Vega, ce lanceur italien qui fait un sans-faute et qui concurrence... Ariane 6

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Dans la nuit de mardi à mercredi, Vega a parfaitement réussi sa mission depuis le Centre Spatial Guyanais en mettant en orbite le satellite militaire Mohammed VI-B (1,1 tonne au décollage) pour le compte du Maroc.
Dans la nuit de mardi à mercredi, Vega a parfaitement réussi sa mission depuis le Centre Spatial Guyanais en mettant en orbite le satellite militaire Mohammed VI-B (1,1 tonne au décollage) pour le compte du Maroc. (Crédits : Arianespace)
Le lanceur italien Vega a mis sur orbite le satellite militaire Mohammed VI-B pour le compte du Maroc. Vega signe son treizième succès consécutif depuis le début de son exploitation en 2012.

Treize lancements, treize succès. Développé et fabriqué par l'industriel italien Avio, le lanceur italien Vega est véritablement né sous une très bonne étoile. Dans la nuit de mardi à mercredi, Vega a parfaitement réussi sa mission depuis le Centre Spatial Guyanais en mettant en orbite le satellite militaire Mohammed VI-B (1,1 tonne au décollage) pour le compte du Maroc. Le satellite a été développé par le consortium constitué de Thales Alenia Space en tant que mandataire et Airbus Defence and Space en co-maîtrise d'œuvre.

En 2018, le lanceur italien a réussi son second vol et signe ainsi son 13e succès consécutif, dont 11 missions d'observation de la Terre depuis le début de son exploitation en 2012. Soit déjà 28 satellites mis en orbite par le lanceur italien, qui peut placer en orbite des satellites jusqu'à 1,5 tonne de masse. Vega et son petit frère Vega C ont engrangé dans leur carnet de commandes onze missions à lancer. Dernièrement Vega a été sélectionné par GHGSat pour la mise en orbite de son satellite GHGSat-C1. Le vol aura lieu en 2019 dans le cadre du vol de démonstration du service de lancement de petits satellites (Small Spacecraft Mission Service ou SSMS).

Vega, un concurrent d'Ariane 6?

Le futur lanceur italien sera-t-il un concurrent pour Ariane 6? Pour certains experts, le futur lanceur Vega C, dont le premier vol est prévu fin 2019, est déjà un sérieux rival pour Ariane 6, notamment sur le marché des missions institutionnelles. Des missions qui pourraient venir sur des lancements doubles d'Ariane 6. "Le programme Vega vit parce qu'Ariane 6 ne vit pas, analyse un bon observateur du spatial. Vega est la solution aujourd'hui". La nouvelle version du lanceur léger offrira d'ailleurs une augmentation de performance en termes de capacité d'emport de satellite (masse et volume utiles), une capacité à accomplir une variété encore plus importante de missions (des nanosatellites aux gros satellites optiques et radars) et renforcera encore la compétitivité du service de lancement.

Et ce n'est pas terminé puisque Vega E (Evolution), qui succédera à Vega C, augmentera sa capacité d'emport et viendra mordre dans le bas de la fourchette d'Ariane 62. Il sera capable par exemple de lancer un satellite Galileo (2,3 tonnes environ). Les Italiens veulent absolument développer cette nouvelle version, qui sera mise en service en 2024. La semaine dernière, dans les locaux industriels à Colleferro (près de Rome), Avio a testé avec succès le prototype du nouveau moteur de l'étage supérieur (méthane-oxygène M10), développé en partenariat avec l'Agence spatiale européenne pour le programme Vega E. Et dire que les Français ont été appelés en dernier recours par l'Agence spatiale italienne (ASI) pour mettre au point le lanceur Vega pour pallier les difficultés des Italiens à terminer le programme...

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Commentaires
a écrit le 22/11/2018 à 19:50 :
Bravissimo ! et c'est de bon cœur.
a écrit le 22/11/2018 à 1:53 :
Il me semble si je ne m'abuse que Vega fait déjà partie de l'offre commerciale d'Ariane et que sa technologie est très largement dérivée d'Ariane d'ailleurs.
Cela n'est donc pas véritablement une concurrence étant donné que les italiens participent au programme Ariane.
Il est cependant évident qu'Ariane 6 n'est qu'un prétexte pour privatiser un programme spatial qui a été financé par les peuples européens. Ce qui est à la fois inadmissible d'un point de vue démocratique et une dépossession au profit d’intérêts privés.
Il aurait été plus simple,moins cher et surtout plus pérenne de miser directement sur Vega dés le départ en tant que concurrent des lanceurs légers comme Space X. Coté Lanceur Lourd, Ariane reste un champion incontesté depuis presque 20 ans à présent.
Ce dossier est pour moi incompréhensible et il a été rendu possible uniquement par le désintérêt des peuples européens pour le spatial car contrairement aux USA et aux Chinois, nos politiciens ne savent pas raconter des histoires qui font rêver et pour le spatial c'est indispensable.
Réponse de le 22/11/2018 à 11:06 :
"Ce dossier est pour moi incompréhensible" globalement c'est ce que je vois car :
Space X n'est pas placé sur les lanceurs légers et donc VEGA n'est pas son concurrent. la Falcon 9 c'est presque 23t en orbite basse soit dix fois VEGA.
Quant à Ariane 5 n'est plus un champion incontesté mais au contraire un champion vieillissant et très contesté d'où Ariane 6.
a écrit le 21/11/2018 à 23:25 :
Peut-on réellement parler de concurrence entre Vega et Ariane 6 alors que Vega est conçue pour l'orbite basse et Ariane 6 pour le GTO ?

Vega ne peut pas atteindre le GTO. Et sur son orbite optimale, l'orbite basse, elle a des capacités 5 à 10 fois inférieures à Ariane 6 ; deux marchés sans aucun rapport :
Vega : 2,3 tonnes
Ariane 62 : 10,4 tonnes
Ariane 64 : 20,6 tonnes
Réponse de le 26/11/2018 à 18:38 :
Les moteurs développés et produits par AVIO : P80 P120 Zefiro 23 , Zefiro 9, AVUM Vega Vega C Vega E avec 1 ou deux moteurs et sur Ariane deux ou quatres.
Prochain moteur:
Avio, développe un nouveau moteur pour propulser l'étage supérieur du futur lanceur Vega-E, une évolution du Vega-C, elles ont décidé d'utiliser un moteur fonctionnant avec un mélange d'oxygène et de méthane liquides. Un mélange bien moins polluant pour l'environnement que les moteurs actuellement utilisés par Arianespace. C'est aussi une première en Europe ! Ce moteur sera mis en service en 2025.
a écrit le 21/11/2018 à 22:28 :
J'aime beaucoup nos amis Italiens, mais il faut se calmer un petit peu lorsqu'on parle de l'histoire du spatial Européen. Certes, en novembre 64 un satellite SanMarco a été mis en orbite par un lanceur Scout américain, mais le premier satellite européen mis en orbite par un lanceur européen est français, savoir Astérix A1 sur une diamant en décembre 65. Ce qui n'enlève rien aux compétences des Italiens. Pour ce qui est de Vega, l'avionique est dérivée de celle d'Ariane 5, en particulier, les calculateurs de vol, et les premiers tirs ont été réalisés avec un programme de vol lui aussi dérivé d'A5. Ceci dit, Vega est un bon lanceur, bien conçu, mais qui a abondamment profité des travaux précédents. Ciao.
Réponse de le 27/11/2018 à 2:14 :
San Marco 1 également San Marco A est le premier satellite artificiel italien et le cinquième après Alouette 1 (Canada), Ariel 1 (grande-Bretagne), Explorer I (États-Unis) et Spoutnik (Union soviétique). Il est lancé le 15 décembre 1964
La plate-forme San Marco est une base de lancement de l'agence spatiale italienne qui est restée en activité de 1964 à 1988. Elle utilisait d'anciennes plate-formes pétrolières reconverties et installées près de l’équateur, au nord du cap Ras Ngomeni à quelques kilomètres des côtes du Kenya. La base fut créée à l'initiative de l'ingénieur Luigi Broglio dans le cadre du programme spatial San Marco. Celui-ci était géré par l'Université de Rome et comportait un partenariat avec la NASA qui fournissait les lanceurs scout qui ont été adaptés pour les lancements de ces plate-formes. En 2014 les installations de lancement sont désaffectées mais la station de suivi qui était installée à terre sur le cap Ras Ngomeni est désormais utilisée lors du lancement et du déploiement des satellites de l'Agence spatiale européenne. L'ensemble a été rebaptisé en 2004 Centro spaziale Luigi Broglio en l'honneur de son créateur.
a écrit le 21/11/2018 à 20:38 :
Voila un article qui démontre les capacités technologiques des italiens. Les francais aiment rire des italiens mais leur industrie est plus forte que l'industrie francaise en général et de beaux succes comme le Vega ou les observations radar pour l'analyse de notre atmosphere.
Réponse de le 21/11/2018 à 22:10 :
@jaenluc, MDR !!!! quand on lit un article de journal on ne s’arrête pas au titre.--------------------
" Et dire que les Français ont été appelés en dernier recours par l'Agence spatiale italienne (ASI) pour mettre au point le lanceur Vega pour pallier les difficultés des Italiens à terminer le programme..."
Réponse de le 22/11/2018 à 9:45 :
@Macaroni, mais oui c'est ça, la France sauveuse de l'humanité...comme d'hab...Pour info la France était déjà impliqué dès le départ dans le projet via Europropulsion (50% Avio-50% Safran), ainsi que le CNES au travers de l' ESA !
Alors pour la dernière phrase de l'article = patriotisme miserable, commun et sous-jacent aux médias français !
Cocorico....Vive l'aventure EPR pour ne citer qu'un exemple !!!
a écrit le 21/11/2018 à 18:30 :
Vega (en italien Vettore Europeo di Generazione Avanzata c'est-à-dire Vecteur européen de génération avancée) a été lancé par les ingénieurs italiens qui ont pries la main pour les lancements VEGA depuis la base de Kourou. D'abord Vega puis Vega C enfin Vega E fusée de plus en plus puissante. Historique: la technologie de nos amis italien a commencé en 1960/1964 par le développement et lancement de la base de de la première fusée / satellite européen (4iéme dans le monde après USA URSS Canada) et du premier missile balistique en Europe en 1970 ( programme ALFA abandonné à la signature du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires) cela a permis l'industrie italienne ASI - AVIO... d'acquérir la maitrise de la propulsion (des moteurs) qui sera utilisée pour participer à la réalisation des propulseurs des fusées Ariane et permet à l'Italie de jouer un rôle majeur dans le développement de lanceur. Voici ce que dit l'ancien président du CNES Yannick d'Escatha (je cite de mémoire) « le seul pays d'Europe qui a une vraie politique spatiale complète, qui a la volonté de maîtriser l'espace de bout en bout, depuis l'accès à l'espace jusqu'aux nombreuses applications, c'est la France et l'Italie » aucun autre pays en Europe !
a écrit le 21/11/2018 à 18:20 :
Les Italiens n'ont pas appelé les Français puisque ceux-ci,à travers le CNES et Safran faisaient partie du programme.De même que les Belges et autres.De même qu'Ariane n'est pas une construction à 100% française,comme on nous le fait croire à longueur de temps.Toujours ce patriotisme à deux balles.Après on s'étonne qu'on n'arrive pas à faire d'alliances.PS:sauf erreur,il me semble que l'Italie a mis sur orbite un satellite avant la France.Et elle n'a pas eu besoin d'ingénieurs Allemands pour l'aider.Le lanceur était américain,mais ils ont fait tout seuls comme des grands.Et pour ce qui est de Vega,l'dée a mis du temps à se concrétiser,"certains" ont freiné des quatre fers avant de l'accepter.
a écrit le 21/11/2018 à 17:31 :
VEGA est toute de conception italienne l italie a besoin de la France et d autres que financièrement par contre la fusée Ariane a besoin des italiens pour les moteurs AVIO. je rappel a Mr Cabirol que le 1er satellite européen a etre mis sur orbite le sant marco entaient italien
a écrit le 21/11/2018 à 17:07 :
Il ne faut pas créer de polémiques inutiles , VEGA c'est le créneau SOYOUZ à terme et in fine la FRANCE est propriétaire du site de lancement.
a écrit le 21/11/2018 à 16:49 :
Vega est tout de même lancé depuis Kourou, c'est donc pas mal pour la France. Quel est la part de la valeur ajoutée de la France dans Vega ? (la poudre est faite par safran, non ?).
Ariane 6 doit surtout être compétitive par elle même (contre Space X principalement). On peut lancer 4 Galileo avec Ariane 5 contre 1 pour Vega-E... (pas avant 2024...)
Réponse de le 21/11/2018 à 22:26 :
La nouvelle organisation à Kourou donne aux industriels la responsabilité des opérations de tir jusqu'au décollage des lanceurs. Les ingénieurs d' Avio sont donc responsable du lancement VEGA

Participation de la France 12,43%
a écrit le 21/11/2018 à 16:49 :
Vega est tout de même lancé depuis Kourou, c'est donc pas mal pour la France. Quel est la part de la valeur ajoutée de la France dans Vega ? (la poudre est faite par safran, non ?).
Ariane 6 doit surtout être compétitive par elle même (contre Space X principalement). On peut lancer 4 Galileo avec Ariane 5 contre 1 pour Vega-E... (pas avant 2024...)
a écrit le 21/11/2018 à 15:40 :
Bravo! Là ou il existe une volonté (industrielle) il y a un chemin, c'est la France qui a baissé les bras..
a écrit le 21/11/2018 à 15:37 :
La France, l'art et la manière de se tirer une balle dans le pied ! Transfert de techno vers l'Italie qui fabrique un concurrent à nos lanceurs...
Un cas d'école à enseigner dans toutes les formations de management, qui sont si bien placées dans les classements mondiaux.
Naïveté, bêtise, incompétence, on ne saura jamais.
Réponse de le 21/11/2018 à 17:28 :
Tout à fait juste ; nos décideurs industriels et gouvernants sont d'une naiveté industrielles sous prétexte de coopération européenne
Dans 20 ans nous pourrons lire le même article pour un avion de combat mais là ce seront les allemands qui nous concurrenceront dans un des rares domaines ou nous avons encore un peu d'avance aujourd'hui
Réponse de le 21/11/2018 à 18:37 :
vous faites erreur car vous n'avez pas toutes les informations:
la technologie de nos amis italien a commencé en 1960/1964 par le développement et lancement de la base de de la première fusée / satellite européen (4iéme dans le monde après USA URSS Canada) et du premier missile balistique en Europe en 1970 ( programme ALFA abandonné à la signature du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires) cela a permis l'industrie italienne ASI - AVIO... d'acquérir la maitrise de la propulsion
Réponse de le 22/11/2018 à 10:30 :
@cornuto..."La France, l'art et la manière de se tirer une balle dans le pied ! Transfert de techno vers l'Italie qui fabrique un concurrent à nos lanceurs..."
Ah bon quels lanceurs la France Fabrique ? quel transfert de technologie ? pour mémoire, le P80 est issu d'Europropulsion(1986) (50% Safran, 50% Avio) et Ariane est un programme européen ESA lancé en 1973 (sur une base de travail française) avec la participation de plusieurs pays européens !
Pour mémoire le propergol solide est fourni par Regulus (50% Safran - 50%Avio)
Oui ça fait mal de voir un pays(sous) développé, réussir à concevoir et lancer, un lanceur spatial ...mais c'est une réalité qui saute aux yeux, et peut être que l'on devrait juste regarder de plus prés l’état notre industrie pour savoir qui est en train de se sous développer !!!

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