Spatial : l'italien Avio prend à Kourou le manche du lanceur Vega

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Le maintien de la qualité est le principal challenge d'Avio, explique-t-on à La Tribune
Le maintien de la qualité est le principal challenge d'Avio", explique-t-on à La Tribune
La nouvelle organisation donne aux industriels la responsabilité des opérations de tir jusqu'au décollage des lanceurs. Une première pour Avio, responsable du onzième lancement de Vega, qui va emporter dans la nuit de mardi à mercredi un satellite espion marocain.

C'est une grande première pour le onzième vol de Vega depuis le début de son exploitation au Centre spatial guyanais (CSG) en 2012. Le petit lanceur italien, qui doit être lancé dans la nuit de mardi à mercredi avec à son bord un satellite espion marocain (Mohammed VI-A), est désormais sous la  responsabilité complète de l'industriel Avio jusqu'à son décollage (H zéro). Le spécialiste italien de la propulsion de lanceurs avait déjà partagé en août cette responsabilité à l'occasion du dixième vol de Vega, avec Arianespace, qui était jusqu'alors le seul industriel à tenir le manche une fois le lanceur arrivé à Kourou. Ce n'est plus le cas aujourd'hui avec la nouvelle organisation exigée par ArianeGroup et Avio.

Ainsi, la nouvelle organisation industrielle de la filière lanceurs a réduit le périmètre et la responsabilité d'Arianespace, et par conséquent, sa charge de travail. Ce transfert s'est opéré en faveur des opérateurs industriels, l'italien Avio et ArianeGroup. C'est déjà vrai pour le lanceur Vega, dont Avio est désormais responsable jusqu'à H zéro. Ce sera bientôt aussi le cas pour les lanceurs Ariane. En conséquence, les doublons apparus dans cette nouvelle organisation entre Arianespace et les maîtres d'oeuvre (ArianeGroup et Avio) sont en passe d'être supprimés en partie. Pour autant, Arianespace va continuer à entretenir une petite équipe de spécialistes pour faire l'interface entre les industriels et Arianespace, qui sera responsable de la partie vol.

Avio doit remettre un lanceur conforme

Qu'est-ce que cela change? A priori rien pour les clients, qui continuent de discuter avec Arianespace. Mais Vega, qui va réaliser pour la huitième fois une mission au service de l'observation de la Terre, reste un lanceur relativement difficile à mettre en œuvre. Fortes de leur expérience, les équipes d'Arianespace ont réussi à maîtriser ce lanceur grâce à sa robustesse naturelle. "Chaque vol de Vega a été limite", explique-t-on toutefois à La Tribune. Des problèmes jusqu'ici sans aucune conséquence ont été constatés quand le lanceur est le plus sollicité par la pression atmosphérique (pression dynamique).

Pour le PDG d'Arianespace, Stéphane Israël, le défi sera de faire en sorte qu'Avio applique les process mis en place avec rigueur par sa société jusqu'à la fin de la chronologie avec les mêmes principes de qualité. "Le maintien de la qualité est le principal challenge d'Avio", fait-on valoir à La Tribune. Aux Italiens donc de dimensionner leurs équipes pour faire face à ce type d'opération. Mais Avio qui n'a semble-t-il pas augmenter ses équipes, pourrait pécher par excès de confiance en raison de la réussite initiale de Vega. En tout cas, "Avio doit à Arianespace la livraison d'un lanceur conforme", explique un spécialiste. Enfin, Arianespace, qui dispose encore d'une petite visibilité en se faisant présenter les revues du lanceur par Avio, garde le droit de s'opposer à un décollage. Mais qui sera responsable d'un échec du lanceur en vol ? Arianespace ou les industriels ? A voir...

Mise en orbite d'un satellite espion marocain

Arianespace, via son lanceur polyvalent Vega, mettra en orbite le satellite Mohammed VI-A. Ce satellite d'observation de la Terre pour le Royaume du Maroc a été développé par le  consortium Thales Alenia Space (TAS) en tant que mandataire et Airbus en co-maîtrise d'œuvre. Le satellite Mohammed VI-A servira notamment aux activités cartographiques et cadastrales, à l'aménagement du territoire, au suivi des activités agricoles, à la prévention et à la gestion des catastrophes naturelles, au suivi des évolutions environnementales et de la désertification ainsi qu'à la surveillance des frontières et du littoral.

Responsable du système, TAS a fourni la charge utile comportant l'instrument optique, le sous-système de transmission image ainsi que le segment sol de traitement et production des images. Airbus est responsable du satellite et de son intégration, dont il a fourni la plate-forme, ainsi que du segment sol de planification mission et de contrôle du satellite.

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