand même !

Bon, ce satellite ne tombera jamais dans les mains de groupes islamistes, c'est déjà ça !
a écrit le 11/07/2019 à 21:33 :
Tant qu'elle fonctionnait,c'était une fusée européenne,maintenant qu'il y a échec,on la rend à son propriétaire italien.Décidément....
a écrit le 11/07/2019 à 19:14 :
Etre Vega dans les satellites est ce comme être Végan chez les people ?
Attention au cartel de la compote cependant... message sublime ! inhale !
a écrit le 11/07/2019 à 10:07 :
Eh bien on peut le voir comme un retour de bâton pour l'arrogance italienne, après avoir tenté d'imposer Vega-C contre Ariane 62 contre l'équilibre du programme, après avoir refusé d'intégrer Ariane Group contre l'équilibre du programme, et pour avoir voulu gérer le opérations de lancement des Vega contre l'équilibre du programme. L'opportunisme ça finit par se payer tôt pu tard.
Réponse de le 11/07/2019 à 14:39 :
"L'opportunisme ça finit par se payer tôt pu tard."

Vous parlez donc de sabotage là !
Le gouvernement Italien devrait mener l'enquete
Réponse de le 11/07/2019 à 21:27 :
Vous voulez dire que la France serait peut-être à l'origine de cet échec?.Il est vrai qu'elle a freiné des quatre fers,avant d'accepter Vega.
a écrit le 11/07/2019 à 8:41 :
Ce satellite était destiné aux EAU,
Ceci expliquerait il cela ?
Il y a certainement des possibilités pour quiconque ne veut pas voir ce type de satellite être exploité par un pays tel les EAU d'agir de manière malveillante avant, et pendant un lancement.
La propulsion du lanceur n'est pas en cause, seulement sa trajectoire.
Complot ou pas, la question doit être posée.
Réponse de le 11/07/2019 à 16:17 :
"La propulsion du lanceur n'est pas en cause, seulement sa trajectoire". Euh, si la propulsion est défaillante, la trajectoire peut en être affectée.
Par exemple si un cardan casse, le moteur ne pourra plus orienter sa pousser et la trajectoire sera erronée.

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