L'aide à l’Ukraine, la sécurisation des Jeux olympiques et paralympiques, les opérations extérieures plombent l'exécution du budget 2024. Une facture qui pourrait s'élever jusqu'à près de 2,4 milliards d'euros. Le ministère des Armées doit faire lui aussi des économies.En matière budgétaire, les armées traversent actuellement des turbulences pour préserver l'exécution du budget 2024. C'est souvent le cas à cette période de l'année en attendant le dégel ou pas des crédits gelés en début d'exercice budgétaire selon le bon vouloir de Bercy. Mais cette année, cela va bien au-delà. Le budget ne sera pas exécuté à l'euro près contrairement à ce qui était arrivé si souvent ces dernières années. S'il n'est pas réduit officiellement - ce serait l'aveu d'un coup de canif dans la trajectoire de la loi de programmation militaire (LPM) -, il devra néanmoins certainement absorber des dépenses qui n'étaient pas inscrites dans la LPM.
Il y a donc les discours officiels mais aussi ce qui se négocie en coulisse pour faire des économies, y compris au ministère des Armées. L'Hôtel de Brienne pourrait prendre des dépenses exceptionnelles à son compte cette année. En attendant les arbitrages de Matignon et de Bercy, des chiffres inquiétants circulent au sein des armées. D'autant que les marges de manœuvre sont extrêmement limitées en raison de la situation budgétaire de la France.
Une menace à hauteur de près de 2,4 milliards d'euros
Selon nos informations, les factures respectives de l'aide à l'Ukraine et de la sécurisation des Jeux Olympiques et paralympiques (plus de 15.000 militaires mobilisés) s'élèveraient respectivement à 1,2 milliard d'euros et 800 millions pour les armées. En outre, selon nos informations, le surcoût des opérations extérieures (OPEX) dépasserait de 350 millions d'euros la provision de 800 millions d'euros inscrite dans la LPM et donc dans le budget 2024. Interrogé par La Tribune, le ministère des Armées n'a pas souhaité commenter ces montants. La guerre en Ukraine coûte cher avec le déploiement sur le flanc est de l'Europe dans le cadre de l'OTAN de plus de 2000 militaires français en Roumanie (opération Aigle) et en Estonie (opération Lynx), qui ne sont pourtant pas des OPEX sur le plan juridique. Même si tous ces montants ne sont pas encore stabilisés, les armées pourraient faire le deuil d'un montant de crédits important initialement destiné au réarmement de la France.